NERFS DE LA PEAU
(/oc. «V. , p. 411)', n'ont que ()mm,15 à 0mm,l0. Ce réseau, dont les mailles deviennent de plus en plus larges, et les vaisseaux de plus en plus volumineux, à mesure qu'on l'examine à une plus grande profondeur, aboutit à des rameaux isolés qui s'ouvrent dans les troncs du tissu cellulaire souscutané ; mais on en est encore toujours à se demander si ce sont là les véritables origines des lymphatiques de la peau.
§ ûl. Nerfs de la peau. — Étudiée dans ses couches voisines de l'épidémie, la peau est un des organes du corps humain les plus riches en nerfs, surtout celle de certaines régions; d'un autre côté, vue dans ses couches profondes, elle est remarquable par sa pauvreté nerveuse. Dans le pannicule adipeux et dans le fascia superficialis, on ne connaît jusqu'ici d'autres nerfs que ceux qui traversent ces parties, en s'y ramifiant, pour se rendre dans le derme, ou pour se distribuer aux cheveux, aux glandes, aux muscles lisses et aux corpuscules de Pacini ; nous aurons à revenir plus loin sur ces nerfs. Quant au derme lui-même, les branches nerveuses pénètrent dans les espaces aréolaires de sa face profonde, s'y ramifient de plus en plus, niais sans fournir d'expansions terminales, et gagnent le voisinage de sa partie papillaire; là, elles s'anastomosent fréquemment entre elles, immédiatement au-dessous des papilles, et forment de riches plexus terminaux, dans lesquels on peut distinguer parfaitement des portions profondes et des portions superficielles : les premières, à mailles très larges composées de rameaux ténus, mais renfermant encore plusieurs fibres nerveuses primitives ; les dernières , à mailles beaucoup plus étroites , formées de fibres simples ou de fibres groupées par deux. Ce A dernier plexus , appelé aussi plexus terminal, présente, chez l'homme et chez les animaux (on ne sait pas encore si c'est chez tous), de véri- \ tables divisions des fibres nerveuses primitives ; le plus souvent les fibres se bifurquent en deux branches qui s'écartent à angle aigu; du plexus $ lui-même, enfin, partent, en certains I endroits (spécialement à la paume J| de la main, à la plante des pieds et au bord des lèvres), des fibres nerveuses, d'une à quatre, ordinairement deux, qui s'enfoncent dans la base de certaines papilles, et s'élèvent jusqu'au sommet de ces éminences pour y former des anses ou se terminer par des extrémités libres.
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Fig. 54.
Fig. M. - Deux papilles de la pulpe des doigts, dépouillées de leur épithélium, munies de corpuscules de Meissner a, et de nerfs b.
A, papille simple, avec quatre tubes nerveux et deux anses terminales c.
B, papille composée présentant deux sommets vasculaires avec des anses capillaires cl, et une pointe avec une anse nerveuse terminale e.
Les éléments des nerfs de la peau ne présentent aucune particularité remarquable. Le diamètre des rameaux nerveux du tissu cellulaire souscutané comporte encore quelquefois jusqu'à O-^Oii et 0mn\013; il en est de même des nerfs des couches inférieures du derme. Mais vers la superficie, ils deviennent de plus en plus fins : dans les plexus terminaux, je les trouve oscillant entre O'nm,006 et 0mm,002 , suivant les diverses régions ; dans les papilles enfin, ils ont de 0mn\0(M8 à 0mm,00a. Les fibres lesfplus fines de la main et du pied varient entre 0""",ü025 et 0ran\00à7 ; tandis que celles du gland, du pénis, des lèvres et du nez, ont un diamètre de 0»»l\0018 à 0mm,0027 seulement.
Dans res derniers temps, R. Wagner a fait des publications importantes sur la manière dont les nerfs se comportent dans la peau. Suivant lui, ces nerfs auraient été envisagés jusqu'ici dune manière tout à fait inexacte. Les recherches de Meissner et celles qu'il a faites lui-même sur la peau de la paume de la main l'ont conduit à distinguer les papilles en papilles nerveuses et en papilles vasculaires. Les premières contiennent dans leur partie centrale un corpuscule ovale particulier, qui serait formé de couches juxtaposées, sacciformes ou lamelleuses, et qui aurait l'apparence d'un cône de sapin ; Wagner considère ce corpuscule comme un nouvel appareil sensorial physique , et lui donne le nom de corpuscule du tact [corpusculum tacius). Les nerfs, représentés par un à trois tubes à bords foncés, arriveraient à ce corpuscule par sa partie inférieure, quelquefois par sa partie latérale, et s'y termineraient par une extrémité libre, peut-être après s'être divisés en ramuscules ténus. Plus tard, Wagner, dans des communications ultérieures , et surtout Meissner, modifièrent un peu ces idées , et leur donnèrent plus d'extension ; ce dernier auteur peut être considéré comme le véritable inventeur des corpuscules en question. Les vues qui sont exposées dans leurs écrits motivèrent une série" d'autres travaux de moi, de Gerlach, de Nuhn, d'Ecker et autres, travaux qui aboutirent à des résultats quelquefois concordants, d'autres fois tellement contradictoires , que la confiance qu'inspiraient les travaux microscopiques , en reçut une véritable atteinte. J'ai fait récemment de nouvelles recherches sur la terminaison des nerfs dans la peau, et je suis arrivé à des résultats qui , en plusieurs points, ont élargi mes propositions précédentes, mais qui ne les ont nullement renversées.
Les papilles, abstraction faite des vaisseaux et des nerfs, sont formées principalement : 1° par un tissu tantôt homogène, tantôt nettement fibrillaire, qui se convertit en gélatine , et que rien n'autorise à séparer du tissu conjonctif ; 2° par des fibres élastiques fines à diverses périodes de développement ( cellules plasmatiques [corpuscules de tissu conjonctif, Yirchow] , réseaux de cellules, fibres élastiques et réseaux fibreux). Ces éléments sont distribués de telle sorte qu'on peut distinguer nettement dans la plupart des papilles une couche corticale et un cordon central. Dans la première, les éléments fibreux marchent dans le sens longitudinal, et le tissu conjonctif est souvent nettement fibrillaire ; il faut faire abstraction toutefois de la couche la plus superficielle, qui forme sur la papille comme un bord transparent et homogène, mais non isoîable. La substance du cordon central, au contraire, est plus homogène, plus transparente, et séparée, en certains endroits, de la couche externe par des éléments élastiques dirigés transversalement. Dans les cas où ces derniers sont de véritables fibres élastiques, et ne forment pas une couche trop dense, personne ne sera tenté de les représenter comme quelque chose de] spécial j amais l'aspect des choses change, lorsqu'ils sont groupés étroitement, sous une forme moins développée, comme dans les prétendus corpuscules du tact, ou, comme je les appellerai en l'honneur de celui qui le premier les a décrits exactement, dans les corpuscules de Meissner. En effet, ces corpuscules ne sont autre chose que celte partie centrale, transparente, marquée de noyaux et de fibres de noyaux transversaux que j'avais déjà vue, et qui,