‹ Éléments d'histologie humaine [electronic resource]Chapitre 55 sur 247 · COUCHE CORNÉE · texte numérisé non relu

COUCHE CORNÉE

abord; sous l'influence de différents réactifs, notamment de l'acide acétique, de la potasse et de la soude caustiques, elles se gonflent et prennent la forme de vésicules (fig. 59). On peut voir alors qu'il existe encore un rudiment de noyau dans quelques-unes de ces lamelles, les/moins nombreuses de beaucoup , principalement dans celles des parties moyennes etprofondes de la couche cornée; ce noyau se présente sous la forme d'un corpuscule plat, homogène, arrondi ou allongé, de 0mm,007 à 0""u,009 de longueur, et de 0m"\005 à 0",m,007 de largeur ; corpuscule qu'on aperçoit facilement lorsqu'il se présente en profil, car ses bords paraissent alors plus foncés. — La grandeur des lamelles cornées ordinaires varie entre 0mm,018 et 0n,m,036; elle est généralement un peu plus considérable dans les couches externes que dans les couches internes ; les cellules du corps du pénis mesurent 0mm,018à 0m'",027, les plus considérables de celles du gland, 0mm,036 à 0mra,045; celles de la face externe des petites lèvres, 0mm,027 à 0mm,045; celles des grandes lèvres, 0mm,022 k 0"'m,036. Les grosses cellules signalées en ce dernier point sont toutes pourvues d'un noyau distinct et ont la plus grande analogie avec les lamelles epitheliales de la bouche et du vagin (fig. 58, 4).

Tandis que le corps de Malpighi est stratifié très imparfaitement, excepté dans ses couches supérieures, la couche cornée montre, au contraire, dans toute son épaisseur une stratification des plus évidentes. En effet, ses lamelles se touchent par leurs faces et forment un nombre variable de feuillets , suivant l'épaisseur de F épidémie (fig. 57). Ces feuillets ne doivent pas être considérés comme de simples couches de cellules , nettement séparées les unes des autres ; ils adhèrent entre eux et ne peuvent être démontrés qu'avec le se cours du scalpel ; la séparation en est plus facile sur l'épiderme qu'on a fait Fig. 59.

Fig. 58. — Lamelles de la couche cornée de l'homme, grossies 350 fois. 1. Avant l'addition d'un réactif quelconque, et vues de face; une d'elles contient un noÄau. 2. Vues de profil. 3. Traitées par l'eau, granulées et plus foncées. \. Lamelle contenant un noyau, telle qu'on en rencontre sur la face externe des petites lèvres et sur le gland du pénis.

Fig. 59. — Lamelles cornées gonflées par l'ébullition dans la potasse concentrée : leur contenu est dissous en partie ou en totalité. Grossissement de 350 diamètres.

macérer ou bouillir dans l'eau. Les feuillets les plus internes ont un trajet onduleux partout où il existe des papilles, de même que le corps de Malpighi considéré en masse; ils s'élèvent au-dessus du sommet des papilles, et s'enfoncent dans les vallons qui les séparent . Cette disposition est surtout marquée dans les régions pourvues de papilles très développées et d'un réseau de Malpighi peu épais, principalement sur la paume de la main et sur la plante des pieds. Dans ces régions (voy. la figure à l'article glandes sudoripares), la couche cornée pénètre si profondément entre les papilles, que ses cellules inférieures se trouvent au niveau du milieu de la hauteur de ces dernières. Lorsque les papilles sont petites, la couche cornée descend moins bas dans leur intervalle, ou même elle s'étend horizontalement audessus du corps de Malpighi ; c'est aussi ce qui a lieu dans les régions privées de papilles. Il s'ensuit que sur une coupe horizontale, la ligne de démarcation entre la couche cornée et le corps muqueux est tantôt rectiligne et tantôt ondulée, avec des angles saillants ou rentrants plus ou moins grands. Plus on avance vers la superficie, plus la surface des feuillets de la couche cornée devient plane ; mais outre la main et le pied, où les crêtes du derme sont encore dessinées sur la face externe de l'épidémie, il y a beaucoup de régions où des coupes pratiquées verticalement font reconnaître un trajet légèrement onduleux dans les couches supérieures de cette membrane ; les éminences qu'on rencontre en ces endroits suffisent à elles seules pour indiquer les points plus profonds où existent des papilles. Quant à l'arrangement des lamelles cornées dans les différents feuillets de l'épiderme, elles sont le plus souvent disposées irrégulièrement ; d'autres fois, elles sont rangées en cercles, comme cela se voit souvent autour des conduits excréteurs des glandes, autour des follicules pileux et des papilles de la paume de la moin et de la plante du pied ; mais c'est au voisinage des orifices des glandes sudoripares que cette disposition est le plus facile à observer.

