MEMBRANE FIBREUSE DE L'OEIL
tins, de Ü""",005 à ()""", 009 de largeur, qui se terminent en formant une ou plusieurs séries d'anses; ils ont leur siège dans la conjonctive, qui, à ce niveau , forme encore une membrane distincte de la cornée, et qui plus loin se continue avec la lame amorphe antérieure. Chez les animaux, ces vaisseaux superficiels ou de la conjonctive existent également ; mais ils sont beaucoup plus développés et s'étendent plus en dedans, jusque vers le milieu du rayon de la cornée ou même plus loin. Mais on rencontre de plus , dans la cornée ellemême , des capillaires plus profonds , provenant de la sclérotique, et accompagnant
généralement les troncs nerveux , dans lesquels ils forment une ou plusieurs anses très allongées; quelquefois même ils s'étendent un peu au delà des nerfs ; mais ils se terminent constamment par des anses, et leurs vaisseaux les plus fins , de même que les capillaires superficiels, mesurent à peine plus de 0mm,005 de largeur. J'ai vu également, chez l'homme, ces vaisseaux de la cornée qui accompagnent les branches nerveuses ; mais ils y sont moins constants et bien moins développés.
Ou ne sait encore rien de certain touchant les lymphatiques de la cornée (voy. Arnold, Anat, II, p. 988). J'ai vu cependant, il y a peu de temps, dans la cornée d'un jeune chat, des vaisseaux (fig. 306) que je ne puis guère considérer que comme des lymphatiques A la circonférence de la cornée, j'ai trouvé là, outre les anses capillaires très évidentes et contenant des corpuscules sanguins, des vaisseaux beaucoup plus larges (de 0""",02à 0""",05 et même à 0m,n,07), qui tantôt marchaient isolément et pénétraient dans la cornée aussi loin que les vaisseaux sanguins, pour s'y terminer en pointe, et tantôt se réunissaient au nombre de deux, trois au plus, pour constituer des anses simples, d'où partaient souvent des prolongements terminés en cul-de-sac. Bien que très larges, ces vaisseaux présentaient une membrane amorphe très mince, avec quelques noyaux, et dans leur intérieur se trouvait un liquide transparent, dans lequel on rencontrait souvent des cellules arrondies et claires, isolées ou réunies en groupes nombreux, et tout à fait semblables aux corpuscules de la lymphe. Si j'avais retrouvé ces vaisseaux sur d'autres animaux, je n'hésiterais pas à les regarder comme les radicules des lymphatiques de la conjonctive ; mais, en attendant, la prudence me
Fig. 306. — Capillaires et lymphatiques (?) de la circonférence de la cornée chez un jeune chat, a, a, troncs des vaisseaux blancs ; b, extrémité en cul-de-sac d'un de ces vaisseaux; c, prolongement en pointe: d, anses que forment ces vaisseaux; e, capillaires sanguins. Grossissement de UüO diamètres.
commande (Je n'émettre cette opinion que comme très vraisemblable, et non comme certaine. Bien que, sur un des chats que j'examinai, les vaisseaux en question fussent tellement distincts dans les deux yeux, que je pus les montrer à plusieurs de mes collègues, notamment à Virchow et H. Müller, je n'ai pu depuis lors les revoir avec quelque netteté sur des chats, jeunes ou vieux, ni sur des chiens, des bœufs, des moutons, des cochons, des lapins. Nous savons, il est vrai, que sur un cas où les radicules des lymphatiques sont très apparentes (dans les villosités intestinales, par exemple), on en rencontre peut-être vingt ou trente dans lesquels elles se dérobent à l'observation ; mais la circonspection n'en est pas moins de règle. Si les vaisseaux dont nous parlons n'étaient pas des lymphatiques, on pourrait admettre que ce sont des cavités pathologiques ou des vaisseaux embryonnaires de la cornée métamorphosés. La première opinion ne peut se soutenir en présence de la paroi distincte qui limitait ces canaux ; contre la dernière, on peut objecter que dans le même plan que ces vaisseaux se trouvaient de véritables capillaires sanguins, avec lesquels les premiers ne s'anastomosaient pas le moins du monde.
Les nerfs de la cornée, découverts par Schlemm, proviennent des nerfs ciliaires ; ils pénètrent dans la sclérotique à sa partie antérieure (chez le lapin, d'après Rahm, à sa partie postérieure), et passent ensuite dans la
couche fibreuse de la cornée. Ces nerfs sont très faciles à voir, chez l'homme, à la périphérie de la cornée, où ils consistent en vingt-quatre à trente -six filets de diverses grosseurs, mais dépassant rarement 0mm,05 en largeur. Ce qui les distingue, c'est non-seulement leur mode de distribution, qui consiste en une foule de ramifications et d'anastomoses , d'où résulte un réseau nerveux à larges mailles , étendu dans toute la cornée; c'est encore et surtout cette circonstance que ces nerfs ne sont formés de tubes primitifs à contours foncés que sur la périphérie de la cornée, dans une zone dont la largeur moyenne est de 1 à 2 millimètres; encore ces tubes sont-ils très fins et n'ont-ils que 0""",002 à 0mm,005 de largeur. Dans leur trajet ultérieur, les nerfs de la cornée ne présentent plus que des fibres sans moelle, complètement hyalines et transparentes, de 0""",001 à ()""", 002 de diamètre; de sorte que ces fibres, non plus que les autres éléments de la cornée, ne troublent la marche des rayons lumi-
Fig. 307. — Nerfs do la cornée du lapin, avec leurs ramifications les plus grosses. La partie foncée des troncs représente l'étendue dans laquelle ils conservent des tubes à contours foncés.