STRUCTURE DU DERME
(fig. Ul). Le trajet de ces séries, visible à l'extérieur, sur l'épidémie, n'exige pas de description plus détaillée. Ailleurs les papilles sont plus éparpillées, soit qu'elles soient très rapprochées, comme dans les petites lèvres, le clitoris , le pénis , le mamelon ; soit qu'elles soient plus rares, comme sur les membres, à l'exception des régions indiquées plus haut, au scrotum, au cou , à la mamelle, sur l'abdomen et sur le dos.
Les papilles ont des dimensions très variables. Les plus petites, qui ont 0,nm,035 à 0n,m,055 de hauteur, se trouvent au visage, principalement sur les paupières, au front, au nez, aux joues et au menton, où elles peuvent même manquer complètement et être remplacées par un réseau de petites crêtes très basses; sur la mamelle de la femme, elles ont 0n"n,028 à 0mn,,037; au scrotum et à la racine du pénis, 0,nm,035 à ()mn,,055. Dans la plupart' des autres régions, leur longueur est de 0mn',1 02 à 0tmn,067. Les papilles les plus longues, qui ont 0n,m,112 à 0""",075, sont celles de la paume de la main, de la plante des pieds et du mamelon, régions où elles revêtent le plus souvent la forme de papilles composées ; puis viennent celles des extrémités antérieure et postérieure du derme sous-onguéal (0m,n,160 à 0mm,325), et des petites lèvres (0m,",112 à 0mm,225).
La largeur des papilles, prise à leur base, égale le plus souvent leur hauteur, ou se trouve être un peu moindre; quelquefois même, comme sur le scrotum , le prépuce , la racine du pénis , la largeur dépasse la longueur d'environ un tiers ou plus, ce qui donne à ces papilles un aspect ver ruqueux, ou même la forme de petites crêtes ; dans les papilles les plus longues enfin, la largeur mesure environ le tiers ou la moitié de la longueur.
L'épaisseur du derme proprement dit varie entre 0mm,28 et lmm,12, et comporte le plus souvent 0mm,56 à in,m,70. Elle est de 0m,yi5 à 0m,",28 dans le conduit auditif externe, aux paupières, à la portion rouge des lèvres, au gland du pénis et du clitoris; le derme le plus épais (ln,m,12 à 2m,n,25) se trouve sur le dos, au menton, à la lèvre supérieure et inférieure (portion garnie de poils), aux ailes du nez, au talon, à la pulpe du gros orteil , sur l'omoplate et aux fesses: il mesure 2mm,25 à 3mn,,37 d'épaisseur au talon.
Au point de vue chimique, le derme présente les principaux caractères du tissu conjonctif, qui en forme la masse principale. Il se putréfie difficilement; il résiste même tout à fait à la putréfaction , quand on y ajoute des substances végétales contenant de l'acide tan nique (tannage, cuir) ; la dessiccation, qui est très facile, le rend jaunâtre, transparent, dur, mais flexible, et imputrescible. Dans l'eau bouillante, il commence par se recroqueviller, pour se résoudre ensuite en gélatine , mais non point également vite chez tous les animaux, plus rapidement chez les jeunes animaux que chez les vieux. Traité parles acides ou par les alcalis étendus, il se comporte comme le tissu conjonctif (voy. § 27).
§ 38. structure du «icruic. — Le derme est formé principalement de tissu conjonctif et de tissa élastique ; il renferme, de plus, des muscles lisses, des cellules graisseuses, des vaisseaux sanguins > des nerfs 1 et des lymphatiques en très grande abondance.
Le tissu conjonctif du derme se compose de faisceaux ordinaires qui s'anastomosent souvent en réseau, comme dans le tissu cellulaire sous-cutané, qui d'autres fois forment, en se réunissant, des faisceaux secondaires plus volumineux , des cloisons et des lames de diverses espèces. Entre les lames de la membrane adipeuse existent des espaces plus ou moins grands remplis de graisse; tandis que dans le fascia superficialis et dans le derme, les faisceaux ont des connexions très intimes, notamment ceux du derme, qui forment un tissu très dense, en quelque sorte stratifié. — La structure fibreuse des papilles n'est pas évidente partout; elles offrent souvent l'aspect d'un tissu plus homogène, limité par une membrane hyaline qu'il est impossible d'isoler complètement. Suivant Meissner, on peut ordinairement rendre très apparente leur structure fibreuse en les soumettant à l'action de la potasse caustique. Sur des papilles traitées de cette manière on reconnaît aussi que les fibres ne se recourbent pas en anses au sommet des papilles, et qu'elles se terminent, au contraire, par des extrémités libres, après avoir parcouru un tiers de la hauteur de la papille. Ces extrémités , d'après Meissner, peuvent aussi être vues sur des papilles fraîches, et se montrent tantôt sous Ja forme de petites dentelures sur le bord de ces éminences , tantôt sous celle de stries transversales très régulières, mais qui ne sont pas distinctes sur toutes les papilles. J'ai vu très nettement ces mêmes dentelures sur des papilles traitées par l'acide acétique; mais je les crois produites par un plissement de la couche extérieure homogène. Meissner veut que les fibres des papilles soient d'une nature spéciale ; quant à moi, jene vois aucun motif pour les séparer de celles du tissu conjonctif, puisque les papilles ont les mêmes caractères chimiques que le reste du derme, entre autres celui de se dissoudre par la coction en ne laissant que leurs cellules plasmatiques et leurs éléments élastiques.
Les bourses muqueuses sous-cutanées ne sont autre chose que de grands espaces aréolaires, simples ou cloisonnés incomplètement, du tissu cellulaire sous-cutané, du fascia superficialis (bourse de l'olécràne), ou compris entre les feuillets du fascia musculaire (bourse sus-rotulienne). Leurs parois, lisses intérieurement, mais couvertes de nombreuses inégalités, sont formées de tissu cellulaire ordinaire; les bourses muqueuses sont dépourvues d epithélium et renferment un peu de liquide visqueux et transparent.
Le tissu élastique se trouve en grande quantité dans presque toutes les parties du derme; généralement cependant il est moins abondant que le tissu conjonctif. Rarement il se montre sous la forme de véritables membranes élastiques qui rappellent les réseaux artériels les plus serrés, comme cela a lieu dans le fascia superficialis de l'abdomen et de la cuisse; plus souvent c'est sous la forme de réseaux lâches, à fibres fines ou grosses, comme dans le derme proprement dit. Les papilles (notamment celles de la plante du pied et de la paume de la main) et le pannicule graisseux ne possèdent que des fibres élastiques fines et des cellules plasmatiques isolées ou anastomosées , souvent en assez grande abondance , mais qui peuvent aussi manquer complètement dans ce dernier tissu.