Bruns, Todd et Bowman , Valentin et Bruch recommandaient déjà de se servir des alcalis dans l'étude des productions épidermiques; mais ce n'est que Donders [Mulder's phys, Chemie, p. 527 et suivantes, et Holländische Beitrage, I et II), qui a fait entrevoir tout le parti qu'on pouvait tirer de ces réactifs. Aujourd'hui on les regarde généralement comme des agents indispensables à qui veut étudier les substances cornées; je recommanderai cependant avec Paulsen [Obs. microchem., etc., Dorpat, I 848) et Reichert ( Müller s Arch., \ 847, Jahresber.) de n'employer jamais que des solutions parfaitement déterminées ; je conseillerai aussi à ceux qui voudront gagner du temps , de combiner l'emploi de ces réactifs avec celui de la chaleur, comme je le faisais déjà lorsque j'étudiais la fibre ligneuse chez les animaux [Ann. d. se. nulur., 1 8 46).

§ Zi7. Couleur €ie l'épidémie. — Ainsi que nous l'avons déjà indiqué, chez les individus de la race blanche la couche cornée est transparente et incolore, ou d'une légère teinte jaune ; la couche muqueuse, d'un blanc jaunâtre ou un peu brunâtre. C'est l'aréole et le mamelon qui présentent la coloration la plus foncée ; elle peut aller jusqu'au noir brun chez les femmes en état de gestation ou chez celles qui ont déjà été mères ; elle est un peu

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moins intense aux petites lèvres, au scrotum, au pénis, où d'ailleurs elle est très variable, tantôt nulle, tantôt très marquée ; la cavité axillaire et le pourtour de l'anus ne viennent qu'après ces régions , qui sont plus ou moins colorées chez la plupart des individus: Ja coloration est plus intense chez ceux qui ont le teint foncé que chez ceux dont le teint est clair. Mais des dépôts pigmentaires plus ou moins noirâtres, prenant également naissance dans le corps deMalpighi, peuvent se faire aussi dans diverses autres régions; ainsi, chez les femmes enceintes, le long de la ligne blanche et au visage (masque) ; chez les individus exposés aux rayons du soleil, sur les parties habituellement découvertes ; enfin chez ceux qui ont le teint foncé, sur la presque totalité du corps. Cette coloration n'est pas due à des cellules spéciales; elle a son siège dans les cellules ordinaires de la couche muqueuse, autour du noyau desquelles se dépose une matière colorante, Finement granulée ou homogène , ou de véritables granules pigmentaires. Lorsque la teinte de îa peau est claire, le pigment occupe seulement le voisinage des noyaux; encore n'est-ce que dans les cellules de la couche la plus profonde; sur une coupe verticale, on voit alors les papilles bordées par un petit filet jaunâtre ( voy. ma Mikr. Anat., pl. I, fig. 2). La nuance est-elle, au contraire, plus foncée, cela peut tenir àce que la matière colorante a envahi deux, trois, quatre couches de cellules ou plus, et que, dans chaque cellule, eile s'est déposée dans le contenu tout entier; ou bien àce que la coloration dus couches profondes est plus foncée : ces deux causes sont ordinairement réunies. D'après Krause, les parois des cellules de la couche cornée seraient elles-mêmes le siège d'une légère coloration dans les régions colorées de la peau; mais on ne parviendrait à la distinguer qu'en comparant ces cellules avec celles d'une région incolore, et en choisissant, pour cette comparaison, les points les plus foncés du tégument commun. Dans la peau du nègre et des autres races d'hommes de couleur, il n'y a aussi que F épidémie qui soit coloré; le derme ressemble identiquement à celui de l'Européen; mais le pigment est beaucoup plus foncé et plus abondamment distribué. Chez le nègre (fig. 57. — Mikr. Anat., pl. I, fig. h «), dont l'épiderme est tout à fait l'analogue de celui de l'Européen, sous le rapport de l'arrangement et de la grandeur des cellules, ce sont les cellules verticales des parties les plus profondes du corps muqueux qui sont les plus riches en pigment; elles y sont d'un brun foncé ou d'un brun noir, et forment un liséré qui tranche nettement sur le derme blanc. Au-dessus d'elles se trouvent des cellules moins foncées, mais encore toujours brunes : elles sont amassées surtout dans les excavations séparant les papilles, mais on en voit aussi plusieurs couches sur le sommet et sur les flancs de ces emmenées; au voisinage de la couche cornée, enfin, se rencontrent des couches d'un brun jaunâtre ou jaunes , souvent assez pâles et transparentes. Toutes ces cellules sont colorées de part en part, la membrane seule fait exception ; les parties qui touchent le noyau sont les plus foncées, et remportent de beaucoup, sous le rapport de la coloration, sur tous les autres points de la cavité de la cellule. La couche cornée du nègre a aussi une légère teinte

