NERFS
seules qui possèdent des nerfs à contours foncés , et qu'en dehors de ces deux régions, auxquelles je joindrai les lèvres, il n'existe point de papilles nerveuses J'avais fait entrevoir précédemment la possibilité que les papilles dans lesquelles on ne voyait pas de nerfs à contours foncés, renfermassent des tubes nerveux sans moelle; je n'insisterai pas davantage sur cette hypothèse, attendu que je ne connais aucun fait qui parle en faveur de l'existence de semblables fibres. Pour ce qui est des vaisseaux, il n'est pas exact de les refuser complètement aux papilles nerveuses; c'est un fait observé aussi par Gerlach et que Meissner ne nie plus aujourd'hui. Dans les papilles composées , souvent les éminences pourvues de corpuscules de Meissner et de nerfs ne renferment point de vaisseaux , mais quelquefois elles contiennent aussi une anse capillaire, circonstance qui est bien plus fréquente dans les papilles nerveuses simples. Dans la lèvre , la plupart des papilles nerveuses , pour ne pas dire toutes , reçoivent des vaisseaux , qu'elles contiennent ou non des corpuscules de Meissner.
La manière dont les nerfs à contours foncés se comportent dans l'épaisseur des papilles de la main , peut être étudiée assez facilement à l'aide de l'acide acétique. Chaque éminence papillaire, ou chaque papille munie d'un corpuscule de Meissner, contient en général deux tubes à contours foncés, quelquefois quatre, comme cela se voit assez souvent sur la pulpe des doigts, quelquefois aussi un seul, ou bien cinq ou six. Ces tubes sont entourés d'un névrilème ; si récemment Meissner ne l'a pas vu, c'est parce qu'il s'est servi de potasse pour rendre ses préparations plus transparentes. Jls ont la forme de petits ramuscules larges de 0mm,0 I 4 à 0,nm,027, qui cheminent en serpentant au voisinage de l'axe de la papille et s élèvent ainsi jusqu'à l'extrémité inférieure du corpuscule de Meissner. Là on les perd de vue le plus souvent, de sorte que l'on peut être conduit à croire, comme il est arrivé à Wagner, qu'ils pénètrent et se terminent dans l intérieurdu corpuscule auquel ils formeraient une espèce de pédicule. Mais quand on examine un grand nombre de préparations fraîches , traitées par l'acide acétique , on acquiert la conviction certaine que ce n'est là qu'une illusion, et que les tubes nerveux marchent toujours à la face externe des corpuscules de Meissner jusqu'au sommet des papilles ou jusqu'au voisinage de ce sommet. Dans ce trajet les tubes peuvent rester réunis ou cheminer isolément; dans les deux cas leur névrilème flevient extrêmement mince , et semble enfin se perdre complètement. Les tubes s'élèvent tantôt en ligne directe , tantôt en formant des circonvolutions à la surface du corpuscule ( fig. 54 , A ) , pu en l'entourant d'un ou de plusieurs tours de spirale, comme il arrive très fréquemment (fig. 54, B, fig. 35 ). Quant à la terminaison réelle des nerfs, des recherches nouvelles et réitérées ne me permettent d'affirmer que les faits suivants : dans l'im-
Fig. 55. — A, papille de la main, vue de front, a, couche corticale avec cellules plasmatiques et fibres élastiques fines ; b, corpuscules de Meissner, avec noyaux transversaux ; c, petit rameau nerveux qui s'y rend, avec son névrilème contenant des noyaux; d, fibres nerveuses qui enlacent le corpuscule; e, extrémité apparente de ces fibres.
B, papille vue d'en haut, de manière à montrer son milieu comme sur une coupe transversale, a, couche corticale de la papille avec cellules plasmatiques ; b, fibre nerveuse; c, enveloppe renfermant des noyaux; d, corpuscule de Meissner; e, contenu finement granulé de ce dernier. Chez l'homme. Grossissement de 330 diamètres. La préparation avait été traitée par l'acide nitrique.
