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MEMBRANE VASCULAIRE

noux, co quo démontre aussi, du resto, la difficulté que l'on éprouve à les suivre sous le microscope. Dans les troncs de ces nerfs on trouve, mais rarement, des tubes nerveux bifurques ; jamais on n'observe rien de semblable dans le réseau en question, dont la disposition, d'ailleurs, est difficile à déterminer rigoureusement, à cause de l'extrême transparence des parties. Ce réseau a son siège dans la cornée proprement dite, mais il est plus rapproché de la face antérieure et paraît consister uniquement en ramuscules anastomosés ; du moins ne voit-on nulle part la moindre trace d'extrémités libres. On peut donc admettre que les différents tubes nerveux se continuent entre eux, bien qu'ils ne forment point d'anses.

Les vaisseaux sanguins de la conjonctive cornéenne sont très rares à l'état normal ; les figures de Römer (A mmori 's Zeitschrift, vol. XXI, pl. r, fig. 9, 11), et d'Arnold (Icon. org. sens., II, fig. 6) me paraissent représenter des cas exceptionnels. Dans les inflammations, au contraire, chacun sait que les vaisseaux se développent souvent au point de recouvrir la cornée en totalité ou en partie ; dans ces cas, les vaisseaux de la cornée proprement dite paraissent aussi se rapprocher davantage du centre de la membrane. Quant aux vaisseaux séreux de la cornée, voyez le § 221 et mon Anat. microsc, II, p. 624 et suivantes. Ce qu'on a écrit sur les vaisseaux sanguins de la membrane de Descemet dans les cas d'inflammation (voy. Henle, De membr. pwp., p. 33) me paraît demander de nouvelles observations confirmatives pour être admis définitivement : d'un autre côté, les vaisseaux séreux décrits par Arnold dans la membrane de Descemet normale (Anat., I, pl. », fig. 5; II, p. 1045) ne sont autre chose que les fibres anastomosées du ligament pectiné de l'iris. Bien que la cornée ne renferme de vaisseaux que vers sa circonférence, elle se trouve, sous le rapport de ses moyens de nutrition, dans des conditions assez favorables: les plaies de la cornée se cicatrisent facilement ; des pertes de substance intéressant l'épithélium ou la couche fibreuse se réparent ; les abcès se comblent par un dépôt de substance nouvelle sur leur paroi profonde. Quand des granulations graisseuses se déposent dans le tissu de la cornée, notamment dans les cellules qu'elle renferme, elles produisent au bord de la membrane, principalement en haut et en bas, quelquefois tout autour, un cercle jaunâtre, connu sous le nom de cercle sénile (gérontoxon).

§ 230. — Membrane vascuiaire. — La seconde membrane de l'œil, appelée membrane vasculaire ou uvée, est riche en vaisseaux et en pigment, et se divise en deux portions : l'une, postérieure, plus considérable, qu'on nomme choroïde; l'autre, antérieure, moins étendue, qui porte le nom d'iris.

La choroïde s'étend depuis l'insertion du nerf optique jusqu'au voisinage du bord antérieur de la sclérotique ; en arrière elle présente une ouverture circulaire , mais intimement adhérente au névrilemme du nerf optique, et forme une sorte de lame criblée que traverse perpendiculairement ce nerf; en avant, elle présente une portion rentlée, le corps ciliaire, et se continue directement avec l'iris ; à sa partie moyenne, elle a 0mm,15 à 0mm,07 d'épaisseur. Sa face externe adhère à la sclérotique, non-seulement par l'intermédiaire des vaisseaux et des nerfs, mais encore par son tissu propre, si bien

qu'en séparant les deux membranes on laisse toujours une portion de la choroïde sur la sclérotique. Cette portion est plus ou moins épaisse, et consiste en un tissu brunâtre ; c'est ce qu'on a nommé lamina fusca. Rien n'autorise à séparer la lamina fusca de la choroïde pour en faire une couche à part; des cellules pigmentaires, analogues à celles qu'on voit dans son épaisseur, se rencontrent aussi quelquefois dans la sclérotique, entre les faisceaux de tissu conjonctif dont elle se compose. La face interne de la choroïde est lisse et très lâchement unie à la rétine ; le long de Y or a serrata, les adhérences entre ces deux membranes sont très solides, et en avant de ce bord, surtout au niveau des procès ciliaires, la choroïde est unie très intimement avec la portion ciîiaire de la rétine et la membrane hyaloïde (zone de Zinn), si bien qu'il est impossible de l'en séparer sans déchirures.

