‹ Éléments d'histologie humaine [electronic resource]Chapitre 222 sur 247 · Sur la limite de la tache jaune · texte numérisé non relu

Sur la limite de la tache jaune

3. A la partie antérieure de la rétine, a, cônes ou vacuoles qui leur correspondent; b, bâtonnets des cônes, dont la surface terminale est placée quelquefois sur un plan inférieur à celui des véritables bâtonnets. Grossissement de 350 diamètres.

noyaux libres, et tantôt dos cellules presque entièrement remplies par un gros noyau ; mais, à mon avis, ils appartiennent tous à cette dernière catégorie. Sur des pièces conservées dans l'acide chromique, j'ai observé, en effet, que de deux côtés de chaque corpuscule part régulièrement un filament très fin, de 0"'"-,005 à ()mm, 01)07 de largeur; dans beaucoup de cas, on voit ce filament naître d'une ligne plus pâle qui entoure le corpuscule, si bien que ce dernier représente parfaitement une cellule ganglionnaire bipolaire. Chez l'homme, ces corpuscules forment toujours deux couches distinctes, l'une externe, plus forte, de 0mm,0£i à 0n,m,054 d'épaisseur (2), l'autre interne, plus mince (4), de 0mn,,025 à 0mm,ü5&, séparées l'une de l'autre par une couche intermédiaire (3) de couleur claire, finement granulée, et striée dans le sens de son épaisseur, qui est de 0mm,()22 à 0mm,08. La couche granuleuse externe est constituée par les corpuscules externes ou corpuscules des bâtonnets (fig. 314, 2, tf), en continuité avec les prolongements filiformes des bâtonnets, et par les corpuscules des cônes (fig. 314, 1, d) décrits plus haut ; les corpuscules de la couche interne, notablement plus gros que les premiers, sont en connexion avec les prolongements des bâtonnets ainsi qu'avec ceux des cônes.

3. La couche de substance cérébrale grise (fig 313, 5) est assez nettement délimitée du côté de la couche granuleuse, beaucoup moins vers la couche

fibreuse, entre les éléments de laquelle elle s'insinue plus ou moins. Elle se compose partout : 1° d'une couche externe fine- -w ment granulée et striée ( la couche de

/ / fibres nerveuses grises de Pacini), et

IraÉr""**^; 2° d'une couche interne de cellules ner-

veuses multipolaires. Ces dernières ressemblent parfaitement à celles du cerveau , si ce n'est qu'elles sont plus claires; elles varient entre 0,,,m,009 et 0"'m,034 de diamètre, et sont le plus souvent pitiformes pu arrondies, quelquefois aussi anguleuses ; FlG* 317' toutes sont pourvues de 1 à 6 ou plus

de 6 prolongements pales et ramifiés, analogues à ceux des cellules du système nerveux central, prolongements que Bowman a observés le premier (Lectures onthe Eye, p. 125) et qui ont été décrits ensuite par Hassall, Corti et moi Dans tous les cas où ces cellules nerveuses sont évidentes sur des coupes verticales, on voit un ou deux de leurs prolongements se diriger en dehors, et se perdre dans la couche granuleuse externe (voy. plus bas), tandis que les autres marchent horizontalement et tantôt se continuent avec de véritables fibres du nerf optique (Corti, Remak, moi, H. Müller), et tantôt

Yiq. 317. — Deux cellules nerveuses de l'homme. Grossissement de 3:>0 diamètres La plus petite présente deux prolongemeuts dirigés vers l'extérieur et l'-.rigine d'uue seule fibre nerveuse variqueuse ; l'autre est munie d'un prolongement ramifié, qui se continue avec trois fibres nerveuses, et de deux prolongements qui ont été arrachés.

vont rejoindre d'autres cellules nerveuses (Corti). Les noyaux de ces cellules nerveuses se comportent comme ceux des cellules cérébrales : ils ont 0m"',007 à 0"'m,ül de diamètre, et présentent habituellement un nucléole très distinct. La couche de substance grise, outre une substance fondamentale finement granulée, renferme : 1° les prolongements externes des cellules nerveuses, et 2° les prolongements qu'envoient les filaments des bâtonnets et des cônes vers les parties internes de la rétine. Elle a 0mm,032 à 0mm,05ft d'épaisseur, tandis que, sur la tache jaune, les cellules nerveuses forment une couche de 0*,"a,092 à Omm,ll d'épaisseur, qui va en diminuant d'arrière en avant, et se réduit enfin à quelques cellules isolées.