mense majorité des cas les fibres nerveuses se dérobent à la vue vers le milieu de la hauteur des corpuscules de Meissner ou près de leur sommet ; en d'autres termes, elles deviennent subitement plus pâles et semblent comme interrompues ou terminées par une extrémité libre. Jl m'est impossible, néanmoins, de rétracter ce que j'ai écrit au sujet des anses (fig. 54), car je crois les avoir vues avec une certitude parfaite. Je suis loin de prétendre que la terminaison en anses soit très fréquente ; je ne veux pas dire non plus que tous les cas dans lesquels les tubes nerveux semblent se terminer par des extrémités libres doivent être rapportés à ce dernier mode de terminaison ; d'autant moins que j'ai peut-être le premier démontré l'existence d'un certain nombre d'extrémités libres dans les nerfs de la peau (voy. Système nekveux). D'ailleurs il serait difficile de concevoir une terminaison autre que celle par une extrémité libre, dans les papilles qui ne reçoivent qu'une seule fibre nerveuse. Il serait donc possible , à mon avis, que les anses que l'on a vues, ne fussent pas des anses terminales, et que les fibres dont elles se composent, allassent se terminer par une extrémité libre dans des papilles voisines ou sur un autre point de la peau. Mais je ne puis non plus rejeter complètement les anses, attendu que personne jusqu'ici n'a démontré l'impossibilité de ce mode de terminaison , et que des conclusions par voie d'analogie n'ont jamais de valeur contre des faits d'observation. — - Je regrette de ne pouvoir donner mon assentiment à la manière dont Meissner représente le trajet des nerfs dans les corpuscules du tact. Méconnaissant l'existence des noyaux transversaux dont il a été question plus haut , cet anatomiste a été porté à attribuer à des nerfs toutes les stries transversales des corpuscules, opinion qui est complètement fausse. L'assertion de Meissner est cependant basée sur un fait véritable, c'est que les fibres nerveuses forment souvent un lacis très riche autour des corpuscules ; mais on aurait tort de donner la moindre créance à son opinion sur la terminaison définitive des nerfs, qui , suivant lui, se diviseraient en une touffe de branches à simple contour, lesquelles s'étaleraient ensuite, en partie, dans. l'intérieur des corpuscules, le plus grand nombre à leur surface ; car Meissner a pris les noyaux transversaux pour des branches nerveuses terminales. Partout où j'ai pu suivre exactement les nerfs , je ne les ai jamais trouvés dans l'intérieur des corpuscules, sans vouloir toutefois nier le fait d'une manière absolue ; toujours j'ai vu les nerfs à la face externe de ces derniers, ou tout au plus entre leurs éléments transversaux. Comme ces nerfs étranglent quelquefois très fortement le corpuscule, il en résulte facilement une apparence qui ferait croire qu'ils sont contenus dans son intérieur; la même chose peut arriver lorsqu'on voit par transparence les nerfs de l'autre côté du corpuscule: mais ce sont là toujours de simples apparences ; assez souvent aussi j'ai vu les nerfs s'élever en ligne droite le long des corpuscules. Ma ferme conviction est donc qu'en général les nerfs ne pénètrent pas dans l'intérieur des corpuscules et que, dans tous les cas, ces derniers ne sont pas formés exclusivement de substance nerveuse, comme l'a prétendu encore tout récemment R. Wagner.
J'ai trouvé, dans la conjonctive oculaire (Mikr. Anat., II, 1, S. 31, fig. 13, A), et dans les papilles des lèvres (Zeüschr. f. toiss. Zool., IV, tab. n, fig. 10) de véritables pelotons nerveux analogues à ceux qu'a décrits Gerber.
g U2. Développement du derme. — L'idée la plus générale que nous puissions nous faire du développement du derme chez le fœtus, est la suivante : le derme consiste d'abord en cellules qu'il est facile de ramener aux premières cellules formatrices de l'embryon, non pas, il est vrai, chez l'homme, mais chez les animaux (chez la grenouille, par exemple ). De ces cellules, bon nombre se convertissent en tissu conjonctif ; à cet effet, elles deviennent msiformes , se confondent ensemble et se transforment en faisceaux de fibrilles ; selon toute apparence, cette métamorphose a lieu d'abord dans le fascia superficialis, dans le tissu cellulaire sous-cutané, puis
dans la portion réticulée du derme , et enfin dans la couche papillaire. D'autres cellules se changent en vaisseaux et en nerfs, changement qu'on peut suivre, en partie , même chez l'homme , mais surtout chez les batraciens (voy. mon mémoire dans Annales des sciences naturelles, 1846); le reste des cellules , enfin , se transforme en cellules adipeuses et en fibres élastiques par suite de l'allongement de leurs parois et de la formation de graisse dans lenr intérieur (voy. plus haut, § 26). La première ébauche des diverses parties du derme une fois formée, celles-ci se développent ultérieurement d'après un mode qui n'est pas encore parfaitement connu. Dans le derme, ce développement se fait évidemment de dedans en dehors , les papilles ne naissant qu'en dernier lieu ; il s'accomplit en partie par l'accroissement des éléments qui existaient déjà, en partie aux dépens de cellules de nouvelle formation ou dérivant des cellules formatrices primitives. La membrane adipeuse s'accroît également par grossissement de ces cellules primitives, et par développement ultérieur de cellules nouvelles, de tissu conjonctif et de vaisseaux. La peau continue à croître ainsi longtemps encore après la naissance ( chez les enfants au-dessous de sept ans, par exemple, le derme n'a, suivant Krause, que la moitié de l'épaisseur qu'il atteint chez l'adulte), jusqu'à ce qu'enfin, à une époque encore indéterminée, tout cesse complètement , d'abord la formation de cellules nouvelles et ensuite le grossissement des cellules , fibres et autres éléments déjà existants. D'après Harting, la croissance est particulièrement évidente dans les cellules adipeuses ; celles de l'adulte ont un volume deux fois plus grand que celles du nouveau né, dans la cavité orbitaire, et un volume triple dans la paume de la main; d'où il résulte que ces cellules grandissent beaucoup plus vite que les parties du corps auxquelles elles appartiennent.
