FOLLICULES PILEUX
de noyau (fig. 72 B) ; elles ne se gonflent en vésicules dans aucun réactif; unies entre elles comme les tuiles d'un toit, elles forment une membrane simple qui enveloppe le poil tout entier, et leur imbrication est telle que les lamelles inférieures recouvrent celles qui sont au-dessus L'acide sulfurique convient également pour étudier la structure de cette enveloppe; il donne aux bords du poil un aspect comme feutré, dû au redressement des lamelles épidermiques ; par le raclage ou par la trituration on obtient ensuite très facilement des éléments épidermiques isolés, moins souvent des lambeaux d'une certaine étendue.
L'épiderme des poils se compose d'une couche simple de cellules, dont l'épaisseur est de 0mn\005 à 0""",007 à la tige, de 0m,",006 à 0""",008 à la racine.
Les lamelles ont un diamètre transversal de 0"im,054 à 0mm,063, un diamètre longitudinal de 0m,n,036 à ()mm,0ft5, et une épaisseur dépassant à peine Omm,00ii. Au niveau du bulbe, elles cessent brusquement et sont remplacées par des cellules à noyau molles (voy. Mikr. Anat., pl. II, fig. 1 n), allongées dans le sens transversal, très étroites dans le sens de l'axe du poil, un peu plus larges dans celui du troisième diamètre, qui est perpendiculaire ou un peu oblique par rapport à l'axe du poil ; ces cellules sont attaquées facilement par les alcalis, et même par l'acide acétique; elles possèdent toujours des noyaux transversaux assez longs, et passent par degrés aux cellules arrondies que nous avons vues constituer le bulbe du poil.
§ 63. Follicules pileux. — Les follicules pileux {folliculi pilorum) sont de petites poches en forme de bouteille, longues cle 2 à 6 millimètres, qui enveloppent assez étroitement la racine des poils. Ceux des poils follets ne dépassent pas les couches supérieures du derme ; ceux des poils gros ou longs, au contraire, pénètrent généralement jusque dans ses couches les plus internes, et même dans le tissu cellulaire sous-cutané, à une profondeur plus ou moins grande.
On doit considérer les follicules pileux comme de simples dépressions de la peau avec ses deux éléments, derme etépiderme; aussi chacun d'eux se compose-t-il de deux parties, d'une membrane fibreuse externe, riche en vaisseaux, constituant le follicule proprement dit ; et d'une tunique interne privée de vaisseaux, formée de cellules, et servant d'enveloppe immédiate au poil : c'est la gaine de la racine (vagina pili), dont une partie constitue un épiderme pour le follicule , et le reste, une gaine spéciale pour la racine du poil.
§ 64. Follicule proprement dit. — 11 est composé lui-même de deux membranes fibreuses, l'une externe, l'autre interne, et d'une membrane amorphe; il a en moyenne 0mm, OoU à Gmni,050 d'épaisseur et se trouve muni, à son fond, d'un organe spécial, la papille du poil.
La membrane fibreuse externe (fig. 65 //) est la plus épaisse des trois couches du follicule, dont elle détermine la forme extérieure; son extrémité
supérieure adhère intimement au derme. Cette tunique est formée de tissu conjonctif ordinaire, à fibres longitudinales, non mélangé de fibres élastiques , mais renfermant un certain nombre de petites cellules plasmatiques allongées, fusiformes, avec un réseau assez riche de capillaires, et quelques fibres nerveuses qui fournissent très peu de branches.
L'àtunique fibreuse interne (fig. 73 a) est notablement plus mince que la précédente ; elle a une épaisseur partout égale et des surfaces lisses, mais ne s'étend que du fond du follicule à l'embouchure des glandes sébacées. Selon
toute apparence, elle ne contient ni vaisseaux, ni nerfs, et ne consiste qu'en une simple couche de fibres transversales munies de longs noyaux étroits qu'on voit très bien sur les follicules vides de certains poils fins ou gros, avec ou sans le secours de l'acide acétique. Ces fibres rappellent celles des muscles lisses , mais ne peuvent être isolées complètement, de manière à permettre de constater qu'elles sont véritablement fusiformes et à noyau unique. Nous ne connaissons, du reste, aucun fait de nature à faire croire à des contractions dont les follicules seraient le siège ; je réserverai donc mon jugement sur la véritable nature de ces fibres.
La troisième couche, enfin (fig. 73/5*), est une membrane hyaline , amorphe , qui reste toujours dans le follicule quand on arrache un cheveu ; elle commence au fond du follicule , et y adhère .intimement à la papille , sur laquelle il est impossible de la démontrer (Dalzell paraît cependant l'y avoir vue); elle s'étend à la même hauteur que la gaine interne de la racine, peut-être même plus loin. Sur un follicule intact, elle se présente sous l'aspect d'une simple raie blanche de 0mm,003 à 0mm,0035, rarement de 0mta,0045 de largeur et située entre la gaine externe de la racine et la couche de fibres transversales du follicule pileux; mais en faisant subir diverses préparations à un follicule vide, il est facile d'en séparer de larges lambeaux de la membrane vitrée ; on voit alors que la face externe de cette membrane est lisse, sa face interne, au
Fig. 7 3. — Portion de la couche à fibres transversales et delà couche amorphe (vitrée) d'un follicule pileux pris sur l'homme et traité par l'acide acétique ; grossissement de 300 diamètres, a, couche à fibres transversales avec des noyaux alloDgés en travers ; b, couche vitrée, représentée par une section transversale; c, bord de cette dernière couche, au niveau de la déchirure de l'utricule qu'elle forme; d, lignes (fibres?) fines dirigées en travers, et en partie anastomosées.