DU CRISTALLIN
sur les rapports constatés entre les éléments de la couche des bâtonnets et les cellules nerveuses, et sur l'absence d'une couche continue de fibres optiques au niveau de la tache jaune; sur le défaut de sensibilité du point d'entrée du nerf optique ; sur l'impossibilité de placer dans les cellules nerveuses ou dans la couche granuleuse le siège de la perception de lumière, attendu que sur la tache jaune, en particulier, ces éléments forment plusieurs couches superposées ; enfin, sur la coordination spéciale des bâtonnets et des cônes, et sur le rapport qui existe entre le volume de ces éléments et celui des plus petits objets visibles.
§ 232. Du cristallin. — Le cristallin (Jens cristallina), est une masse parfaitement transparente, en connexion, par sa face postérieure, avec le corps vitré, par son bord, avec la terminaison de l'hyaloïde ou zone de Zinn. 11 présente à considérer le cristallin proprement dit et la capsule cristalline.
La capsule cristalline [capsula lentis), est formée de deux éléments : la membrane de la capsule et Yépithêlium. La première est une membrane complètement amorphe, hyaline, très élastique, qui enveloppe exactement le cristallin et le sépare des parties voisines. Quand on plonge dans l'eau un cristallin avec sa capsule, celle-ci se distend considérablement, preuve que, malgré son apparence homogène, elle est très perméable aux liquides, et que l'absence de vaisseaux dans le cristallin n'empêche en aucune façon les liquides extérieurs de pénétrer dans cet organe pour servira sa nutrition. La capsule cristalline a 0mm,01 à 0mm,018 d'épaisseur dans sa moitié antérieure ; derrière les insertions de la zone de Zinn, elle s'amincit brusquement et ne mesure plus que 0mm,005 à 0mn,,007. Elle se laisse facilement déchirer ou traverser par un instrument piquant ou tranchant ; mais elle oppose aux instruments mousses une résistance notable. Quand on fait une ponction sur la capsule cristalline intacte, on voit la membrane se rétracter en vertu de son élasticité et souvent expulser le cristallin. Les caractères microchimiques de la capsule cristalline sont les mêmes que ceux des autres membranes hyalines ; suivant Strahl (Arch. f. phys. Heilk., 1852), cependant elle se dissoudrait dans l'eau bouillante. — L'épithélium de la capsule cristalline tapisse, non la face externe de la membrane, comme Brücke l'indique à tort, mais bien sa face interne, celle qui touche au cristallin ; il forme sur la moitié antérieure de la capsule une couche simple de belles cellules polygonales, qui ont 0mm,01/i à 0mm,02 de largeur, et renferment un noyau sphériquc dans leur intérieur. Après la mort, les éléments de cet épithélium se dissocient très rapidement, se gonflent en vésicules sphériques et transparentes, dont un grand nombre crèvent ; en même temps un peu d'humeur aqueuse pénètre dans l'intérieur de la capsule, et de là résulte ce qu'on a appelé Y humeur de Morgagni. Pendant la vie, cette humeur n'existe point, et l'épithélium est appliqué immédiatement sur le cristallin.
Le cristallin proprement dit se compose, dans toute son épaisseur, d'éléments allongés, aplatis, à six pans, de 0m,n,0052 h 0mm,01 de largeur sur 0mm,02 à 0m'",03 d'épaisseur ; ces éléments, qu'on connaît généralement sous le nom de fibres du cristallin, sont d'une transparence parfaite,
mous, tïexibles et notablement visqueux ; en réalité, ce sont des tubes creux, à parois très minces, qui renferment une substance transparente, visqueuse
et de nature albumineuse; pendant la dilacération, cette substance s'échappe de son enveloppe et forme des gouttelettes transparentes et irrégulières qu'on rencontre toujours en grande quantité, quand on examine les fibres superficiel les du cristallin. 11 serait doue plus convenable de donner le nom de tubes aux éléments du cristallin. Au point de vue chimique, ces tubes présentent cette particularité, que toutes les substances qui coagulent l'albumine, les rendent plus foncés et plus distincts ; aussi tous ces réactifs , et notamment l'acide nitrique, l'alcool, la créosote et l'acide chromique, conviennent-ils parfaitement pour l'étude du cristallin. Les alcalis caustiques , au contraire, dissolvent ratubes du cristallin, que l'acide acétique altère aussi très . Dans les couches centrales du cristallin, qu'on appelle du cristallin, les fibres sont plus denses, plus étroites et
Fig. 324.
pidement les promptement aussi noyau
plus foncées que dans les couches molles extérieures; elles cessent aussi d'y présenter une cavité visible. Les tubes du cristallin s'unissent entre eux par simple juxtaposition ; ils sont disposés de telle sorte que toujours leurs faces sont parallèles aux surfaces du cristallin, et que leurs bords tranchants remplissent les intervalles laissés par les tubes voisins; il résulte delà, ce que montre la fig. 32i, 2, que dans l'épaisseur du cristallin chaque tube est entouré de six autres, et qu'une section transversale des tubes donne l'apparence d'une mosaïque dont toutes les pièces seraient des hexagones. Les bords et les faces des tubes sont généralement un peu inégaux, quelquefois même dentelés; chez certains animaux, chez les poissons entre autres, ces dentelures sont très marquées. Il s'ensuit que les fibi es sont unies plus solidement par leurs bords que par leurs faces, etquele cristallin se divise plus facilement en lames parallèlement à ses faces, qu'en segments dans le sens de son épaisseur. C'est pourquoi on a considéré le cristallin comme formé de feuillets emboîtés les uns dans les autres comme les couches d'un oignon ; mais il ne faut point oublier que ces feuillets n'ont absolument rien de régulier et sont toujours formés de plusieurs couches de fibres. Un fait plus important peut-être, au point de vue physiologique, c'est
Fig. 324. — Tubes ou fibres du cristallin. 1 , chez le bœuf, avec des bords légèrement dentelés; 2, sectioo transversale des tubes du cristallin de l'homme. Grossissement de 350 diamètre?.