k. En dedans de la couche précédente on trouve les fibres qui résultent àeYép'inouissement du nerf optique (fi g. 313, 7). Apartirduchiasma, dontnous avons dit un mot page 3V2, jusqu'à l'œil, ce nerf se comporte comme un nert ordinaire ; ses fibres à contours foncés, qui ont beaucoup detendance à devenir variqueuses, ont une largeur de 0mm,ü01 à 0mm,005, et sont réunies en faisceaux polygonaux, del)m,",098 a 0mm,13 de largeur par un névrilemme ordinaire. Au moment où le nerf optique entre dans l'œil, sa gaine se continue avec la sclérotique, qui présente une ouverture infundibuliforme à base extérieure, pour le passage du nerf : quant au névrilemme interne, il se perd dans le plan fibreux de la face interne de la sclérotique et de la choroïde, où il adhère avec la lame criblée dont nous avons parlé ; les tubes du nerf optique pénètrent donc clans l'intérieur de l'œil seuls et sans enveloppe de tissu conjonctif. Depuis le canal de la sclérotique jusqu'à la petite saillie ou papille que forme le ner* optique à la face interne de la rétine, ce nerf est encore blanc et formé de fibres à contour foncé ; dans leur trajet ultérieur, chez l'homme et chez beaucoup d'animaux, ces fibres sont transparentes , jaunâtres ou grisâtres , et analogues aux fibres les plus fines du système nerveux central ; elles ne mesurent plus alors, en moyenne , que 0",m,001& — Qm,",0018 ; beaucoup d'entre elles ne comportent que

0mm,0005 à Ü ,0009 d'épaisseur, tandis que quelques-unes

atteignent jusqu'à 0mm,00 2, 0""",0032 et même 0mn,,005. Ce qui les distingue des autres terminaisons nerveuses pâles, c'est le manque de noyaux sur leur trajet, leur pouvoir réfringent un peu plus considérable et leur état constamment variqueux sur le cadavre : ces deux dernières circonstances permettent de conclure que ces fibres sont pourvues, sinon précisément d'une moelle analogue a celle des nerfs ordinaires, du moins d'un contenu en partie fluide et peut-être de nature graisseuse; elles autorisent aussi à ranger les fibres nerveuses de la rétine à côté des éléments

Fig. 31

Fig. 318 — Éléments qui forment l'épanouissement terminal du nerf optique chez l'homme Grossissement de 350 diamètres, a, grosse fibre nerveuse évidente, présentant des varicosités; &, fibre nerveuse fine; c, fibres pâles, oaduleuses et mm varicosités, îîpparteo ml probablement aux fibres de Müller.

les plus délicats de l'encéphale. Je n'ai jamais trouvé de cylindre de l'axe dans les fibres de la rétine; mais je crois avoir reconnu distinctement une gaine sur les varicosités qu'on trouve si fréquemment rompues. Dans tous les cas, les fibres de la rétine ne se composent pas exclusivement, ni même principalement, de moelle nerveuse ordinaire ; car soumises à l'action de réther, n'importe par quel procédé, elles s'amincissent, il est vrai, mais deviennent plus nettes et plus foncées qu'auparavant. A cet état elles se gonflent de nouveau dans l'acide acétique froid, et se dissolvent dans les alcalis. On peut donc affirmer que les fibres de la rétine sont constituées principalement par une substance azotée.