La choroïde est formée de deux parties, d'une couche externe, va seul aire, épaisse, c'est la choroïde proprement dite, et d'une couche m terne, de couleur noire, qui est le pigment noir de l'œil. La première peut se subdiviser en trois couches secondaires, qui ne sont point nettement séparées les unes des autres : 1° La couche la plus extérieure est une lamelle brune et molle dans laquelle cheminent les nerfs ciliaires et les artères ciliaires longues, et qui contient en avant le muscle ciîiaire : c'est Accouche pigmentaire externe [lamina fusca et supra-chorioïdea des auteurs). 2° La couche moyenne, moins colorée, renferme les grosses artères et veines : c'est la couche vasculaire proprement dite. 3° La couche interne, incolore et délicate, contient un réseau capillaire d'une richesse extrême : c'est la membrane chorio-capiltaire, qui ne s'étend pas au delà de Tora serrata. Abstraction faite des vaisseaux et des nerfs, qui forment une part considérable de la choroïde, et en négligeant le muscle ciîiaire, je trouve la choroïde proprement dite constituée par un tissu de nature spéciale, que je rangerai à côté du tissu élastique. Dans les parties externes de la membrane, la couche fondamentale (stroma) est formée de cellules à noyau fusiformes ou étoilées, très irrégulières, incolores ou d'un brun plus ou moins foncé , et mesurant 0mm,018 à 0m,",05 en longueur. Ces cellules s'anastomosent entre elles par des prolongements pâles , en général très fins (de 0""",001 de largeur), plus ou moins longs, et un peu rigides; elles sont si nombreuses, qu'elles constituent un tissu membraneux lâche , qui ne manque pas d'analogie avec les membranes élastiques à fibres fines. Ces réseaux de cellules, qui me paraissent comparables aux réseaux de cellules pi as m a tiques , se continuent insensiblement dans les couches internes de la choroïde , et surtout dans la membrane chorio-capillaire,*avec un tissu homogène dont les premières

p,G< 308, — Cellules du stroma de la choroïde, a, cellules pigmentaires; 6, cellules fusiformes non pigmentaires; c, anastomoses entre les premières, Grossissement de 350 diamètres. Chez l'homme.

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portions contiennent encore un peu de pigment , mais dans lequel la matière colorante disparaît bientôt d'une manière complète. Ce tissu est parsemé de noyaux, et se distingue du tissu conjonctif par son insolubilité dans les acides et dans les alcalis; du côté du pigment noir, il se termine par une lamelle hyaline ou finement striée , facile à isoler, et de 0mm, 001 k d'épaisseur, que j'appellerai la lame élastique de la choroïde.

Le ligament ciliaire des anatomistes, dans lequel Brücke et Bowman ont reconnu presque en même temps un véritable muscle, appelé muscle ciliaire ou tenseur de la choroïde (fig. 304, k), consiste en une couche assez épaisse de faisceaux musculaires lisses à direction radiée, qui, du bord antérieur delà sclérotique, se portent sur le corps ciliaire, pour se perdre dans la moitié antérieure de ce dernier, au niveau des procès cil ia ires. Plus exactement, le muscle ciliaire naît au niveau du sillon que présente la sclérotique pour la formation du sinus veineux de Schlemm, et cela d'un ruban serré et lisse (fig. 30Zi, /) formant la paroi interne dudit canal ; ce ruban se confond en arrière avec la sclérotique, et reçoit en avant une portion des réseaux de fibres qui terminent la membrane de Descemet: les fibres de ces réseaux ont exactement la même structure que celles du ruban, disposées circulairement, mais elles sont plus fines et forment des mailles plus étroites. Le muscle ciliaire se termine au niveau de la portion adhérente des procès ciliaires, mais non dans ces procès eux-mêmes. L'année dernière (1855), mon collègue H. Müller a découvert une partie circulaire du muscle ciliaire, située au bord de l'iris, et que je nommerai en son honneur, muscle de MiUler. Le même muscle a été vu depuis par M Rouget.

