STRUCTURE DES TENDONS
élastique ; il importe de tenir compte de ce fait dans l'appréciation des fonctions du périmysium. Il existe, en outre, dans le périmysium de tous les muscles, principalement de ceux qui ont une certaine laxité, des cellules adipeuses ordinaires plus ou moins abondantes et renfermant souvent de très beaux cristaux de margarine ; chez les individus obèses, la graisse envahit jusqu'aux parties les plus internes des muscles.
§ 83. Union des muscles avec les autres parties. — L'union des muscles
avec les organes mobiles , tels que les os , les cartilages , les capsules articulaires, la peau, etc., se fait tantôt directement, tantôt par l'intermédiaire d'éléments fibreux, comme les tendons, les membranes tendineuses, certaines catégories de fascia musculaires et de ligaments (ligaments interosseux , membrane obturatrice). Il est rare que les deux extrémités d'un muscle s'insèrent au squelette sans l'intermédiaire d'un tendon. Lorsque des fibres musculaires naissent directement des os (muscle oblique, iliaque, psoas, fessiers, etc.), ou des cartilages (transverse de l'abdomen, diaphragme), ou lorsqu'elles s'y insèrent sans intermédiaire (dentelés, omo-hyoïdien, muscles de l'oreille) , elles ne vont jamais que jusqu'au périoste ou au périchondre, pour se terminer dans ces membranes par une extrémité mousse; jamais elles ne se continuent avec les fibres de ces dernières; encore moins arrivent-elles au contact immédiat des os. Les muscles qui se rendent à la peau tantôt s'étendent horizontalement au-dessous de ce tégument, avec lequel ils n'ont aucune connexion directe, et tantôt émettent des faisceaux plus ou moins volumineux qui vont en divergeant vers la peau (muscles de la face), et paraissent, quelquefois du moins, se continuer directement avec les faisceaux de tissu conjonctif du derme ; mais il n'a pas été possible jusqu'ici de déterminer quel est le véritable mode d'union de ces deux tissus entre eux.
§ 8'i. structure des tendons. — Les tendons ( tend mes ) sont des organes d'un blanc brillant, offrant quelquefois une légère teinte jaunâtre, et formés presque uniquement de tissu conjonctif. Sous le rapport de leur forme, on les distingue en cordons tendineux ou tendons proprement dits , et en tendons membraneux ou aponévroses (centre aponévrotique du diaphragme, aponévrose occipito-frontale , tendons des muscles de l'abdomen, grand dorsal, trapèze); mais il n'existe aucune limite précise entre ces deux variétés de forme, qui, du reste, présentent Une structure Complètement identique; Toutes deux consistent en un tissu conjonctif remarquable par le parallélisme, l'union intime de ses faisceaux, et par le petit nombre des fibres élastiques qu'il renferme. Les éléments du tissü conjonctif, ou les fibrilles , peuvent se voir très facilement sur les tendons frais ; comme partout -, ils y sont d'une ténuité extrême. Dans les tendons ramassés en cordons , ces éléments affectent un trajet onduleux très élégant ; étendus parallèlement à l'axe longitudinal du tendon, ils sont tellement serrés les uns Contre les autres, h l'état frais, qu'il est très difficile d'y voir des faisceaux primitifs. Ces
faisceaux existent cependant; ils ont une forme arrondie ou polygonale et une largeur de 0mm,018, comme on peut s'en convaincre sur des sections transversales de tendons desséchés , ou après l'addition d'un alcali ; mais ils sont unis si intimement entre eux, qu'il est impossible de les isoler. 11 n'en est pas de même des faisceaux secondaires et tertiaires (tig. 97), qui
sont très distincts, même sur des tendons frais. Le tissu tendineux , en elfet , est traversé par des cloisons très minces, formées d'un tissu conjonctif plus lâche et unies les unes aux autres de manière à constituer un système continu de tubes parallèles, qui divisent les faisceaux primitifs en un certain nombre de groupes plus ou moins volumineux.
Les faisceaux secondaires , toujours très évidents , sont généralement prismatiques , quelquefois , au contraire , arrondis ou aplatis ; ils ont un diamètre de 0mm,07 à ()mm,16.
Les faisceaux tertiaires ne se voient pas moins bien ; ils ont la forme de prismes de 0m,n,2 à 1""" ou plus de largeur, et sont limités par des cloisons un peu plus épaisses que les précédents. Très souvent plusieurs faisceaux tertiaires se réunissent ensemble pour constituer des divisions d'un ordre plus élevé, qui, fortement adhérentes les unes aux autres et entourées d'une enveloppe commune de tissu conjonctif lâche , forment les tendons eux-mêmes.
Les aponévroses ont tantôt la même structure que les tendons proprement dits, et consistent en plusieurs couches de faisceaux secondaires étendus parallèlement à côté les uns des autres; tantôt elles ressemblent davantage aux membranes fibreuses , et se composent de faisceaux primitifs et secondaires qui s'entrecroisent dans deux ou plusieurs directions ( muscles de l'abdomen, diaphragme).
Les faisceaux secondaires de tous les tendons renferment des fibres élastiques fines (prétendues fibres de noyaux) à divers degrés de développement, et se montrant soit sous la forme de séries de cellules fusiformes , étroites , unies entre elles par des prolongements déliés (cellules plasmatiques ), soit sous l'apparence de fibres complètement développées, également larges
Fig. 97. — Section transversale d'un tendon du veau, grossie 20 fois, a, faisceau secondaire; b, faisceau tertiaire; c, fibres de noyaux coupées un peu obliquement, etsc montrant comme de petites raies noires au milieu des fibres de tissu conjonctif; d, tissu conjonctif interstitiel.