Quant au trajet de ces fibres dans la rétine, il est certain que de la papille du nerf optique elles s'irradient dans toutes les directions, en formant une espèce de membrane continue qui s'étend jusqu'à Yora serrata retinœ, et qui ne présente d'interruption que dans la région de la tache jaune. Les

fibres qui composent cette membrane (ik nerveuse sont réunies en faisceaux jjf un peu aplatis, plus ou moins voluill mineux , en général de 0mm,02 à III 0mn\25 de largeur; ces faisceaux ou fil bien s'anastomosent ensemble à angle ■j aigu, ou bien marchent parallèlement j|| les uns aux autres dans un assez long fj H trajet. Au niveau de la tache jaune,

'^^%\^ih'^%!Êt^ ' Ulie tr^s faible portion des fibres op-

^ \ i tiques se dirigent en droite ligne vers

\ " 'Ivi'i' \ l'extrémité interne de cette tache ; les

autres, beaucoup plus nombreuses, décrivent un arc de cercle d'autant plus considérable qu'elles sont plus antérieures, pour atteindre les côtés .~ v <'c la tache jaune. Toutes ces fibres se

: rdcnt entre les cellules nerveuses ' '' t ■' dans la profondeur de la tache , qui

r - ' - . manque, par conséquent, de fibres

p,Gi superficielles; elles naissent très vrai-

semblablement des prolongements des cellules de cette région. Sur les côtés de la tache jaune, les fibres reprennent peu à peu leur trajet rectiligne. Pour ce qui est de leur terminaison, les recherches les plus récentes rendent plus que vraisemblable que toutes ces fibres se continuent avec les prolongements des cellules nerveuses

Fig. 319. — Trajet des fibres nerveuses dans le fond de l'œil, a, point d'entrée du nerf optique; 6, tache jaune; c, fibres arquées sur les côtés de la tache; d, fibres arcifonues marchant à la rencontre les unes des autres au côté interne de la tache jaune; e, e, fibres rectilignes marchant dans d'autres directions. Les points qu'on voit entre les fibres du nerf optique indiquent les extrémités des fibres de Müller, rangées en séries régulières.

de la rétine, disposition qui, dans le langage histologique ordinaire, sera traduite par ces mots : toutes les fibres naissent de ces cellules. Vépaisf seur de la couche fibreuse de la rétine est de 0n,n,,2 près de la papille, de 0m,T,,058, 0 """,0 7 /i à 10 ou 12 millimètres plus en avant, de 0""", 005 à la partie la plus antérieure de la rétine et près de la t che jaune, de 0""",07&

dans le fond de l'œil, de 0""",01/i - 0' ,018 à 5 millimètres en dehors de

la tache jaune.

5. La membrane limitante (fig. 313, 10) est une pellicule délicate, intimement unie avec le reste de la rétine, et mesurant à peine 0""",001 d'épaisseur; quand on di lacère la rétine, ou sous l'influence des réactifs, il se détache quelquefois d'assez grands lambeaux de cette membrane, qui se montre compléiement amorphe. La membrane limitante résiste longtemps aux acides et aux alcalis; tous ses autres caractères, du reste, la rapprochent des membranes hyalines, telles que la capsule cristalline.

La tache jaune e t une région par iculièie de la rétine, de couleur jaune ou dorée, dont l'extrémité interne est a 2""" -2""", 5 de distance du centre du nerf optique, et qui présente, vers sa partie moyenne, un peu plus près cependant de son extrémité interne, un point aminci, incolore, déprimé en fossette, de ()""", l'ô à 0""n,2 de largeur. Le pli central de la rétine, admis par beaucoup d'auteurs sur la tache jaune, n'existe point dans les yeux frais : c'est ce que Virchow et moi nous avons constaté, après beaucoup d'autres, sur les yeux d'un supplicié 11 n'en est pas de même de la couleur jaune, qui dépend d'un pigment particulier dont sont imprégnés tous les éléments de la rétine, à l'exception de la couche des bâtonnets ; ce pigment pâlit dans l'alcool et dans l'eau au bout de quelques jours. Au niveau de la tache jaune, il n'existe point de couche continue de fibres nerveuses; la couche des cellules nerveuses, qui la sont très serrées les unes contre les autres, et forment plusieurs plans superposés comme ceux d'un épithélium pavimenteux, y est en contact immédiat avec la membrane limitante. Mais entre ces cellules cheminent également des fibres nerveuses, qui arrivent de ! la périphérie de la tache jaune pour se perdre dans cette dernière d'une manière encore mal observée, probablement en s'unissant avec les cellules nerveuses. La couche de substance iirise finement granulée {fibre grigyie de Pacini) existe dans les portions périphériques de la tache jaune, elle fait défaut à sa partie moyenne. Les deux couches granuleuses et la couche intermédiaire se retrouvent par ouï, à l'exception de la fossette centrale. D'après les observations de Hehle, que je puis confirmer, les bâtonnets sont absents dans toute Sa tache jaune ; ils y sont remplacés par des cônes très serrés, plus longs et plus étroits (0 ,000 de longueur) que dans les autres régions, et portant à leur face externe un bâtonnet, qui est également plus mince. J'ai rencontré des prolongements des b ton nets ou fibres de Müller sur toute la tache jaune, sauf la fossette centrale ; je n'ai fait aucune recherche spéciale relativement au trajet de ces fibres, qu'il est impossible de suivre au delà de la c >uche granuleuse interne, et qu'on ne retrouve point dans les couches internes. Voici quelle est l'épaisseur des