Le pigment noir (fig. 30&, m) est formé d'une couche de cellules qui revêt toute la surface interne de la choroïde, jusqu'à l'ora serrata ; il consiste en un plan unique de belles cellules régulièrement hexaédriques, de 0mm,01/i à 0mm,018 de hauteur et 0mm,009 d'épaisseur; dans ces cellules, disposées les unes à côté des autres comme les ^ pièces d'une mosaïque, sont accumulées de O^lp) .,, grandes quantités d'un pigment noirâtre qui *t*{'c recouvre en grande partie le noyau, visible Fig ^

seulement, en général, sous la forme d'une tache

blanche dans l'intérieur de la cellule. Mais en regardant les cellules de profil, on voit que le noyau a son siège dans la moitié externe de la cellule, plus pauvre en granulations pigmentai res. A partir de l'ora serrata, les cellules sont disposées en plusieurs couches, au moins en deux; elles deviennent sphériques, plus petites, et sont complètement remplies de pigment, de sorte que le noyau est à peine visible. Toutes les cellules pigmentaires ont des parois fort délicates, et se déchirent avec une très grande facilité; leur pigment se compose de molécules excessivement petites, aplaties, ovalaires,

Fig. 309. — Cellules du pigment noir de l'homme, a, vues de face; b, vues de profil; c, granulations pigmentaires.

de 0,nm,0015 de longueur ma'xima, et qui présentent d'une manière très remarquable le phénomène du mouvement moléculaire, même quand elles sont encore contenues dans leur cellule, mais surtout après leur mise en liberté. — Le pigment de la choroïde fait défaut dans les yeux d'albinos, et dans la région du tapis, chez les animaux : chez les uns et les autres, les cellules existent, mais elles sont tout à fait incolores.

L'iris diffère de la choroïde en ce qu'il contient, en outre, du véritable tissu conjonctif, formant la masse principale du stroma de cette membrane. Les faisceaux de ce tissu, délicats et frisés, sont les uns radiés, les autres circulaires; ces derniers s'observent particulièrement au bord ciliaire. Ils sont tous anastomosés entre eux, et vers la surface ils forment une couche presque homogène. On trouve dans leur épaisseur un grand nombre de cellules (cellules plasmatiques), en général fusiformes ouétoilées, rarement

un sphincter très distinct, anneau musculaire de 0mrn,5 de largeur, entourant immédiatement le bord pupillaire et un peu plus rapproché de la face postérieure de l'iris que de sa face antérieure : quand, sur un iris bleu, on a enlevé le pigment de la face postérieure, ce muscle peut se voir aisément sans qu'il soit nécessaire d'employer l'acide acétique ; il est très facile également d'isoler les éléments qui le composent, et qui ont 0mm,05 à 0mm,07 de longueur. Outre cet anneau principal, je trouve dans le voisinage du petit cercle de l'iris un autre anneau musculaire, plus rapproché de la face antérieure de l'organe et ne mesurant pas plus de 0mn,,05 en largeur. Je n'ai pu suivre, comme Brücke, le muscle dilatateur de la pupille jusqu'au ligament pectiné et au bord de la membrane de Demours; je crois même que ce muscle naît au bord ciliaire de l'iris. Il se compose

Fig. 310.

sphériques, souvent pleines de pigment, et anastomosées quelquefois entre elles en forme de réseau ; à côté de ces cellules, on rencontre quelques fibres pâles, rigides , analogues aux fibres élastiques ; elles constituent la terminaison du ligament pectiné de l'iris ou de la membrane de Demours , et s'étendent sur une partie de la face antérieure de l'iris, jusqu'au petit cercle artériel. Il existe, enfin, dans l'iris, des fibres musculaires lisses, qui ont exactement la même structure que celles de la choroïde.

Ces fibres forment, chez l'homme,

Fig. 310. — Portion du sphincter et du dilatateur de la pupille d'un lapin blanc, traitée par l'acide acétique. Grossissement de 350 diamètres, a, sphincter; b, faisceaux du dilatateur ; c, tissu conjonctif devenu transparent et cellules plasmatiques.

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d'un grand nombre do faisceaux étroits, qui, loin deformer une membrane continue, cheminent isolément entre les vaisseaux, et plus près de la face postérieure de l'iris, pour gagner le bord du sphincter et s'y insérer.