Chez l'embryon de deux mois, la peau est épaisse de 0""", 01 3 à 0""", 022, et formée uniquement de cellules. Au troisième mois, elle comporte 0"'m, l3, et renferme déjà un tissu conjonctif assez distinct. Au quatrième mois naissent les premiers lobules de graisse et les petites crêtes qui supportent les papilles de la main et de la plante du pied. Au sixième mois, la peau mesure l"":i,35 à l""",G0, et se couvre de papilles. A partir du septième mois, le pannicule graisseux s*accroît d'une manière extraordinaire, de sorte qu'à l'époque de la naissance, son épaisseur est relativement plus grande que chez l'adulte.
§ 43. Consâdératioais pli y siologiques, — Si h ou s cherchions à établir une relation entre les divers laits anatomiques mentionnés plus haut, et les phénomènes de sensibilité que nous présente la peau , nous nous heurterions contre de grandes difficultés ; l'histologie de la peau, dans l'état actuel de la science, doit s'avouer incapable de démontrer l'existence de nerfs dans toutes les papilles et même dans la plupart d'entre elles, et pourtant l'expérience enseigne' que tous les points de la peau sont sensibles, bien qu'à des degrés différents. Comme déjà dans la paume de la main les papilles nerveuses sont extrêmement rares , et comme dans d'autres régions c'est à peine si l'on peut en démontrer l'existence, quand elles no manquent pas complètement, il ne reste plus que l'hypothèse que beaucoup
de papilles contiennent des tubes nerveux pâles qui n'ont pu être découverts jusqu'à présent, ou bien que c'est aux réseaux nerveux qui s'étendent à la base des papilles que la peau doit sa sensibilité, ,1e donnerai provisoirement la préférence à la dernière explication, bien que, sur beaucoup de points, ces réseaux soient eux-mêmes tellement lâches qu'il semble presque impossible d'expliquer par leur présence ce fait que le moindre attouchement de l'épiderme donne naissance à une sensation.
Si nous ne sommes pas en état de dire exactement comment il se tait que tous les points de la peau soient sensibles, il nous paraît encore plus hasardeux d'aborder l'explication des diverses manières dont se produisent les sensations. Voici, au surplus, ce qu'on peut dire de certain à cet égard :
L'excitation des extrémités nerveuses contenues dans les parties superficielles du derme et dans les papilles peut être directe ou indirecte ; quand elle est directe, comme, par exemple, celle qui est produite après la dénudation du derme , ou par des instruments ou des liquides pénétrants , cette excitation est beaucoup plus intense que lorsqu'elle a lieu à travers l'épiderme; car ce dernier est destiné à protéger, en quelque sorte , Je derme contre des atteintes trop vives, dont il amortit plus ou moins les effets, suivant son degré de développement. Or, on peut expliquer, jusqu'à un certain point, par l'anatomie pourquoi la finesse, la délicatesse de la sensibilité'' n'est pas partout la même ; pourquoi elle est moindre sur la partie chevelue de la tète , sur le dos , aux deux segments supérieurs des membres , qu'au visage, aux parties génitales, à la main et au pied , sur la poitrine et sur l'abdomen. En premier lieu, dans les régions où la sensibilité est le plus développée, l'épiderme tout entier est très mince, comme aux paupières, au visage , ou du moins la couche cornée est très délicate , comme au pénis, au clitoris ; tandis que le dos et les extrémités sont recouvertes, en général, d'un épiderme notablement plus épais. Mais cette relation ne saurait suffire à elle seule pour expliquer tous les faits, puisque des parties dont l'épiderme est très épais, comme la paume de la main et la plante des pieds, jouissent néanmoins d'une sensibilité plus vive et plus fine que d'autres qui ont un revêtement épiclermique plus