ß82 HISTOLOGIE SPÉCIALE.

diverses couches au niveau de la tache jaune : couche des cellules nerveuses, 0mn\92 à 0"'m,15; couche grise finement granulée, 0mni,042 ; couche granuleuse interne' 0mD\05û ; couche intermédiaire, 0""\G8; couche granuleuse externe, 0nim,05fr; couche des cônes, 0mm,062.

Outre les fibres du nerf optique, il existe dans la rétine un système de libres très remarquable , celui des fibres de Müller ou fibres radiées, découvert en 1851 par H. Müller sur les animaux, et constaté également par moi, un an plus tard, chez l'homme.

Si, dans la description des libres de Müller, on prend pour point de départ la couche des bâtonnets, on trouve que les cônes et les bâtonnets sont

tous unis aux éléments de la couche granuleuse. Pour ce qui est des cônes, chaque corpuscule de cône , qu'on doit considérer comme le corps de cellule du cône, se prolonge en dedans sous la forme d'un filament pâle, très fin, de 0",n\0009 à Omm,O0U de largeur, qui, après avoir traversé en ligne droite la couche granuleuse externe et la couche intermédiaire, se termine dans la couche granuleuse interne, où il s'unit avec un des éléments de cette couche (fig. 320, 1, f). Les mêmes connexions existent entre les bâtonnets et les couches granuleuses interne et externe; elles présentent cependant quelques particularités. Un très petit nombre de bâtonnets, en effet, sont liés directement, comme les cônes , à un élément de la : couche granuleuse (fig. 320, 2, d)\ la plupart

se terminent en une pointe plus ou moins allongée (voy. plus haut) qui, après un trajet de 0mm,005 à 0min,007, se continue avec un filament très fin, de 0min,0005 à 0mm,0007 seulement de largeur,

Fig. 320. — Éléments de la couche des bâtonnets et leurs connexions avec les fibres de Müller chez l'homme. Grossissement de 350 diamètres.

1. Cônes et fibres de Müller, a, partie renflée du cône, ou cône proprement dit; 6, bâtonnets qui les surmontent, et dont l'un est plus long ; c, crête circulaire à l'extrémité interne du cône; d, renflement muni d'un noyau (corps de cellule) situé déjà dans la couche granuleuse externe; e, Obre de Müller avec laquelle ce renflement se continue; c' , prolongement latéral de cette fibre, se portant en dedans; f, grain (cellule) de la couche granuleuse interne ; g, extrémité interne des fibres de Müller.

2. Bâtonnets et fibres de Müller, a, bâtonnets; &, crête transversale à leur extrémité interne; c, origine des fibres de Müller; d, éléments de la couche granuleuse externe dont l'un est appliqué contre le bâtonnet; e, fibres de Müller dans la couche intermédiaire; f, corpuseulequi présente un prolongement latéral ; g, extrémité interne des fibres deMüller.