L'iris présente une couche de cellules sur ses deux faces; celle qui recouvre sa face postérieure, Yuvée des auteurs ou le pigment noir de l'iris (fig. 30/i, n), est composée d'éléments de 0mm,018 à 0mm,02 d'épaisseur, remplis de pigment et analogues à ceux du corps ciliaire, avec lesquels ils se continuent sans interruption ; elle s'étend sur toute la face postérieure de l'iris, jusqu'au bord pupillaire. Sur des plis de l'iris, le pigment paraît limité superficiellement par une ligne très fine, mais nettement dessinée, que plusieurs auteurs ont décrite comme représentant une membrane particulière [membrane du pigment, Krause; membrane limitante, Pacini, Brücke; membrane de Jacob, Arnold); et en effet, sur les yeux des individus âgés et sous l'action des alcalis, cette membrane se détache partiellement du pigment. Mais comme, dans ces cas, la couche pigmentaire a perdu son contour précis, et que les grains de pigment sont mis à nu et se répandent librement, il me paraît probable que cette membrane n'est autre chose que la réunion des parois externes des cellules pigmentaires, parois qui là, comme en d'autres régions (villosités intestinales, par exemple), s'enlèvent toutes ensemble, formant en apparence une membrane distincte.— La couche de cellules de la face antérieure de l'iris est un simple épithélium, formé de cellules arrondies et notablement aplaties, qui, sur des plis, ne se montrent point comme un bord continu, partout d'égale largeur, mais bien comme une série d'éminences séparées les unes des autres. On voit encore mieux cette couche en regardant l'iris de face, après avoir enlevé le pigment, ou en raclant la face antérieure de l'iris. — La couleur de l'iris, dans les yeux bleus, dépend simplement du pigment de la face postérieure, qui est vu par transparence; dans les yeux brun jaunâtre, bruns ou noirs, au contraire, elle est due à du pigment particulier, très irrégulièrement réparti dans l'iris, sur la face antérieure duquel il produit ainsi les dessins particuliers qu'on y observe. Ce pigment a son siège principal dans le stroma luimême, surtout dans les cellules plasmatiques de ce stroma ; mais il m'a semblé qu'il en existe aussi entre les fibres et les vaisseaux, et dans les fibres- cellules du sphincter de la pupille, enfin dans la couche épithéliale antérieure. Il se compose de cellules plus ou moins grosses, de granulations irrégulières, jaunes ou brunâtres, formant de petites masses et des traînées; jamais on n'y retrouve les granulations régulières du véritable pigment de l'œil.

Les vaisseaux de la tunique vasculaire sont extrêmement nombreux, et se comportent différemment dans les diverses parties de cette membrane. La choroïde reçoit son sang des artères ciliaires courtes postérieures , au nombre de vingt environ, qui traversent la sclérotique de l'hémisphère postérieur de l'œil, plus ou moins près du nerf optique, cheminent d'arrière en avant dans l'épaisseur de la couche moyenne ou vasculeuse de la membrane, en se bifurquant plusieurs fois, et se divisent en trois sortes de

rameaux : 4U m rameaux postérieurs, qui, après s'être bifurques encore un certain nombre de t'ois, acquièrent une grande ténuité et se continuent directement avec les venœ vorticosœ; 2° en rameaux internes, qui forment un réseau capillaire situé immédiatement au-dessous du pigment, dans la membrane appelée chorio-capillaire ou Ruyschienne ; 3° enfin en rameaux antérieurs, qui se jettent dans le corps ciliaire et dans l'iris. Le réseau capillaire qui forme la couche interne de la choroïde est un des plus élégants et des plus serrés qui existent ; ses mailles n'ont que 0""",005 à 0mm,01 de largeur, tandis que les capillaires qui les circonscrivent ont un diamètre de ü""",009, et naissent des vaisseaux plus volumineux en forme d'étoile. Chez les animaux pourvus d'un tapis , ce réseau est situé en dedans de ce dernier, et peut être isolé comme couche distincte; chez l'homme cette séparation réussit aussi partiellement sur des pièces fraîches et injectées. Ainsi que nous l'avons déjà dit , ce réseau ne s'étend en avant que jusqu'à l'ora serrata, où il fait place à des circonvolutions vascuiaires un peu plus grosses (deO,T,m,009 de largeur) qui naissent des rameaux antérieurs des ciliaires courtes postérieures, et forment les procès ciliaires; dans ceux-ci, les vaisseaux sont si serrés, que sauf une substance amorphe qui sert à les soutenir, on n'y rencontre aucun autre tissu. De ces diverses régions et du muscle ciliaire, qui reçoit aussi quelques branches des artères mentionnées ci-dessus, le sang est ramené par les vasa vorticosa, situés plus superficiellement que les artères, et qui constituent quatre étoiles vascuiaires ou tourbillons (quelquefois cinq ou six), deux supérieurs et deux inférieurs, et par quelques petites veines ciliaires courtes postérieures , qui perforent la sclérotique en arrière comme les artères.