jaunâtre ou brunâtre. — Sur la peau jaunâtre d'une tête de Malais, prise dans la collection anatomiqnc de Würzbourg, j'ai trouvé une coloration analogue à celle du scrotum d'un Européen à teint foncé. Ainsi , l'épidémie des races colorées ne se distingue pas essentiellement de celui des parties colorées des blancs ; bien plus , il ressemble presque complètement à celui de certaines régions, de l'aréole de la mamelle, en particulier.

D'après Simon , Krause, Barensprung, et d'après mes propres observations, les diverses colorations de la peau qui tiennent à un état pathologique de l'épidémie (loches de rousseur), sont dues aux mêmes causes que celle des parties foncées de l'Kuropéen, et que celle de la peau du nègre. Mais il n*en est pas de même des productions pigmentaires du derme et des papilles, de celles, par exemple, que l'on voit dans les cicatrices après les inflammations chroniques de la peau, et qui peuvent s'accompagner quelquefois d'une coloration simultanée de l'épidémie, comme dans l'ichthyose et dans quelques nsevi ; dans ces circonstances, le pigment se développe directement aux dépens des globules sanguins et de leur principe colorant. On a cité beaucoup de cas de nègres dont la peau était blanche, et d'Européens qui avaient la peau noire, en tout ou en partie, et celle anomalie ne dépendait pas d'un changement de climat , mais d'un état anormal de la peau , état congénital ou acquis (voy. Hildebrandt, Weber, II, p. 526 ; Flourens, Campt, rend., XVII); mais il ne faut pas oublier, dans les observations d'Européens à peau noire, que la coloration foncée peut tenir aussi à des dépôts formés par le principe colorant de la bile.

§ liS. Épaisseur de l'épidérme. — Elle varie entre 0mm,03 et 3mm,75, et cette différence dépend surtout de l'épaisseur très inégale de la couche cornée; dans le plus grand nombre des régions , l'épidémie a une épaisseur de 0",n\05à 0mm,22.

Si nous examinons comparativement, sous le rapport de l'épaisseur, la couche muqueuse et la couche cornée, nous trouverons qu'en certaines régions la première l'emporte constamment sur la seconde ; c'est ce qui a lieu sur tous les points de la face, au cuir chevelu, au pénis, au gland, au scrotum, au mamelon et à la peau de la mamelle cbez l'homme, aux grandes et aux petites lèvres, au dos et au cou. Dans la plupart de ces régions , l'épaisseur de la couche muqueuse est à celle de la couebe cornée comme 3 est à 5, ou comme 2 est à 3 , suivant qu'on prend les mesures à partir de la base ou du sommet des papilles ; en certains points, cependant , la couche muqueuse est plus mince et tout au plus de même épaisseur que la couebe cornée : c'est ce qu'on voit au gland. Partout ailleurs, ou bien les deux couebes ont la même épaisseur, comme dans le conduit auditif externe , et sur quelques points des deux premiers segments des membres, du côté de la flexion ; ou bien la couebe cornée a une épaisseur double ou quintuple de celle de la couche muqueuse. Aux endroits où elle est le plus considérable, elle peut même mesurer 10 à 12 fois l'épaisseur de cette dernière couche.

L'épaisseur absolue de la couche de Malpighi, à la base des papilles, varie entre 0mm,016 et 0mm,36. Quand elle l'emporte sur celle de la couche cornée, elle atteint en moyenne 0,""n09; dans les points où elle est plus faible,

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