‹ Éléments d'histologie humaine [electronic resource]Chapitre 50 sur 247 · STRUCTURE DU DERME · texte numérisé non relu

STRUCTURE DU DERME

Les muscles lisses, d'après mes recherches , se rencontrent dans la peau bien plus souvent qu'on ne l'avait admis jusqu'à ce jour, à savoir :

1. Dans le tissu cellulaire, sous -cutané du scrotum , qui leur doit les noms de tunique charnue, dartos ; dans celui du pénis, y compris le prépuce, et de la partie antérieure du périnée. Leurs faisceaux jaunâtres, mesurant jusqu'à 0n"",750 et même lnim,125, faisceaux dont les éléments ont été décrits dans le paragraphe 31, se trouvent en partie dans le voisinage des vaisseaux et des nerfs , en partie isolés dans le tissu conjonctif, et s'anastomosent entre eux pour former des réseaux ; leur plus grand nombre marche parallèlement au raphé du scrotum et dans le sens de l'axe longitudinal du pénis; quelquesuns cependant affectent aussi une direction transversale : ces derniers sont quelquefois assez volumineux, surtout dans le pénis. D'après Treitz (Prag. Viertel]., 1853, t. I, p. 113), on trouve, mêlés à ces faisceaux, beaucoup de tendons élastiques, par lesquels les muscles s'insèrent à la face antérieure des pubis et du ligament suspenseur, au fascia superficialis et au fascia lata.

2. Dans Y aréole du mamelon, dont les muscles lisses sont développés surtout chez la femme, ils constituent une couche mince, circulaire , devenant de plus en plus épaisse vers la base du mamelon, et qu'on peut généralement distinguer déjà à l'œil nu à la largeur de leurs faisceaux , qui va jusqu'à 0,mm,75, et à leur coloration jaune rougeâtre, demi-transparente. Dans le mamelon lui-même, les fibres musculaires sont en partie circulaires, en partie verticales , et forment un réseau serré à travers les mailles duquel passent les conduits excréteurs de la glande mammaire.

3. Enfin, on trouve encore des muscles lisses dans les portions supérieures du derme, à tous les endroits où existent ^ »

des poils (fig. US). Ces muscles forment J^^T\\ ^~ T^T\f~=s~f"&' des faisceaux arrondis ou aplatis, ayant \/f / \: \ -

0 ,045 - 0 ,225 et 0 \UQ de largeur, V V ^

et qui sont placés généralement auprès ' H \

des follicules pileux et des glandes séba- . ' } ]^

cées ; un faisceau, rarement deux, pour chacun de ces organes. Ils prennent naissance dans les couches supérieures du corion , immédiatement au-dessous de l'épiderme, et se dirigent obliquement de dehors en dedans vers les follicules pileux, en embrassant les glandes sébacées; ils s'insèrent aux follicules immédiatement au-dessous des glandes susdites , ou près de leur fond .

Dans ces derniers temps, Eylandt, Henle et Lister ont fait des publications sur les muscles lisses de la peau. Ces auteurs ont confirmé l'existence des muscles que j'ai découverts dans le voisinage des follicules pileux, et qu'Eylandt appelle redresseurs des poils. Ils les ont seulement trouvés plus minces dans certaines régions (Eylandt leur donne 0mm,045 ; — Henle, 0mm,09 ; — Lister, 0mn\135 dans le cuir chevelu ; dans la région pubienne, ce dernier les a vus de 0mm,27 d'épaisseur). Eylandt n'a jamais trouvé qu'un faisceau unique s'avançant vers chaque follicule pileux ; c'est ce

Fig. 48.- Coupe du cuir chevelu montrant deux follicules pileux, a, épidémie; b, derme ; c, muscles des follicules pileux.