L'iris reçoit son sang par les artères de la choroïde, par les artères ciliaires longues, et enfin par les ciliaires courtes antérieures. Les premières fournissent des branches antérieures qui , passant entre les procès ciliaires, pénètrent directement dans l'iris, et d'autres qui, après avoir donné des branches aux procès, du bord et de l'extrémité antérieure de ces derniers se jettent également dans l'iris. Les ciliaires longues, au nombre de deux, perforent la sclérotique adroite et à gauche, un peu en avant des ciliaires courtes, cheminent dans la couche piginentaire externe, jusqu'au tenseur de la choroïde, où elles se divisent en

Fig. 311. — Vaisseaux de la choroïde et de l'iris d'un enfant, d'après Arnold ; la préparation est vue par sa face interne, et à un grossissement de 10 diamètres, a, réseau capillaire de la partie postérieure de la choroïde, en arrière de Tora serrata 6; c, artères de la couronne ciliaire, destinées aux procès ciliaires ri, et se jetant en partie dans l'iris e; f, réseau capillaire de la face interne du bord pupillairc de l'ir^.

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s'anastomosant avec les ciliaires antérieures, qui ont traversé la sclérotique au nombre de cinq ou six. Ces anastomoses, qui ont lieu dans la partie superficielle du muscle ciliaire, donnent naissance à un cercle artériel irrégulier, appelé grand cercle artériel de l'iris. De ce dernier, ou des branches qui servent à le former, partent une foule de ramuscules destinés au muscle ciliaire. En avant, le grand cercle artériel de l'iris fournit un nombre considérable de branches radiéeset onduleuses quise distribuent dans l'iris, etqui, de même que les artères de la choroïde dont nous avons parlé, ne forment qu'un petit nombre de vrais capillaires : ainsi on en voit une couche spéciale àla face postérieure du bord pupillaire, au-dessous du pigment (Arnold). Mais les troncs principaux se ramifient successivement jusqu'au bord de la pupille, où se recourbant en anse, ils se continuent avec les veines, sans former de capillaires et après avoir produit au voisinage de la petite circonférence de l'iris un second cercle artériel, plus irrégulier encore que l'autre, et qui porte le nom de petit cercle artériel de l'iris. Les veines de l'iris naissent des artères et capillaires mentionnés ci-dessus; elles affectent également une direction radiée, sauf de nombreuses anastomoses transversales, et s'ouvrent : 1° celles de la face postérieure de l'iris, dans les vasa vorticosa; 2° dans les veines ciliaires longues, et 3° d'après Arnold et Retzius, dans le canal de Schlemm, espace étroit et circulaire, situé entre les bords antérieurs de la choroïde et de la sclérotique, et qui verserait son sang à l'extérieur par les veines ciliaires antérieures. Thiersch prétend que le canal de Schlemm est un produit artificiel.

Les nerfs de la membrane vasculaire de l'œil sont également fort nombreux : ils sont destinés uniquement au muscle ciliaire et à l'iris. Ce sont les nerfs ciliaires, dont les troncs , au nombre de 15 à 18, perforent la sclérotique à sa partie postérieure, se dirigent d'arrière en avant, contenus dans les couches extérieures de la choroïde , ou même dans des sillons dont est creusée la sclérotiq ue, et se divisent avant d'avoir atteint le muscle ciliaire. Dans l'épaisseur de ce muscle , ils forment un plexus serré d'où partent, d'un côté , une foule de filets pour le muscle ciliaire et la cornée, de l'autre, les nerfs de l'iris proprement dits. Ceux-ci cheminent avec les vaisseaux sanguins ; ils se divisent un grand nombre de fois, et s'anastomosent

Fig. 312.— Nerfs d'une moitié d'iris d'un lapiu, traitée par la soude. Grossissement de :>0 diamètres, o, nerfs ciliaires; b, anastomoses entre ces nerfs au bord ciliaire; c, anastomoses en anse dans l'iris; c , réseaux qu'ils produisent dans la partie interne; d, terminaisons de quelques filets nerveux dans les portions externes de l'iris ; e, sphincter de la pupille.

fréquemment entre eux, notamment vers le bord pupillaire, où après des bifurcations et des formations d'anses répétées, ils se terminent probablement par des extrémités libres. Les éléments de tous ces nerfs sont, dans les troncs, des tubes moyens ou fins, de 0"' ,005 à ()""", 009 de diamètre, dans l'iris, des tubes de 0""",002 à ()""", 00. S seulement.