3. Elément de la couche granuleuse interne avec trois prolongements; le plus externe, parmi ces prolongements, se ramifie et porte plusieurs corpuscules de la couche externe b, et plusieurs bâtonnets, dont un seul a été dessine.

exercent

en détermine la rupture au niveau de son ^ , ce * ^ q«^P 1 P ^ quoi jusqu'ici lesobservateursn ~ ;Xuen ^par hasard quelproprement dits ^V^^^^Z^^^ ques fibrilles au bout des bâtonnets ils tes

ficielles. Ces filaments, ^«^^ externe de ces derniers, ces, ainsi que les pointes des bâton net > ai cules de

unefibreprogressivementplus grosse üg. flbre.s

longements des cônes traverse la r^^^'^eet^p^

son aspect strié, pour penetrer dan 1 ^C^ ^U crois avoh, (rouvé

reniement avec un des élément s ^™^e ^ c les poulL

c'est principalement, si ce n est exclusivement, avec u J r

de trois prolongementsou plus que s'unissent ces fibres (flg. .,20, 2, f ,»,.«)•

Là ne se termine point le système des fibres radiées; les prolongements qui unissent les cônes et les bâtonnets aux éléments des couches granuleuses, continuent leur trajet à travers toutes les couches internes de la rétine, et se terminent enfin sur la membrane limitante d'une manière toute spéciale. Dans cette seconde moitié de leur trajet, les fibres de Müller restent complètement isolées et séparées les unes des autres; mais au voisinage des expansions du nerf optique, elles se disposent dans un ordre déterminé, un peu différent suivant les régions. Au fond de l'œil et aussi longtemps que les fibres du nerf optique forment des faisceaux séparés les uns des autres par de simples lentes, les fibres de Müller se réunissent en lames minces, dont l'étendue est en rapport avec la largeur de ces fentes ou mailles ; elles traversent ainsi toute l'épaisseur de la couche fibreuse , comme on peut s'en convaincre soit sur des coupes transversales à travers cette couche, soit sur des coupes

„ ,. „,,„,,„ ,,„ I. rpijne nrès de l'entrée du nerf optique. Grossisse- Fig. 321.- Section verticale ide la ruine près , , couche granuleuse

ment de 350 diamètres. Chez 1 homme t cou che tob « • < de substance

externe; 3, couche intermédiaire , 4 couch f'^^1^ a^s Aa ncrf optiqoe, grise: 6, ceUa.es nerveuses en Xmani dermes minces entre ces faisceau,;

ÏÏ^ÏS^W- 'a — e .imitante ,0. (D'après -a planche consacrée à la rétine dans les Icônes phys. de Ecker.)

'•-fi-

ta»!

Fl G. 321,

horizontales. Les premières ( fig. 321 ) présentent une section transversale des faisceaux aplatis , très épais en partie , des fibres du nerf optique, représentées par des masses finement ponctuées, en forme de colonnes, et entre ces faisceaux se voient de profil les lames des fibres de Müller, figurées par de forts faisceaux de fibres. Les coupes horizontales , au contraire, montrent les mailles du plexus nerveux dans lesquelles on trouve les extrémités des fibres, figurées par des séries étroites de lignes et de points foncés qui, chez les animaux, sont souvent disposées régulièrement comme les barbes d'une plume. Piusen avant, où les mailles des plexus nerveux deviennent plus larges, les lames des fibres de Müller deviennent de plus en plus épaisses, et à la partie antérieure; enfin, ces lames, assez rapprochées les unes des autres et n'affectant plus aucune disposition spéciale, se dirigent vers la surface en formant une couche presque continue de points foncés, dans laquelle on ne voit d'interruption qu'au niveau des faisceaux de fibres nerveuses et aux endroits où se trouvent de grosses cellules nerveuses. En dedans, les fibres de Müller traversent encore la couche fibreuse, et se termimnt sur la membrane limitante; mais leur véritable di position est difficile à sabir, en raison de leur ténuité et de leur fragilité extrêmes. Mes observations me portent à admettre que ce sont les renflements triangulaires et comme coupés carrément, que nous avons vus, H. Müller et moi, et non les fréquentes bifurcations et ramifications que l'on rencontre, qui constituent les véritables terminaisons de ces fibres à leur extrémité interne. Quand on examine une rétine bien fraîche sur un pli ou sur une section verticale, ces extrémités apparaissent comme un bord transparent, large de 0n'n',l)05 à ()""",()() 7, entre la membrane 1 imita n!e>et l'épanouissement du nerf optique : ce sont elles, à mon avis, qui ont fait admettre l'existence d'un épithéiium dans cette région Les sphères transparentes que décrit B.iwman (Lect., fig. 15), ne sont autre chose que les extrémités internes des fibres de Millier; ces extrémités, quand elles se recouvrent mutuellement, et surtout quand elles sont gonflées par l'eau, donnent l'image de corpuscules arrondis juxtaposés. Les extrémités tronquées des libres de Müller reposent sur la face externe de la membrane limitante; sur des pièces conservées dans l'acide chromique, il n'est pas rare d'obtenir des portions de cette membrane encore unies aux fibres de Müller, bien que l'adhérence entre les deux ordres d'éléments soit loin d être intime; car sur des pièces fraîches, ou même raitées par des réactifs, le système des fibres radiées se détache, en général, de la membrane limitante avec une extrême facilité.