mince, telles que le dos de la main et du pied. Évidemment une autre circonstance doit être invoquée ici ; elle me paraît être Yinégalité de la distribution nerveuse dans les diverses parties de la peau. Déjà la simple inspection apprend que les nerfs sont bien plus abondants dans la paume de la main et dans la plante des pieds que sur la lace dorsale de ces organes ; au gland du pénis et du clitoris, au mamelon, au visage , que sur l'abdomen, sur le dos , sur la cuisse , etc. ; c'est là un fait que tendent aussi à confirmer les mesures que j'ai prises sur les racines sensitives des nerfs de la moelle épinière. (Voy. dans Mikr. Anat., p. 433.) Or, il existe un rapport constant entre le nombre des nerfs qui se distribuent dans une région déterminée de la peau et celui des tubes nerveux à contours opaques qui existent dans les papilles et dans le plexus nerveux superficiel ; car nulle part ce dernier nombre n'est plus considérable que dans la pulpe des doigts, aux lèvres, à la pointe de la langue et dans le
gland. Ces propositions semblent, il est vrai, être en contradiction avec un fait démontré par E.-H. Weher, à savoir, que la faculté de distinguer la température et le poids des objets est distribuée d'une manière uniforme dans presque toutes les parties de l'organisme; aussi Weber admet-il, en effet, que la richesse nerveuse de la peau est à peu près la même partout ; mais tout anatomiste qui aura examiné au microscope un certain nombre de régions de la peau , sera pleinement convaincu de l'inexactitude de cette dernière opinion. Le fait découvert par Weber prouverait doue tout au plus qu'un petit nombre de fibres nerveuses primitives est déjà suffisant pour expliquer la netteté de la faculté sensitive. Quant au pouvoir que possède la peau de faire connaître le point précis oh s'est produite V impression, il est du devoir de l'anatomie d'expliquer : 1° pourquoi nous ne distinguons pas également bien, ni avec la même précision dans toutes les régions du corps, le point exact où se produit une irritation unique ; 2° pourquoi deux irritations appliquées en même temps sont traduites par une sensation unique dans certaines circonstances , par une sensation double dans d'autres (expériences de Weber). A mon avis , les faits découverts par Weber ne peuvent s'expliquer par le mode de distribution des nerfs à la périphérie ; ils tiennent très vraisemblablement aux rapports qui unissent les nerfs avec les centres nerveux. Ce qui me paraît le plus simple, c'est d'admettre que chaque extrémité nerveuse périphérique est susceptible de déterminer une sensation, lorsqu'elle vient à être irritée ; mais que, vu le petit nombre de fibres nerveuses qui, dans le cerveau, unissent les nerfs au siège de la perception , lorsque plusieurs extrémités nerveuses voisines, ou même quelquefois éloignées, sont impressionnées en même temps, il n'en résulte qu'une seule sensation dont nous ayons conscience. 11 faudrait donc que les nerfs des régions qui jouissent d'une sensibilité très vive, fussent reliés au sensorium commune par des fibres intermédiaires en nombre plus grand que ceux d'une région douée d'une sensibilité moindre ; il faudrait aussi qu'il fût établi qu'aux extrémités de ces fibres intermédiaires il existe des anastomoses des nerfs entre eux.
En admettant cette théorie , on expliquerait en même temps le premier fait mentionné plus haut : sans doute, une irritation locale est perçue localement; mais suivant que la liaison entre les nerfs irrités est établie dans la moelle et le cerveau par plus ou moins de fibres conductrices, le point impressionné pourra être déterminé plus ou moins exactement. L'erreur, dans certains cas, ne sera que de 1 ou 2 millimètres, tandis que dans d'autres elle pourra être de 27 à UO millimètres et plus.
