‹ Éléments d'histologie humaine [electronic resource]Chapitre 85 sur 247 · UNION DES TENDONS AVEC LES AUTRES PAKTIES · texte numérisé non relu

UNION DES TENDONS AVEC LES AUTRES PAKTIES

toujours été celle d'une adhésion immédiate des fibrilles musculaires avec les fibrilles tendineuses.

Quand les faisceaux musculaires tombent obliquement sur les tendons et les aponévroses, il existe, contrairement à ce qui vient d'être dit, une limite très nette entre le muscle et le tendon (tig. 100) : dans ce cas, en elfet, les fibres musculaires , généralement coupées obliquement, se terminent par des extrémités mousses, proéminentes en forme de cônes, plus rarement effilées d'une manière notable, quoique toujours arrondies , et s'insèrent à la surface des tendons et des aponévroses , sous des angles plus ou moins aigus, ainsi qu'au bord des premiers. Ce second mode d'union, moins direct que le premier, n'en est pas moins intime ; en etfet , les extrémités des faisceaux primitifs pénètrent dans de petites excavations creusées dans le tendon, tandis que leur périmysium se continue d'une manière non interrompue avec le tissu conjonctif qui constitue la partie superficielle du tendon. On peut se convaincre facilement que tels sont les véritables rapports des muscles et des tendons, en examinant des muscles conservés dans l'alcool ou qui ont été soumis à la coction ; sur ces préparations il arrive aussi, çà et là, de voir le sarcolemme terminé très nettement par une extrémité en cul-de-sac. — Les connexions que nous venons de décrire s'observent partout où les faisceaux musculaires et les tendons se rencontrent obliquement, par conséquent, dans les muscles penniformes ou demi-penniformes, dans ceux dont les tendons d'insertion sont membraneux à leur origine (soléaire, gastrocnémien, par exemple), ou qui naissent de la surface d'une aponévrose, d'un os ou d'un cartilage. Là, au contraire, où les éléments des aponévroses ou des tendons se continuent en droite ligne avec ceux des muscles, on trouve généralement le premier mode d'union. Je dis généralement, et non toujours, puisque, dans les circonstances où le muscle et le tendon semblent n'être qu'un prolongement l'un de l'autre, les faisceaux musculaires forment quelquefois des angles très obliques avec les faisceaux tendineux et se terminent par des extrémités libres : c'est ce qui se voit partout où le tendon pénètre profondément dans la masse musculaire, pour s'y diviser en faisceaux distincts. Il résulte de mes observations qu'il existe une foule de muscles dont tous les faisceaux en connexion avec des tendons commencent ou se terminent par des extrémités libres ; tandis que je connais à peine un muscle qui n'ait un nombre plus ou moins grand de ses faisceaux terminés de cette manière : c'est ce qui explique pourquoi les tendons ont un volume de beaucoup inférieur à celui des muscles.

Les tendons sont unis , d'un autre côté , avec les os , les cartilages , les membranes fibreuses (sclérotique, gaine du nerf optique, tendons qui s'épanouissent en aponévrose), avec les ligaments et les membranes synoviales (bourse soûs-crurale, par exemple). Leur union avec les os et les cartilages a lieu tantôt par l'intermédiaire du périoste et du périchondre, dont les éléments, analogues à ceux des tendons, semblent se continuer directement avec ces derniers, ou être simplement renforcés par leur épanouissement ; tantôt cette union est immédiate, et alors (tendon d'Achille,

20/f HISTOLOGIE SPÉCIALE.

tendons du triceps crural, du grand pectoral, du deltoïde, du grand dorsal, du psoas iliaque, des fessiers, etc.) les faisceaux tendineux rencontrent la surface osseuse sous un angle obtus ou droit, et se fixent sur toutes leséminences, dans toutes les dépressions qu'elle présente, sans qu'il existe, dans ces régions , la moindre apparence d'un périoste interposé aux deux tissus (fïg. 101). Souvent on rencontre dans les tendons, au voisinage des os, de belles cellules de cartilage, isolées ou réunies en petites séries. J'ai vu aussi, dans quelques cas exceptionnels, les fibrilles tendineuses incrustées, près de leur insertion à l'os, de sels calcaires déposés sous forme de granulations : c'est ce qu'on appelle des tendons ossifiés. Quand un tendon aboutit à une membrane fibreuse, il s'y perd d'une manière insensible, sans qu'on puisse voir la moindre solution de continuité (tenseur du fascia lata, biceps brachial).

Fig. 101.

Suivant Reichert, lorsque des fibres musculaires semblent se continuer en droite ligne avec des fibres tendineuses, cette continuité n'existerait véritablement que pour le sarcolemme. Je dois déclarer que mes observations sur l'homme donnent le plus complet démenti à cette assertion, que je n'ai pu vérifier non plus sur l'écrevisse de rivière, dont les tendons sont, d'ailleurs, formés de chitine. Beaucoup d'autres animaux m'ont présenté bien certainement la même disposition que celle

Fig. 101. —Insertion du tendon d'Achille au calcanéum, chez un homme de soixante ans. Grossissement de 300 diamètres.

A, os, présentant des lamelles a, des espaces médullaires et des cellules graisseuses b.