Fig. 3'22. — Structure de la renne dp l'homme; éléments grossis 3r>0 fois, a, grosse cellule nerveuse ; b. prolongement ri» cette cellule dirigé eii dehors, vers un corpuscule de la couche interne c (cellule à noyau) ; '/, fibre de Müller qui, de la couche des bâtonnets, s'étend jusqu'à ce corpuscule; e, autre prolongement de cette cellule nerveuse qui se continue sans duute avec uue fibre du nerf optique.

Le système des fibres radiées de la rétine se continue avec les cellules ner veuses de cette membrane. Ce fait, qui depuis longtemps m'avait paru probable, a été démontré directement, dans ces dernières années, par H. Müller et moi (voy. Mémoire de félicitât ion à Tiedemann, p. 12 et mon Anal, mi er ose., II, 2, p. 703). Les prolongements externes de ces cellules (voy. p. 678) sont unis aux corpuscules de la couche granuleuse interne. Dans la tache jaune, les fibres de Müller se terminent simplement sur les cellules nerveuses (fig. 322), tandis que dans les autres régions, on voit partir d'un corpuscule de la couche interne un filament pour une cellule nerveuse, un autre pour la membrane limitante, comme l'indique la figure 323, montrant d'une manière schématique les connexions probables entre les divers éléments de la rétine.

Les vaisseaux de la rétine naissent de l'artère centrale de la réline, qui, placée au centre du nerf *■ optique, pénètre dans l'œil en traversant le sommet de la papille du nerf optique, et se divise immédiatement en quatre ou cinq branches principales qui se ramifient à leur tour. Situées d'abord membrane limitante, les ramifications de l'artère centrale pénètrent, à travers la couche fibreuse, dans celle de la substance grise, s'étendent, en formant d'élégantes arborisations, jusqu'à Fora serrata, et se terminent dans un réseau circulaire à mailles assez larges, formé de capillaires très fins (de 0m"\0i)5 à 0""",007) et situé principalement dans la couche de substance grise, en partie aussi dans la couche fibreuse. Chez les animaux, le point de départ des veines de la rétine est un cercle veineux incomplet qui se trouve près de Tora serrata; de là les veinules vont d'avant en arrière, en accompagnant les artères ; elles se réunissent pour former la veine centrale, qui sort de l'œil avec l'artère de ce nom. — Au niveau de la tache jaune, on ne trouve point de vaisseaux un peu volumineux, mais seulement de nombreux capillaires. — Je n'ai jamais rencontré de filets nerveux sur les vaisseaux de la rétine; mais sur la face externe des gros vaisseaux, j'ai vu ça et là des traces d'un tissu de fibres qui les accompagnait, et qui ressemblait fort au tissu conjonctif réticulé de l'embryon.

Fig. 323.

au-dessous de

Fig. 323. — Figure schématique destinée à faire comprendre les rapports probables entre les cellules, les bâtonnets et les fibres de Müller, a, cellule nerveuse; b fibre du nerf optique; c, prolongement externe de la cellule, se continuant avec un corpuscule de la couche interne d; e, fibre de Müller qui de ce corpuscule se rend à un autre f, faisant partie de la couche externe, et à un bâtonnet g; h, extrémité interne de la fibre de Müller, avec son renflement i.

