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PARTIES ÉLÉMENTAIRES SIMPLES

ARTICLE Ier. — CRISTAUX. GRAINS, FILAMENTS, VÉSICULES, NOYAUX.

§ 6. — Compare- t-on ensemble les parties élémentaires simples, on constate toute une série de formes diverses. Les plus simples de toutes se présentent sous une apparence qui est propre aussi à la nature inorganique, c'est-à-dire sous la forme de cristaux et de grains cristallins. Ces éléments se rencontrent très rarement, du moins chez l'homme, comme parties normales des tissus ( pierres auditives , concrétions calcaires dans les cartilages qui s'ossifient ). Ils sont beaucoup plus communs chez les animaux , et en particulier dans les invertébrés ( productions siliceuses et calcaires des éponges , polypes , mollusques, etc., cristaux calcaires dans le cerveau et les nerfs des batraciens) ; on les rencontre encore comme productions pathologiques (cristaux d'hématoïdine , de bilifulvine , de cholestérine ; concrétions calcaires dans les tissus ).

Les grains amorphes de substance organique sont au contraire très répandus. On les trouve en nombre variable , souvent considérable , dans presque tous les liquides animaux en particulier renfermés clans des canaux ou des cellules. On les trouve aussi dans quelques tissus solides.

Ces grains sont arrondis ; le plus grand nombre n'offre que des dimensions à peine mesurables. Henle les a désignés sous le nom de granulations élémentaires, et émis la pensée que ce sont de petites vésicules ; il n'en est cependant pas toujours ainsi, et l'on peut se convaincre que beaucoup de ces petits corps ne possèdent point de membrane externe. On doit ranger ici: les gouttelettes de graisse, qui se montrent dans beaucoup de cellules et dans quelques produits de sécrétion; les granulations pigmentaires du pigment noir de l'œil, et celles des autres cellules colorées; les grains vitellins de l'œuf des batraciens et des plagiostomes; les granulations piotéiques (granulations ulbuminoïdes ) que l'on trouve à l'état de liberté dans la plupart des cellules et des produits de sécrétion, et aussi dans certaines parties de la substance i^rise du système nerveux central. Parmi les productions pathologiques les plus communes , on peut placer ici : les grains de la matière colorante de la bile qui se montrent dans les cellules hépatiques , les granulations pigmentaires anormales , les accumulations pathologiques de granulations de matière grasse , les grains colloïdes dans le corps thyroïde et ailleurs , les corpuscules amylacés [corpuscula amylacea) du système nerveux central, quoique ces grains atteignent parfois des dimensions très remarquables. On n'observe pas , dans ces grains divers , les phénomènes que présentent les parties élémentaires plus élevées , tels que l'accroissement du dedans au dehors, la multiplication, l'entrée dans l'intérieur des substances du dehors, et la sortie au dehors des substances du dedans; ils se trouvent liés ainsi ,

d'une manière encore assez étroite, avec les formations purement inorganiques.

On peut regarder comme très rapprochées de ces productions les fibres élémentaires, c'est-à-dire ces fibres, de grosseur variée, lesquelles se forment par scission au sein d'une substance homogène et sans la participation de cellules ou de noyaux. On trouve des fibres de cette espèce dans la substance fondamentale de quelques cartilages proprement dits, aussi bien que dans les cartilages réticulés et dans beaucoup de formations pathologiques : ces fibres, en s'accolant par juxtaposition, peuvent même former des productions assez épaisses, comme dans les cartilages réticulés.

Les vésicules élémentaires sont également très communes. Elles se rapprochent, pour la plupart , des grains élémentaires , sous le rapport physiologique , en tant qu'une fois formées elles ne s'accroissent plus , et ne se multiplient point, ni par segmentation ni par production endogène. On peut ranger ici avec assez de certitude les globules du lait, globules qui, renfermés d'abord dans les cellules originaires de la sécrétion du lait, se trouvent plus tard à l'état de liberté, et en nombre considérable, dans le produit achevé de la sécrétion; globules constitués, comme Henlele premier l'a exprimé, par la matière grasse du lait renfermée dans une vésicule de caséine. Il y a aussi, dans le chyle et le sang, des petites molécules qu'on ne peut mesurer et qui consistent, d'après les recherches de H. Müller, en corpuscules de matière grasse renfermés clans une enveloppe protéique; de semblables vésicules peuvent aussi se rencontrer dans la plupart des liquides riches en graisse et en albumine. Ascherson ayant découvert (Müllems Archiv , I8Z1O , p. 49) que toutes les fois qu'on agite ensemble une solution d'albumine et un corps gras liquide, les gouttelettes de graisse qui prennent naissance s'enveloppent toutes d'une vésicule délicate albumineuse , il est dès lors plus que probable que de semblables vésicules se forment dans le corps là où la graisse et l'albumine se trouvent en contact à l'état liquide.

Les éléments qui se montrent dans le vitellus de certains animaux forment un groupe particulier de vésicules élémentaires. Les mieux connues sont celles du jaune de l'œuf de poule. Schwann a bien montré que les globules depuis longtemps connus de la substance propre du jaune et de la cavité du jaune sont tous des vésicules qui n'ont pas la signification de cellules. Les enveloppes de ces vésicules vitellines sont extrêmement délicates et consistent en une combinaison protéique; le contenu est formé d'albumine liquide renfermant en suspension un grand nombre de gouttelettes de graisse grosses et petites, et dans les vésicules de la cavité du jaune la graisse est ordinairement rassemblée en une grosse gouttelette fixée à la paroi. Dans leur développement, les vésicules vitellines procèdent probablement de gouttelettes graisseuses, comme les autres vésicules élémentaires ; elles s'en distinguent toutefois en ce qu'elles croissent d'une manière tout à fait manifeste, et que leur contenu éprouve pendant l'accroissement des métamorphoses en vertu desquelles le nombre des gouttelettes de graisse augmente de plus en plus avec l'âge, pour beaucoup d'entre elles. On peut

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