qu a remarqué aussi Lister sur le cuir chevelu, où il a fait en outre cette intéressante observation, que les muscles se rendent toujours à un même côté, le côté inférieur, des follicules pileux placés obliquement , de sorte qu'ils peuvent non-seulement tirer les cheveux au dehors, mais encore les redresser. Henle et Lister admettent que les muscles se divisent, vers leur extrémité supérieure, en petits faisceaux de 0mm,005. et qui peuvent être suivis jusque sous l'épiderme, dans l'épaisseur des papilles. Lister a trouvé aussi ça et là. à cette même extrémité, des tendons plus ou moins longs, qui renfermaient quelquefois beaucoup de tissu élastique. Dans le scrotum, dans la peau du pénis, du périnée, de l'aréole de la mamelle, dans le mamelon, Eylandt n'a pas pu découvrir de muscles lisses ; il croit donc que j'avais pris pour des muscles les anneaux musculaires des vaisseaux sanguins, supposition queje ne me permettrais pas de faire à l'égard d'un commençant. Henle a vu les muscles lisses dans tous ces points ; Lister les a trouvés au moins dans l'aréole et dans lescrotum; Mercier ; loe. d£.)dans l'aréole, ce qui effectivement est très facile. Henle, au contraire, me paraît aller trop loin, quand il admet aussi des faisceaux musculaires lisses même dans les régions de la peau privées de poils , près des glandes sudoripares et des rameaux vasculaires (en dehors de ces organes). Je crois que, dans ces cas, il s'est laissé nduire en erreur par de petits ramuscules nerveux qui, comme il l'indique lui-même, peuvent être confondus facilement avec des muscles sur les préparations cuites dont il s'est servi dans ses recherches. Cette opinion est aussi celle de Lister, qui n'a pas réussi davantage à trouver des muscles dans la face palmaire de la main , dans la plante du pied, autour des glandes sudoripares et des vaisseaux.

§ 39. Cellules adipeuses. — Le siège principal de ces cellules est La membrane adipeuse. Les cellules adipeuses n'y sont pas réunies en grandes masses; elles forment des pelotons plus ou moins grands qui remplissent les espaces aréolaires diversement conformés du tissu conjonctif (fig. &5, f)\ Chacun de ces pelotons jaunes, nettement limités à l'œil nu. lobules graisseux (ou petites grappes graisseuses), est pourvu d'une enveloppe spéciale que lui

fournit le tissu conjonctif. et dans laquelle se distribuent les vaisseaux sanguins destinés à la nutrition des cellules adipeuses; tous consistent , soit en simples agrégations de cellules, soit en lobules de plus en plus petits, dont chacun à son tour est entouré d'une membrane délicate de tissu conjonctif. Le nombre de ces lobules secondaires varie suivant le volume du peloton graisseux. Suivant Todd el Bowman, chaque cellule en particulier aurait aussi son revêtement spécial pourvu de vaisseaux; ce fait peut être vrai dans quelques cas, mais bien certainement il n'est pas général. Dans le derme, les cellules adipeuses occupent de préférence les couches profondes et le voisinage des follicules pileux et des glandes; elles manquent complètement dans

Fig. 49.

Fig. 49.— Cellules adipeuses normales de la mamelle, g. (irossies 3j0 fois, a, sans réactifs; b, traitées par l'éther, qui a enlevé la graisse et laisse seulemeut l'enveloppe mince et plissée.

Fig. 50. — Deu\cellules adipeuses tirées de la moelle du fémur de ('homme, a. noyau ; b, membrane de cellule; c, goutte de graisse. Grossissement de 350 diamètres.

VAISSEAUX DE LA PEAU. i09

le corps papilläre, Chez les individus qui ont un tant soit peu d'embonpoint, les cellules adipeuses sont toujours (flg. 49) des vésicules rondes ou ovales de 0mm,022 à 0ram,135 de longueur, à bords foncés ; elles sont pleines d'une graisse liquide, jaune pâle, et réunie en une seule goutte, avec un noyau pariétal difficile à rendre visible (fig. 50). Chez les individus amaigris, au contraire, on ne trouve presque pas de cellules de cette espèce ; on n'y voit que des formes de cellules qui s'éloignent plus ou moins des précédentes; ce sont :

1. Des cellules granulées, avec une foule de gouttelettes graisseuses: cette forme se trouve dans des lobules adipeux d'un blanc jaunâtre.

2. Des cellules adipeuses contenant du sérum , qu'on rencontre dans des lobules d'un jaune ou d'un brun rougeàtres : la graisse de ces cellules a disparu plus ou moins complètement et se montre sous la forme d'un / globule unique de couleur foncée ; elles contiennent en outre un liquide transparent et un noyau distinct ; leurs dimensions sont notablement plus petites que ficelles des cellules normales.