Dans son dernier mémoire sur le sens du tact, mémoire excessivement remarquable , E.-H. Weber cherche à démontrer que ce ne sont que les terminaisons ultimes des nerfs dans la peau , et non les fibres des troncs nerveux, qui déterminent les sensations de pression, de chaleur et de froid ; il y exprime aussi l'idée qu'il y a peut-être, dans la peau , des organes tactiles microscopiques , qui auraient échappé jusqu'ici à l'observation. Ces organes soupçonnés par Weber, Wagner croit les avoir trouvés dans ses
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corpuscules du tact ; dätis son opinion , ces corpuscules seraient formés de cavités superposées les nues aux autres et renfermant une 1res petite quantité de liquide; ils constitueraient ainsi des espèces de coussins élastiques ou de vessies remplies d'eau, parfaitemenl disposées pour recevoir, par leur boni tourne vers l'épiderme , les impressions venues du dehors, et pour les Ir.insim lire aux ëxtrémités des nerfs en contact avec elles ou contenus dans leur intérieur. A mon avis, il serait difficile de ne pas convenir avec Weher que les extrémités nerveuses de la peau jouissent d'une sensibilité beaucoup plus exquise que les autres portions des nerfs ; mais je ne vois point de motif qui force d'ftdnlettre à priori des Organes particuliers pour expliquer celle sensibilité ; n 'arriverai t-on pas à une explication tOUtà fait satisfaisante, en ne tenant compté que des circonstances signalées plus haut, c'est-à-dire du tr&jet plus isolé des tubes nerveux dans les papilles et dans les plexus terminaux, de leur finesse, de leur position, èuperfiçielle et de la ténuité ou de l'absence du névrilème ?
Ouoi qu'il en soit, il est facile de faire voir que les corpuscules de Meissner ne sont pas des organes du tact tels <pie les entendait Weber; sans parler de l'inexactitude des propositions de Wagner touchant la structure de ces corpuscules, nous pensons que t dût es les fondions de la peau peuvent sellée tuer en l'absence de ces organes. Les sensations de chaleur et de froid, celles de la volupté, du ckûtoittUêmtnt ~, celles de pression, de piqûre, de brûlure, de douleur, oui leur siège, les unes dans toutes les régions de la peau , les autres dans des légions où ces corpuscules manquent précisément; ce qui montre suffisamment (pie ers organes n'ont pas le moins du monde l'impôt* innée que leur attribuait Wagner. Ce n'est pas à dire pour cela que leur existence soit tout à fait inutile dans les régions où la sensibilité à la pression est le plus exquise, dans celles que nous employons de préférence comme organes du tact, c'est-à-dire ta pulpe des doigts, la pointe de la langue, le bord des lèvres; aussi les regardé -je plutôt connue des organes destinés, en raison du tissu compact qui les compose , à prêter une certaine fermeté au sommet des papilles, et à fournir aux extrémités nerveuses un point d'appui solide qui permette de sentir à ce niveau des pressions incapables, partout ailleurs, de comprimer les nerfs. Ce seraient donc des organes analogues aux os des phalanges et aux ongles, des organes dont l'existence ne serait point d'une nécessité absolue pour la perception des sensations de pression, ni pour la palpation, et dont le seul usage serait de doter ces fonctions d'une finesse plus grande. Si l'on veut appeler corpüscül es du tact des organes ainsi compris, je ne m'y oppose pas ; niais, à ce compte , on donnerait avec tout autant de raison le nom de corps du tact aux phalanges, aux ongles, aux poils tactiles des animaux, etc.
La contractait é de la peau se manifeste dans le froncement du scrotum el de la peau du pénis, dans l'érection du mamelon et dans ce qu'on appelle fa chair depoule, phénomènes qui tous reposent sur l'existence des muscles cutanés que nous avons décrits plus haut. Déjà Froricp, puis l>ro\v,u- Sequard et moi nous avions vu ces muscles se contracter sous l'influence
de L'électricité , agent qui, même sur le vivant, pont produire la chair de poule, l'érection du mamelon, et qui, chez les suppliciés, détermine le froncement du scrotum. Dans l'érection du mamelon qui succède à une légère irritation mécanique, toute l'aréole diminue d'étendue, par suite de la contraction de ses fibres circulaires; cette contraction expulse en quelque sorte le mamelon , dont les fibres musculaires paraissent relâchées pendant ce temps; sous l'influence du froid, le mamelon et l'aréole se rapetissent et durcissent a la fois. La chair (Je poule consiste en une contraction toute locale des parties de la peau situées autour des follicules pileux, contraction qui a pour effet de faire proéminer, sous forme de cônes, les ouvertures des follicules ; ce phénomène s'explique très simplement à l'aide des muscles que j'ai découverts , et qui, de la partie supérieure du derme, se rendent obliquement à ces follicules ; en se contractant, ils attirent les follicules au dehors en même temps qu'ils dépriment les points du derme où ils s'insèrent. Quant a l'hypothèse d'un tissu conjonctif contractile , ainsi que je l'ai déjà dit [Mittheil, der Zürcher naturf. Ges., 1 8^.7), je suis obligé de la rejeter d'une manière absolue, dans la peau aussi bien qu'ailleurs, puisque l'observation microscopique démontre qu'il existe , dans cette membrane , des muscles lisses dont la contraction, à la suite d'irritations galvaniques, suffit pour expliquer tous les phénomènes de contractilité que présente la peau.