§ 231. Rétine. — S. a rétine, ou membrane nerveuse, est la plus interne des membranes du globe ordinaire, et s'applique exactement contre la membrane vasculaire; ses éléments véritablement nerveux se terminent à Yora serrata par un bord onduleux (margo undulato-dentatus, s. ora serrata retinœ), uni intimement à la choroïde d'une part, à la membrane hyaloïde de l'autre : mais la rétine se continue sur la portion ciliaire de l 'hyaloïde par une couche celluleuse spéciale, dont nous donnerons plus loin la description.

La rétine estime membrane très délicate, presque transparente et hyaline à l'état frais , blanchâtre et opaque après la a mort ; elle commence à l'entrée du nerf \. j ff optique, avec leqi.u i elle se continue en par-

';« \ Jjj tie : a ce niveau, elle a 0mm,2 d'épaisseur. 1 ; /{ ['' i M t/âjfr Plus en avant elle s'amincit, et ne mesure j \ \, plus que 0,m",1/i; près de son bord anté-

rieur, enfin, elle se réduit à 0mm,09, pour se . , terminer par un bord tranchant. Malgré ces

; , différences d'épais eur , la rétine présente

HHHHp' partout les couches suivantes, qui se dislin-

* J^HByjiii^fâëll guent nettement de dehors en dedans : 1° la |BB^ffl^^^^M|l; couche des bâtonnets et des cônes; 2 la couche

/ ■ ■ granuleuse ; 3" la couche de substance ner-

y ;-\ ^ 11 ^ - f ' veu.se grise; 4° Y épanouissement du nerf optique, Â-r - et 5' la membrane liadtante. Toutes ces cou-

>\. ^'y ches, à "l'exception de la dernière, qui con-

ÊWi^lM'iMi serve la même épaisseur dans toute son étendue , s'amincissent à leur partie antépIG 313 rieure comme la rétine considérée dans sa

totalité.

1. La couche des bâtonnets et des cônes (stratum ba ci Horum, s. rnembrand Jac bi (fig 313, 1) est une couche extrêmement remarquable, cempesée d'une infinité de corpuscules en forme de bâtonnets ou de cônes, qui réfractent fortement la lumière, et qui sont disposés avec une régularité merveilleuse. Avant les travaux de H. Müller (voy. plus loin), cette couche était fort mal interprétée chez les animaux, et n'avait été étudiée qu'incomplète»

Fig. 313. -—Coupe verticale de la ré î rte humaine, pratiquée à rrnt,m-,a en avant de i'entrée du nerf optique Grossissement de 3 0 diamètres. 1, couche des bâtonnets; 2, couche granuleuse externe; 3, couche intermédiaire; 4S couche granuleuse huerne; 5, couche grise finement granulée; 6, couche de cellules nerveuses; 7, fibres du nerf optique; 8, fibres de Malier; 9, extrémités de ces fibres ; 10, membrane limitante.

ment chez l'homme. Elle se compose de deux espèces d'éléments , les bâtonnets (bacilli), elles cônes (coni), qui. par leur réunion, forment une couche unique d'une épaisseur de Om"\o75 dans le fond de l'œil, de 0,mu,065 plus en avant, et de ()""", 06 à la partie antérieure. La disposition générale de ces éléments est telle que les bâtonnets, qui sont les plus nombreux , ont tous leur grosse extrémité tournée en dehors, tandis que c'est précisément l'inverse pour les cônes. C'est ce qui explique pourquoi ces derniers, examinés superficiellement, semblent former une couche interne spéciale, très mince, et située entre les extrémités internes des bâtonnets. En dedans, la couche des bâtonnets se termine par une ligne assez nette, formée par la rencontre de saillies latérales que présentent ses éléments : c'e^t la ligne de délimitation de la couche des bâtonnets.

