DES PARTIES ÉLÉMENTAIRES
§ h. Des parties élémentaires simples et composées. — Lorsqu'on
examine à l'aide d'un fort grossissement les parties constituantes solides et liquides du corps humain, on s'aperçoit que les éléments qui paraissent les plus fins à l'œil nu, tels que grains, fibres, tubes, membranes, ne sont pas encore des éléments ultimes. On voit partout, au contraire, que les substances liquides, demi-liquides ou solides, homogènes en apparence, contiennent encore des particules plus petites , lesquelles varient dans les divers organes , et se présentent toujours les mêmes dans les organes semblables. Ces parties , dites parties élémentaires , sont elles-mêmes de diverses sortes : elles sont simples ou composées.
Les parties élémentaires les plus simples sont tout à fait homogènes, sans trace aucune de parties hétérogènes, et se lient étroitement pour la forme aux corps inorganiques : tels sont les grains cristallins , et les cristaux qu'on rencontre pareillement dans l'organisme animal.
D'autres parties, qu'on peut aussi ranger parmi les parties élémentaires simples, présentent cependant déjà avec les précédentes une différence ; elles consistent en une enveloppe et en un contenu : tantôt d'ailleurs le contenu est homogène , tantôt on peut le décomposer encore. Les plus importantes de ces parties sont les cellules. Les cellules non seulement constituent la formation primordiale d'où procède chaque organisme végétal et animal , mais elles se présentent encore dans l'organisme animal complètement développé , tantôt à l'état de cellules , tantôt groupées entre elles après des métamorphoses variées, et s'associent sans altération pour former les végétaux et les animaux les plus simples (animaux et plantes cellulaires). Comparées aux cellules , toutes les autres parties élémentaires simples n'ont qu'une signification tout à fait subordonnée , alors même qu'elles participent directement à la formation des tissus et des organes. Nul doute cependant qu'elles ne possèdent par elles-mêmes une grande importance, car presque toutes se rencontrent aussi dans \ intérieur des cellules , et interviennent diversement , et souvent d'une manière significative , dans les phénomènes biologiques des cellules.
Un certain nombre des parties élémentaires simples (principes originaires de l'animal à venir ou de la plante) se groupent et s'unissent entre elles dans le cours du développement, de telle manière qu'elles perdent leur
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existence individuelle et qu'elles cessent d'exister comme éléments isolés. Alors apparaissent des éléments composés, dont chacun en particulier correspond à une certaine somme d'éléments simples , et qu'on peut désigner, d'une manière aussi convenable que possible, sous le nom départies élémentaires plus élevées. Cette fusion des éléments n'a été observée jusqu'à présent , d'une manière certaine , que pour les cellules, et c'est ainsi qu'apparaissent la plupart des tubes et des libres élémentaires du corps.
§ 5. Saiïtstaiices interposées, liquides ow solides. — Tandis que dans la plupart des cas , les parties élémentaires des plantes se réunissent entre elles directement, il existe chez les animaux une substance interposée, liquide, demi-liquide ou solide, très répandue; cette substance remplit souvent un rôle tout à fait spécial, comme le sang et les produits de sécrétion, et en définitive procède toujours du sang, et entretient avec lui des rapports proches ou éloignés. Cette substance interposée participe à la formation des parties élémentaires ; c'est à ce point de vue qu'on la nomme liquide formateur, ou comme Schleiden, ci/toblastème (de x-jto;, membrane, vésicule , et de ßXacrrr,,««, germe ) ; si on l'envisage dans ses rapports avec l'entretien des parties, on la désigne sous le nom de liquide nutritif; enfin eonsidère-t-on cette substance à la fois sous tous ces rapports, on la nomme encore substance fondamentale , ou substance conjonctive.
Le cijtoblastéme est ordinairement tout ci fait liquide comme dans le sang, dans le chyle, dans beaucoup de produits de sécrétion , dans le contenu des follicules glandulaires et dans beaucoup d'organes embryonnaires ; il a plus rarement la consistance et la viscosité du mucus, comme dans le tissu cellulaire gélatineux de l'embryon (voyez plus loin) ; plus rarement encore il se rapproche de la consistance solide, comme le blastème, aux dépens duquel apparaît et se développe le chevelu du chorion. Le liquide nutritif occupe, dans les organes arrivés à leur développement , la place du cytoblastème, et est répandu partout en si petite quantité ( le liquide nutritif n'est pas contenu, comme on le croyait, dans les lacunes du tissu dentaire, mais bien dans des cellules) qu'on ne l'aperçoit pas immédiatement. La substance fondamentale , enfin , se présente dans les cartilages , dans les os (lesquels procèdent des cartilages), et aussi dans les dents, comme une masse solide , homogène, confondue avec des éléments de cellules, granuleux et fibreux. Cette substance fondamentale se développe tantôt aux dépens des cellules et comme le produit de leur sécrétion, et tantôt elle est indépendante des cellules et sort directement du sang.
La présence dans les cartilages d'une substance fondamentale solide, s'accumulant en eux , et provenant directement du sang , montre que toutes les parties solides du corps ne se forment pas ou ne procèdent pas de cellules , et qu'il y a des exceptions à l'opinion vers laquelle penchait Schwann. 11 est douteux que les productions pathologiques se forment ainsi; et les observateurs modernes abandonnent de plus en plus l'opinion que les exsudations fibrineuses puissent se transformer en tissus permanents sans passer par une organisation préliminaire, c'est-à-dire sans formation de cellules.