STRUCTURE DES TENDONS
dans tout leur trajet , ou de cellules fusiformes isolées. Ces éléments ont partout la même distribution ; ils sont également espacés entre eux et disposés parallèlement aux faisceaux de tissu conjonctif: de sorte que, lorsqu'un tendon est coupé en travers, les sections foncées des fibres élastiques affectent une distribution régulière sur toute la surface de la coupe , et sont toujours distantes de 0mm,016 à 0mm,018 l'une de l'autre. Mais outre ces grosses fibres qui ont 0mm,0011 à 0m,n,0022 de largeur, on trouve dans la plupart des tendons, peutêtre dans tous, d'autres fibres élastiques plus fines, qui ne mesurent que 0mn,,0005 à 0mm,0009, et qui relient diversement les premières entre elles. Il existe donc, dans chaque tendon, un véritable réseau élastique, dont les mailles entourent les faisceaux du tissu conjonctif. Ces fibres élastiques fines se voient également sur les coupes transversales, où elles sont représentées par de petits points foncés, ou par de petites lignes qui vont en divergeant à partir des grosses fibres (fig. 98) ; elles sont encore plus évidentes sur les sections longitudinales, qui, du reste, sont très avantageuses pour l'étude de tout le système de fibres dont nous venons de parler. On reconnaît aussi , sur ces dernières sections , que partout où les cellules formatrices des fibres ou les cellules plasmatiques conservent encore une certaine indépendance , elles contiennent de beaux noyaux allongés.
Outre les fibres élastiques, certaines régions des tendons renferment des cellules cartilagineuses (voyez plus bas ) et des cellules adipeuses ordinaires ; ces dernières se rencontrent spécialement dans les tendons peu denses , comme le sont ceux des muscles intercostaux, du triangulaire du sternum, du masséter, etc.
Les tendons présentent un éclat satiné et une apparence de stries transversales ; cela provient simplement des ondulositésque décrivent les fibrilles. Cet aspect, par lequel se manifeste l'élasticité des tendons, disparaît en effet lorsqu'on les soumet à une forte traction .
Les faisceaux tendineux primitifs sont visibles, d'après Donders et Mulder, sur les sections transversales d'un tendon qui a été traité par la soude ; ce réactif diviserait, en effet, les faisceaux secondaires en d'autres plus petits, composés eux-mêmes de 5 à '1 0 faisceaux primitifs. Chez l'homme et chez les mammifères, il est déjà possible de distinguer les faisceaux primitifs sur des sections transversales de tendons des séchés qu'on a fait gonfler dans l'eau , bien que les limites de ces faisceaux soient faiblement accentuées. L'aspect que présentent ces sections rappelle, jusqu'à un
Fig. 98. — Tendon du muscle tibial postérieur de l'homme, grossi 60 fois, a, faisceau secondaire ; b, grosses fibres de noyaux; c, tissu conjonctif interstitiel.
certain point, celui d'une section transversale d'un muscle ; on y reconnaît même les fibrilles, ce qui, à mon avis, est d'une grande importance. Sur des sections transversales de tendons desséchés , puis ramollis dans l'eau ou dans l'acide acétique , jamais sur des sections longitudinales, on voit, en effet, dans la plupart des cas , de petits points très fins, placés régulièrement, comme sur les coupes des fibres musculaires (fig. 92), mais seulement un peu moins distincts. Ces points sont, pâles, arrondis ; ils ont le même diamètre que les fibrilles tendineuses que l'on obtient par tout autre procédé, et représentent évidemment les sections transversales de ces dernières. Ce fait démontre, mieux que tout autre, combien est erronée l'opinion de Reichert, qui prétend que le tissu tendineux est formé d'une substance homogène (voy. § 18, note).
§ 85. Union des tendons avec les autres parties. — Les tendons SOllt
FlG.
eu lai res (fig. 99).
que l'im
Fig. 100.
unis, d'une part, avec les muscles, de l'autre, avec les diverses parties qu'ils mettent en mouvement.
Ainsi qu'on le voit déjà à l'œil nu , l'union des tendons avec les muscles se fait de deux manières bien distinctes : tantôt les fibres musculaires se continuent directement avec les fibrilles tendineuses, et tantôt elles ' se terminent par des extrémités mousses , en formant avec le tendon un angle aigu. Les caractères microscopiques ne sont pas les mêmes dans ces deux circonstances. Dans le premier cas, les faisceaux musculaires se continuent sans intermédiaire avec ceux des tendons, de sorte qu'il n'existe aucune limite certaine entre les 99. deux tissus, et que chaque faisceau de fibrilles musva former un faisceau tendineux de volume à peu près égal Quelque singulière que puisse paraître mon opinion , je dois dire pression qu'a produite sur moi ce passage du muscle au tendon a
Fig. 99. — Faisceau primitif, a, des muscles intercostaux internes de l'homme , se continuant directement , et sans limite tranchée , avec un faisceau tendineux, b. Grossissement de 350 diamètres.
Fig. 100. — Rapports des fibres musculaires avec les tendons qui reçoivent obliquement l'insertion des muscles. Gastrocnéinien de l'homme. Grossissement de 250 diamètres, a, coupe longitudinale d'une portion du tendon ; 6, fibres musculaires, terminées par des extrémités légèrement coniques ou arrondies, qui se fixent dans de petites cavités de la face interne du tendon ; le périmysium c s'insère au pourtour de ces cavités.