Les bâtonnets (fig. 315, 2) sont, chez l'homme, des corpuscules cylindriques, étroits, allongés, qui conservent la même largeur dans toute l'épaisseur de la couche, et qui, à leur extrémité interne, donnent naissance filiforme, que je nommerai la fibre de Müller, et par lequel ils se continuent avec les couches internes de la rétine. Chaque bâtonnet est un cylindre de 0""",038 à 0mm,074 de longueur, et 0mm,0018 de largeur; son extrémité externe semble coupée transversalement, tandis que son bout interne se continue, au niveau de la ligne de délimitation de la couche des b.Uonnets, en une pointe de 0""",005 à ()""", 007 de longueur, séparée souvent par une ligne transversale très délicate du reste du bâtonnet, et qu'on doit regarder comme faisant déjà partie du prolongement du bâtonnet. Cette pointe se continue directement avec un filament extrêmement ténu, régulier

Fig. 314.

à un prolongement

Fig. 314. — Éléments de la couche dos bïtonnets et leurs connexions avec les fibres de Müller, chez l'homme, Gross:ssemoni do 350 diamètres.

1. Cônes ei fi, res de Mülle>\ a, partie renflée du cône ou rôn™, proprement dit; &, bâtonnets qui les surmontent, et dont l'un est, plus long ; c, crête circulaire a l'extrémité interne du cône '^d, renflement muai d'un noyau (corps de cellule) situé déjà dans la couche granuleuse externe; e, fibre de Müller avec laquelle ce rénftVmeit se continue; è , prolongement latéral d" cotte libre, se portant on dedans; f, grain cellule) de la couche granuleuse intern1; g, extrémité interne d s libres de Müller

2 Bâtonnets ei filn es île Millier. o< bâtonnets'; b. erôte transversale à leur extrémité interne; c, origine des fibres de Mülier; d élément dé la Couche granuleuse externe, dont l'un est appliqué contre le bâtonnet ; é, fibres de, Müller dans la couche intermédiaire ; f, groin qui présente un prolongement latéral ; g, extrémité interne des libres de iMuller.

3. Elément de la couche granuleuse interne avec trois prol ugeinents ; le plus externe parmi ces prolongement se ramifie et porte plusieurs corpuscules de la couche externe &, ei plusieurs bâtonnets, dont un seul a été dessiné.

et de Ümm,00ü5 à 0mta,0007 de largeur seulement; nous décrirons plus bas les connexions de ce filament avec les autres éléments de la rétine. — La matière qui forme les bâtonnets est transparente, homogène, et présente un léger éclat de graisse ; elle est molle et flexible, et en même temps cassante , de sorte que la véritable 'longueur des bâtonnets ne peut être déterminée que sur des yeux très frais. Les bâtonnets sont des éléments d'une délicatesse extrême; l'eau suffit déjà pour leur faire subir les modifications les plus variées , au point de les rendre souvent méconnaissables : c'est ainsi qu'on les voit se recourber, se couder de diverses manières, s'enrouler sur eux-mêmes, se crisper, se rompre en deux ou plusieurs fragments , et donner issue à des gouttelettes d'un liquide transparent qu'on trouve souvent en quantités innombrables à la surface externe de la rétine , soit qu'elles proviennent des bâtonnets , soit qu'elles dérivent des cellules pigmentaires de la choroïde, tic. 315. Jont ja membrane s'est rompue. Une altération qu'on rencontre aussi très fréquemment est la suivante : la pointe, quand elle ne tombe pas, se gonfle, devient variqueuse, prend une forme lancéolée ou même celle d'une sphère sur laquelle est appliqué souvent un filament de diverses longueurs; en outre, on voit souvent l'extrémité mousse du bâtonnet recourbée en crochet ou légèrement rentlée. Presque tous les réactifs altèrent considérablement les bâtonnets, et surtout leur partie renflée, qui, malgré sa plus grande largeur, est plus délicate que le filament. L'éther et l'alcool les contractent, les ratatinent et les rendent quelquefois méconnaissables; mais ils ne les dissolvent point, non plus que l'eau bouillante. L'acide acétique au 10e les raccourcit d'une manière subite, les gonfle irrégulièrement et les divise en gouttelettes transparentes, qui résistent d'abord à l'action de l'acide, mais disparaissent au bout d'un certain temps (les bâtonnets de la grenouille, sous l'influence de l'acide acétique, acquièrent un volume double ou même triple, et s'enroulent en général sur euxmêmes). L'acide acétique concentré dissout les bâtonnets très rapidement; il en est de même des alcalis et des acides minéraux. L'acide chromique étendu, au contraire, les conserve assez bien, mais les ratatine un peu. Traités par une solution concentrée de sucre et l'acide sulfurique, les bâtonnets deviennent rouges ; traités par la potasse ou la soude, ils prennent une couleur jaunâtre. — Ces caractères permettent de considérer les bâtonnets

