‹ Éléments d'histologie humaine [electronic resource]Chapitre 225 sur 247 · CORPS VITRÉ · texte numérisé non relu

CORPS VITRÉ

or, Jone crains pas d'affirmer que ces membranes, si elles existaient, se reconnaîtraient, sur des plis, tout aussi bien que l'hyaloïde elle-même, qui est excessivement fine. Dans le corps vitré de l'adulte, je n'ai retrouvé le plus souvent, de ces éléments primitifs, que la substance fondamentale homogène; les cellules avaient disparu, et ce n'est que dans quelques cas que j'en ai reconnu vaguement çà et là quelques-unes, notamment dans les parties voisines du cristallin et de la membrane hyaloïde en général. Je tire de là cette conclusion que le corps vitré présente, à la vérité, dans les premiers temps de la vie, une certaine structure qui rappelle en quelque sorte celle du tissu cellulaire embryonnaire, mais que dans la suite toute trace de structure disparaît, au moins dans les couches internes du corps vitré, qui alors n'est formé que d'un mucus plus ou moins consistant (voy. § 25).

Zone de Zinn. — - Au niveau de l'ora serrata, la membrane hyaloïde contracte des rapports très intimes avec la rétine, et celle-ci avec la choroïde, de sorte qu'il est très difficile de déterminer la véritable disposition de la zone de Zinn. Lorsqu'on met à nu la face externe de cette dernière, on la trouve presque toujours couverte, en certains points, d'une quantité plus ou moins considérable de pigment, provenant des procès ciliaires. En examinant des endroits où il n'y a pas de pigment, on reconnaît que la couche la plus extérieure de la zone est une membrane grisâtre, dont l'étendue est exactement celle des adhérences entre les procès ciliaires et la zone, et qui se termine en avant par un bord irrégulier, légèrement festonné. Le microscope fait voir dans cette couche, môme quand elle paraît complètement transparente, un nombre considérable, surtout en avant, de cellules pigmentaires de la choroïde, rangées en séries; ces cellules, qui ont principalement leur siège dans les plis qui contenaient les procès ciliaires, donnent à l'ensemble une apparence striée. En dedans de ces cellules pigmentaires, on trouve une couche de cellules à noyau transparentes, souvent très pâles, polygonales ou cylindriques, de 0mn,,014 à 0mm,027 de diamètre; cette couche n'est jamais complète, elle s'enlève toujours partiellement avec les procès ciliaires, sur lesquels Henle et d'autres l'ont déjà observée. Elle appartient à la rétine et non à l'hyaloïde, et peut très bien être appelée portion ciliaire de la rétine ; elle se continue directement, en effet, avec la rétine, bien que ne contenant aucun des éléments essentiels de cette dernière, et ne devant probablement ses liaisons avec elle qu'à cette particularité qu'elle résulte d'un blastème qui lui est commun, chez le fœtus, avec la membrane nerveuse; elle passe d'arrière en avant entre la couronne ciliaire et la zone de Zinn, intimement adhérente aux deux, et, abandonnant cette dernière, se termine à l'endroit où les procès ciliaires touchent à l'iris.

Abstraction faite de cette couche, la zone de Zinn est formée par une membrane transparente, mince, mais assez résistante, qui de Vom serrata de la rétine s'étend jusqu'au bord du cristallin, et parait être la continuation de l'hyaloïde. Cette membrane se compose défibres spéciales, pâles, qui ont

69/l HISTOLOGIE SPÉCIALE.

été parfaitement décrites par Henle, et qui rappellent certaines formes du tissu conjonctif réticulé ; mais elles sont plus rigides, présentent rarement des fibrilles distinctes, et se gonflent moins dans l'acide acétique. Ces fibres naissent un peu en arrière de Yora serrata retinœ, sur la face externe de l'hyaloïde, mais en parfaite continuité avec cette membrane ; très fines à ce niveau et semblables à des fibrilles de tissu conjonctif, elles se dirigent parallèlement d'arrière en avant, en se renforçant progressivement (jusqu'à 0mm,009 et même omm,02 et plus) et en formant une couche d'abord lâche, puis de plus en plus serrée jusqu'à la partie libre de la zone, où cette couche est continue, bien que quelques faisceaux puissent encore être isolés; elles se confondent, enfin, avec la capsule du cristallin. Dans ce trajet, les fibres se bifurquent et s'anastomosent fréquemment entre elles. De Yora serrata à l'origine du canal de Petit, il n'est plus possible de distinguer une hyaloïde à côté des fibres de la zone. Mais au niveau de ce canal, où la masse du corps vitré s'écarte delà couche fibreuse, on retrouve une membrane très ténue, servant d'enveloppe à ce dernier; cette membrane, qui forme la paroi postérieure du canal de Petit, ne va pas au delà delà circonférence du cristallin; à ce niveau, elle disparaît comme feuillet distinct, attendu que le corps vitré s'unit intimement à la capsule cristalline postérieure.

SECTION il.

Page 1