11. Weber trouve dans la distribution périphérique spéciale des nerfs de la peau l'explication des différences qu'on observe dans la faculté tactile aux diverses régions ; il établit ce qu'il appelle des zones de sensibilité, dont chacune recevrait les expansions d'une seule fibre nerveuse. Dans des publications ultérieures, Weber admet [liericlite der Sachs Akad., 1802, pag. 85] que : I " lorsque plusieurs impressions atteignent une même zone de sensibilité, en d'autres mots, des ramifications de libres nerveuses qui dérivent d'une même fibre primitive, elles ne produisent jamais plusieurs sensations, et 2° la sensation est encore unique, quand deux zones de sensibilité qui se touchent sont impressionnées à 'la fois; elle n'est double que dans le cas où, entre les deux zones, s'en trouvent un certain nombre qui n'ont subi aucune impression. Cette nouvelle manière d'exposer les faits diffère notablement de la première ; elle détruit en partie les objections que Lotze et moi nous avons opposées à l'hypothèse des zones de sensibilité: mais je ne puis dire qu'elle soit plus satisfaisante, car elle n'explique pas pourquoi nous ne percevons qu'une sensation unique dans les cas où l'impression a porté sur deux zones de sensibilité voisines, mais recevant des ramifications nerveuses de deux troncs différents, tandis que nous éprouvons deux sensations distinctes lorsque les zones de sensibilité impressionnées sont plus éloignées. Aussi longtemps que Weber ne sera pas parvenu à expliquer cette différence par les relations des expansions nerveuses dans la peau, je me croirai fondé à persister dans mon hypothèse, et à chercher dans les organes centraux la raison qui fait que deux fibres nerveuses différentes donnent tantôt une seule sensation, et tantôt deux. Bien plus, il n'est pas un seul fait qui plaide en faveur de l'existence, dans la peau, de zones de sensibilité distinctes et placées les unes à côté des autres, telles que les admet Weber.
Dans son second travail sur les fonctions des corpuscules du tact. Meissner a émis l'opinion que ces organes remplissent une fonction toute spéciale, qui n'existerait qu'aux mains et aux pieds, celle de la sensibilité tactile pure. Il définit cette dernière : In, simple sensation dun objet extérieur, sans perception de pression, et, dans un
travail postérieur [Zeitschr. f. rat. Med., 1 853), la perception de pression par le moyen des corpuscules du tact. Personne ne trouvera mauvais que l'ingénieux inven teur des corpuscules du tact s'efforce de leur assigner un rôle physiologique important ; mais, d'un autre côté, tout esprit sans préventions admettra difficilement que, abstraction faite de la finesse, il existe une différence entre les sensations de pression qui se produisent par l'intermédiaire des corpuscules du tact, celles, par exemple, que nous procurent la paume de la main, la plante des pieds, et peut-être les lèvres, et celles qui nous arrivent par les autres nerfs cutanés.
ARTICLE II. — ÉPIDEUMi:.
§ kk. Parties «loaià 11 se compose. — Le derme est partout recouvert d'une membrane privée de vaisseaux et de nerfs , formée exclusivement de
cellules demi-transparentes, del'épiderme , en un mot. L épidémie s'adapte exactement à toutes les aufractuosités, à toutes les éminences du derme , dont sa face interne est une empreinte fidèle; de manière que là où le derme présente une saillie , l'épidémie offre un enfoncement correspondant , et réciproquement. La face externe de l'épiderme rappelle aussi , jusqu'à un certain point, celle du derme, puisqu'on y trouve reproduites au moins
Fig. 56. — Épidémie de la paume de la main, vu par sa face interne, a, crêtes correspondant aux sillons qui existent entre les crêtes du derme; b, crêtes semblables répondant aux sillons qui séparent les séries des papilles; c, conduits sudorifères ; d, points dilatés où ils s'insèrent à l'épiderme; e, enfoncements destinés à recevoir les papilles simples ou composées.