VAISSEAUX CAPILLAIRES
distinct. Cette membrane a exactement les mêmes caractères microscopiques que les vieilles membranes decellule etle sarcolemme des fibres musculaires striées (voy. §87); elle est lisse sur ses deux laces, et, malgré sa ténuité, elle présente un certain degré de solidité et d'élasticité ; mais très probablement elle n'est point contractile.
Toujours, et sans aucune exception, la membrane des capillaires montre un certain nombre de noyaux de cellule longitudinaux , de 0""",007 à 0,mn,009 de longueur, tantôt écartés les uns des autres et disposés alternativement sur les côtés du vaisseau, tantôt très rapprochés, rarement opposés néanmoins. Lorsque la paroi du capillaire est très mince, les noyaux sont placés à sa face interne ; lorsqu'elle est épaisse, ils siègent dans son intérieur ; mais il n'est pas rare alors de les voir proéminer à la face externe du vaisseau. Le diamètre des capillaires varie chez l'homme entre 0mm,005 et 0mm,0U ; on peut les diviser m capillaires fins, qui ont de 0mm,005 à 0mm,007 de largeur, des noyaux peu nombreux et des parois minces, et en gros capillaires, dont le diamètre est de 0mm,009 à 0"m,014, la paroi épaisse et les noyaux nombreux; il est bien entendu qu'il n'existe point de limite tranchée entre les deux espèces.
Les capillaires, en s'anastomosant entre eux, forment des réseaux capillaires (retia capillaria) ; nous avons indiqué, à propos des divers organes, ce que chaque réseau capillaire présente de spécial ; nous ne voulons donner ici qu'une description succincte de ces réseaux, envisagés d'une manière générale. La l'orme des réseaux capillaires, sauf quelques variations insignifiantes, est constamment la même pour un organe déterminé, elle est en quelque sorte caractéristique; cette forme est subordonnée à la disposition des parties élémentaires de l'organe et à l'énergie de ses fonctions. Quant à la première condition, il y a dans une foule d'organes des tissus dans lesquels ne pénètrent jamais de vaisseaux : tels sont les fibres mus-
Fig. 291.
Fie. 291. — Vaisseaux les plus fins du coté des artères. 1, artériole; 2, vaisseau de transition; 3, gros capillaires; 4, capillaires plus fins, a, membrane amorphe avec quelques noyaux, représentant la tunique externe; b, noyaux des fibres cellules musculaires;
c, noyaux de la face interne de l'artériole, appartenant peut-être déjà à un épithélium ;
d, uoyaux des capillaires des vaisseaux de transition. — Pris sur le cerveau de l'homme. Grossissement de 300 diamètres.
62^ ËISTOLOGIE SPÉCIALE.
culaires striées, les faisceaux de tissu conjonctif, les tubes nerveux, les cellules de toute espèce, les vésicules glandulaires; suivant leur forme, ces éléments tracent aux capillaires des voies parfaitement déterminées, et nécessitent tantôt des mailles allongées, tantôt des réseaux arrondis plus ou moins lâches La fonction physiologique est une condition encore plus importante, et c'est une loi générale que plus est grande l'activité d'un organe, soit qu'elle se rapporte à des contractions ou à des sensations, soit qu'elle ait trait à des sécrétions ou à des absorptions, plus est serré le réseau capillaire qui alimente cet organe et plus est abondante la quantité de sang qui l'abreuve. Les réseaux les plus étroits sont ceux qui se rencontrent dans les organes sécréteurs ou absorbants, tels que les glandes, avant tout le poumon, le foie et les reins, puis les membranes et les muqueuses. Dans les organes qui ne reçoivent de sang que pour leur nutrition, les réseaux capillaires sont beaucoup plus lâches : tels sont les muscles, les nerfs, les organes des sens, les membranes séreuses et les tendons. Il y a cependant, sous ce rapport, de grandes différences : c'est ainsi que les muscles et la substance nerveuse grise, par exemple, reçoivent de nombreux vaisseaux sanguins, comparativement aux autres organes de cette catégorie. Quant au diamètre des capillaires, il est presque en rapport inverse avec leur nombre; les vaisseaux les plus fins (0mn,,00ô à 0,n,",0D7 de diamètre) et dont les parois sont les plus minces, se rencontrent dans les nerfs, les muscles, la rétine, les follicules de Peyer; dans la peau et dans les muqueuses, ils ont 0,nn\007 à 0mm,01, dans les glandes et les os 0",m,009à 0""",OH; ils atteignent même 0""",018 à 0m'",02 dans la substance compacte des os, où, il est vrai, leur structure s'éloigne un peu de celle des véritables capillaires. Jusqu'ici la physiologie n'est point parvenue à expliquer toutes ces particularités, puisque nous ignorons encore les lois de diffusion à travers les diverses membranes capillaires, ainsi que les légères nuances qui différencient la circulation sanguine des organes en particulier.
La manière dont les capillaires se continuent avec les artères et les veines, n'est pas facile à suivre. Vers les artères, les capillaires, en devenant plus larges, présentent des noyaux plus serrés, tandis qu'à leur face externe s'appliquent une tuniqUe adventice amorphe et quelques cellules museuleuses; il en résulte que les vaisseaux de 0""". 01 5 présentent déjà le caractère artériel (fig. 291,1). Les noyaux paraissent ensuite faire place à des cellules epitheliales, tandis que la membrane des capillaires, ou bien se perd, ou bien se continue avec la membrane élastique interne. Les vaisseaux de transition veineux sont moins bien caractérisés dans une certaine étendue: ce qui là vient s'ajouter en premier lieu à la membrane des capillaires, c'est une couche externe homogène, parsemée de noyaux, qu'on peut considérer comme une sorte de tissu conjonctif, et qui, en même temps que les noyaux des vaisseaux capillaires deviennent plus serrés, se confond progressivement avec la membrane de ces derniers. Sur des vaisseaux de 0mm,02 de diamètre, les noyaux internes sont déjà fort nombreux, et comme à la couche externe s'est ajoutée une autre couche à noyaux, la