3. Des cellules sans graisse, qui ne contiennent que du sérum. Elles ont un noyau distinct et une membrane

plus ou moins mince , et se voient dans certaines espèces de graisses de nature gélatineuse, ainsi que dans la graisse œdémateuse.

h. Enfin, des cellules adipeuses contenant des cristaux, qui tantôt renferment, à côté d'une goutte huileuse, une à quatre étoiles de graisse cristallisée en aiguilles (cristaux de margarine) , et tantôt sont remplies entièrement d'aiguilles cristallines. Les premières se rencontrent au milieu des cellules normales; les dernières ne se voient que dans la graisse blanche. D'après le docteur Roscher, de Norwége, il serait possible de produire artificiellement de ces cristaux dans toutes ou presque toutes les cellules adipeuses , en les soumettant à la dessiccation ; il est assez vraisemblable que ceux que l'on trouve sur le cadavre ne se sont formés qu'après la mort. Robin et Yerdeil ont vu se former des cristaux de margarine dans les yeux du lait chaud qui se refroidissait (Chim. anat., tab. XLV, fig. 1, K, L).

§ U0. Vaisseaux de la peau. — En traversant le tissu cellulaire souscutané, les artères qui se rendent à la peau donnent des ramuscules nombreux aux follicules pileux (voy. plus bas), aux lobules de graisse, aux muscles lisses , ramuscules qui forment des réseaux capillaires très fins, à mailles ordinairement très grandes , rarement étroites , si ce n'est dans les lobules graisseux (fig. 52). Un peu plus loin, elles fournissent aux glandes sudoripares et sébacées (voy. ci-dessous), donnent quelques rares expansions

Fig. 51. — Cellules graisseuses avec cristaux de margarine. Grossies 330 fois, a, cellule qui contient une étoile formée d'aiguilles cristallisées , comme on en trouve quelquefois dans la graisse normale; b, cellule remplie entièrement de cristaux, prise dans les lobules graisseux blancs d'un individu émacié.

terminales aux parties profondes du derme {pars reticularis) , et pénètrent enfin jusque dans la partie la plus externe de la couche papillaire, et dans les papilles elles-mêmes, pour s'y résoudre en un réseau capillaire dense , à mailles serrées. Partout où il y a des papilles, ce réseau se compose de deux parties distinctes : 1" d'un plexus horizontal , étendu immédiatement audessous de la face interne de l'épiderme : ce plexus se compose de mailles larges , formées de vaisseaux qui ont 0mm,022 à 0mn,,011 , et de mailles

étroites , dont les capillaires n'ont que 0mm,00G à 0,n"\011; 2° d'une ïoule d'anses vasculaires dirigées vers l'extérieur, et qui donnent des rameaux aux papilles. Ces anses se composent de vaisseaux plus ou moins volumineux (ils ont 0mm,006 à 0mm,009 dans la plupart des régions ; 0mm,009 à 0m,1\022 et plus à a plante des pieds et à la paume de a main , d'après Meissner). A part certaines exceptions (voy. § M), les papilles vasculaires seules possèdent de ces anses de vaisseaux capillaires (fig. 53), les papilles simples une anse unique , les papilles ramifiées des anses multiples. Placées soit au voisinage de l'axe , soit plus près de la superficie, les anses s'élèvent jusqu'au sommet des papilles , en formant , ainsi que leurs branches , des ondulations

Fig.

tantôt légères , tantôt très fortes, ou en s'enroulant en spirale.

Les gros troncs lymphatiques sont faciles à reconnaître et très nombreux dans le tissu cellulaire sous-cutané; divers anatomistes, Haase, Lauth, Föhmann et autres, ont démontré l'existence de vaisseaux lymphatiques dans le derme et les ont injectés de mercure. Tous s'accordent à dire que ces lymphatiques forment, dans les parties les plus superficielles du derme, un réseau extrêmement serré de vaisseaux très fins , qui , d'après Krause

Fig. 52. — Vaisseaux des cellules graisseuses. A, vaisseaux d'un petit lobule dégraisse, grossis 100 fois, a, artère ; &, veirje.B, trois cellules adipeuses avec leurs capillaires, à un grossissement plus fort, d'après Todd et Bowman.

Fig. 53. — Vaisseaux des papilles d'une crête dermique entière et de deux demi-crêtes , d'après Berres.

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