Fig. 315. — Altération des éléments de la couche des bâtonnets de l'homme.

1. Bâtounels arrachés de leurs filaments, et présentant différents degrés de flexion, de courbure, de varicosités ; quelques-uns sont rompus.

2. Deux cônes gonflés par Tacide chromique et renfermant une substance granuleuse et noyau brillant; l'un d'eux porte un bâtonnet tronqué, l'autre un bâtonnet renflé à une de ses extrémités, a, bâtonnet; b, cône; c, noyau; d, fibre de Müller arrachée. Grossissement de 350 diamètres.

comme formés d'une combinaison protéique, et constitués par un tube très délicat, renfermant une substance visqueuse et albuinineuse.

Les cônes (fig. oiti, 1 ; 315, 2) sont des bâtonnets un peu plus courts, qui, à leur extrémité interne, sont munis d'un corpuscule conique ou piriforme, et dont la longueur est égale à la moitié de l'épaisseur de la couche des bâtonnets (0m'",015 à 0mm,032) et la largeur de 0m,u,00k2 à 0'uu\0065. A l'état frais, les cônes sont composés d'une substance légèrement brillante, presque parfaitement homogène ou très finement granulée, et qui, sauf sa transparence plus grande, ressemble à celle des bâtonnets ; elle s'altère aussi comme cette dernière, et en particulier se gonfle comme elle. Les bâtonnets qui surmontent les cônes, ou les bâtonnets des cônes, sont parfois aussi longs que les autres ; d'autres fois ils sont un peu plus courts. Du côté opposé au bâtonnet, les cônes se continuent avec un renflement piriforme muni d'un noyau, et qu'on appelle corpuscule du cône. Ce dernier a 0mm,007 de longueur, et se trouve déjà dans la couche granuleuse externe ; un filament très ténu, analogue à celui des bâtonnets, le relie aux parties internes de la rétine.

Les bâtonnets et les cônes sont disposés les uns à côté des autres comme des pieux perpendiculaires à la rétine, cle sorte qu'une de leurs extrémités est tournée en dehors, vers la choroïde, l'autre vers la couche granuleuse. Au voisinage de la tache jaune, les cônes forment une couche presque continue (fig. 316, 2); les bâtonnets ne leur sont interposés que sur un seul rang. Plus en dehors, les cônes s'écartent les uns des autres; la distance qui les sépare est d'abord de 0mm, 005 à 0""n,007; à la partie antérieure de la rétine elle devient de 0mm,009 à 0mm,01 (fig. 316, 3), d'où il suit que plusieurs bâtonnets leur sont interposés. Vue par sa face externe, la couche des bâtonnets présente, quand la surface est au foyer du microscope, des vacuoles arrondies, plus ou moins rapprochées, remplies d'une substance transparente qui existe également entre les éléments de cette couche; dans ces vacuoles, qui correspondent aux cônes, on voit un petit cercle foncé, qui n'est que la face terminale ou la section apparente du bâtonnet du cône, et tout autour, les surfaces terminales des bâtonnets proprement dits, disposées comme les pièces d'une mosaïque, en séries simples ou multiples, et anastomosées en réseaux (tig.316).

2. La couche granuleuse (stmtum granulosum) (fig. 313, 3) est formée de corpuscules transpa- FlG" 316'

rents , réfractant assez fortement la lumière , granuleux , et rendus opaques par l'eau. Ces corpuscules sont de forme sphériquo ou ovalaire , et mesurent 0n,'",05 à 0m"',007 en diamètre; ils figurent tantôt des

Fig. 316. — Couche des bâtonnets vue par sa face externe. 1. Sur la tache jaune (il n'y a que des cônes).

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