Se fondant sur une courte communication faite dans le Berlin. Monatsber., 1853, ■12 mai, Remak s'arroge la découverte de l'origine des fibres du nerf optique, celle de la pluralité des couches de cellules nerveuses sur la tache jaune (Remak dit seulement « qu'elle (la tache) se compose de cellules nerveuses »), et celle de la composition fibrillaire de la couche grise finement granulée (Compt. rend., séance du 31 octobre 1 853). Dès 1 850, par conséquent bien avant Remak, Corti avait annoncé (Müll. Arch., p. 274) l'origine réelle des fibres du nerf optique, origine que H. Müller a confirmée en 1852 (Würz. Verh., II, p. 216). De même, les nombreuses cellules nerveuses de la tache jaune sont déjà décrites dans l'ouvrage de Bowman (Lectures, p. 92), et les fibrilles de la couche grise ont été mentionnées depuis fort, longtemps par Pacini. Dans une communication récente (Allgem Med. Central--., 1 854, n°1), Remak assigne aux fibrilles de la couche grise un trajet postéro-antérieur, tandis que ces filaments, qui, à ma connaissance, ne se composent que de fibres radiées et des prolongements externes des cellules nerveuses, marchent certainement en grande majorité dans la direction de l'épaisseur de la rétine. Remak admet les fibres radiées, mais il avance à tort qu'elles forment la membrane limitante, qui, comme je l'ai montré, se sépare d'elles très facilement, et présente d'ailleurs une composition chimique toute différente. Remak a méconnu les liaisons entre les fibres radiéeset les corpuscules de la couche interne, qu'il considère avec moi comme des cellules ganglionnaires ; il n'a pas vu non plus les connexions entre les corpuscules et les prolongements des cellules nerveuses. Comme d'ailleurs Remak a négligé l'étude des propriétés chimiques des fibres radiées, on comprend qu'il ait pu les considérer comme un simple appareil de protection (formé de tissu conjonctif et élastique) pour la rétine, opinion qui est insoutenable, comme on peut le voir dans mon Anatom, microsc, II, 2, p. 628. Au niveau de la tache jaune, Remak n'a trouvé que des cônes eldes cellules ganglionnaires; il est certain, cependant, que la couche granuleuse tout entière, avec ses trois subdivisions, s'y rencontre. Il prétend que les globules ganglionnaires ont des gaines solides qui se continuent avec les cônes ; Müller et moi nous n'avons rien vu de ces gaines qui, en général, ne se trouvent dans aucune partie de la rétine; nous avons constaté seulement, comme il a été dit plus haut, que les prolongements externes des cellules elles-mêmes sont reliés aux corpuscules de la couche interne, et conséquemment aux cônes.

Dans un excellent travail publié récemment par M. de Vintschgau, on trouve la confirmation de la plupart des faits annoncés par Corti, H. Müller et moi. Vintschgau a vu que les fibres du nerf optique naissent de cellules nerveuses, et que les fibres radiées sont également unies en partie à ces mêmes cellules. Ce que Vintschgau décrit comme un corpuscule à la face externe des cônes, n'est autre chose qu'un bâtonnet de cône ratatiné. Je ne puis accorder non plus que la couche de cellules nerveuses soit dépourvue de vaisseaux, ni que la couche intermédiaire renferme des vésicules spéciales.

La publication la plus récente sur la rétine est celle de Blessig (De retinœ textura disq. microsc, Dorpati, 1855); ce travail, manqué dans son ensemble, fait connaître cependant quelques faits importants relatifs à la nature chimique des éléments de la rétine. Blessig range tous les éléments de la rétine, à l'exception des fibres du nerf optique, dans la classe des tissus conjonctifs. Dire qu'il n'a pas vu seulement les cellules ganglionnaires de la rétine, c'est rendre toute critique superflue.

Relativement aux fonctions de la rétine, je me bornerai aux remarques suivantes , en renvoyant, pour plus de détails, àmon Anat. microsc, II, 2, § 281 . Les bâtonnets et les cônes me paraissent être les seuls éléments impressionnables à la lumière ; ils transmettent leurs états, par l'intermédiaire des fibres de Müller, qui agissent comme un appareil conducteur, aux cellules nerveuses, qui doivent être considérées comme un ganglion étendu en membrane, et qui très vraisemblablement constituent l'organe central de la perception de lumière. Cet appareil central et le cerveau sont unis ensemble par un second système conducteur, les fibres du nerf optique, qui ont aussi pour fonction d'établir une liaison entre les deux rétines. Cette manière de voir est basée

Page 1