B, tendon formé de fibrilles tendineuses et de cellules de cartilage c.

qui existe chez l'homme ; c'est ainsi que, dans la queue des larves de grenouille, on peut voir très nettement, lorsque le pigment n'y est pas trop abondant, les extrémités des libres musculaires, divisées souvent en 3 à 5 dents, se continuer avec autant de petits tendons. Cette continuité des fibres musculaires et des fibres tendineuses peut s'observer aussi sur les muscles du tronc de la baleine ; et comme les fibres musculaires y sont très courtes, il est fréquent d'en rencontrer qui se montrent dans toute leur longueur, avec des faisceaux tendineux à leurs deux extrémités.

§ 86. Organes accessoires des muscles et des tendons. — A. Les gaines

musculaires ou fascia sont des membranes fibreuses servant d'enveloppe à des muscles isolés ou à des groupes de muscles, ainsi qu'à leurs tendons. Quelquefois elles remplissent en même temps le rôle des tendons et des ligaments, dont elles partagent alors la structure. D'autres fois leur fonction se borne à contenir les muscles ; elles ont, dans ces cas, la texture des membranes formées de tissu conjonctif et de fibres élastiques. Les premières sont blanches et brillantes, et ressemblent en tout point aux tendons et aux aponévroses ; les dernières contiennent souvent une quantité considérable défibres élastiques fines, mêlées au tissu conjonctif dont elles se composent, et peuvent même, par places, présenter complètement l'aspect jaunâtre des membranes élastiques (voy. fig. 27) ; elles renferment alors des réseaux élastiques très serrés et très développés. Les fascia ont X apparence des tendons partout où leurs fonctions, toutes mécaniques, nécessitaient un tissu dense et inextensible. Ainsi : 1° lorsqu'ils naissent d'un os; 2° lorsqu'ils servent d'attache aux fibres musculaires et exercent les fonctions des aponévroses ; 3° lorsqu'ils reçoivent des expansions tendineuses et qu'ils agissent euxmêmes à la manière des tendons ; 4° lorsqu'ils tiennent lieu de tendons en s épaississant par places. Au contraire, les gaines musculaires sont plus ou moins élastiques partout où elles doivent constituer une enveloppe solide, mais qui ne gêne en rien le muscle dans ses diverses modifications deforme, spécialement à la partie moyenne des muscles.

B. Ligaments des tendons. Certains fascia musculaires offrent, près de leur insertion aux os, une structure ligamenteuse et forment des espèces de gaines cylindriques autour des tendons, ou servent càles fixer d'une manière quelconque; mais il existe aussi des gaines tendineuses indépendantes, comme, par exemple, celles des tendons fléchisseurs des doigts et des orteils; ces dernières sont formées par la réunion d'un grand nombre de petits ligaments servant à fortifier extérieurement les gaines muqueuses qui se trouvent dans ces régions. Parmi les autres ligaments appartenant à la même catégorie, nous citerons le ligament palmaire du carpe, la trochlée, et les freins des tendons.

C. Bourses muqueuses et gaines muqueuses. Partout où des muscles ou des tendons frottent, dans leurs mouvements, contre des parties dures (os, carti • lages)ou contre d'autres muscles, tendons ou ligaments, ils sontséparésdeces organes par des espaces remplis par une petite quantité d'uniiquide visqueux qui, d'après Virchow (Würzb. Verh., II, 281), ne renferme point de mucus, mais plutôt un principe très analogue à la substance colloïde. Lesanafomistes

sont dans l'habitude de considérer ces espaces comme tapissés par une membrane spéciale, appelée membrane synoviale. Celle-ci serait constituée par un sac sans ouverture, de forme ronde ou allongée, qui tantôt revêt simplement les surfaces opposées des tendons et des os, des os et des muscles, "etc. (bourses muqueuses), et tantôt forme deux cylindres creux emboîtés l'un dans l'autre et adhérents par leurs bases, le premier revêtant le tendon, le second tapissant la partie dans laquelle il se meut. Ce sont les gaines synoviales. La vérité, c'est qu'un petit nombre seulement de ces cavités sont tapissées par une membrane partout continue, et que la plupart en sont dépourvues en beaucoup d'endroits. Pour ce qui est des bourbes muqueuses, celles des muscles (psoas, iliaque, deltoïde, etc.) doivent être considérées comme les plus complètes ; celles des tendons, au contraire, ne présentent que par places une membrane distincte, et en manquent précisément sur les faces qui frottent l'une sur l'autre. Ce dernier lait se reproduit dans les gaines synoviales, parmi lesquelles les gaines communes des fléchisseurs des doigts et des orteils offrent seules, jusqu'à un certain point, l'image des prétendus sacs séreux, bien que, même dans ces régions, ces tendons soient privés de tout revêtement membraneux sur une foule de points. Sous ce rapport, comme sous beaucoup d'autres, l'ancienne doctrine des sacs séreux partout continus avec eux-mêmes doit être modifiée radicalement. Dans la plupart des gaines synoviales et dans quelques bourses muqueuses, on trouve çà et là, notamment près des freins, des prolongements rougeâtres plus ou moins volumineux et en forme de franges ; ce sont des prolongements vasculaires de la membrane synoviale, qui ne diffèrent en rien de ceux desarticulations.

D. Fibro-cartilages et os sésamoïdes. Les tendons de certains muscles (tibial postérieur, long péronier) contiennent dans leur tissu, là où ils se meuvent dans des gaines, des masses denses, demi-cartilagineuses, connues sous le nom de cartilages sésamoïdes, de fibro-cartilages ; lorsqu'elles s'ossifient, elles deviennent des os sésamoïdes, semblables à ceux qu'on trouve normalement dans le tissu des tendons de quelques lléchisseurs des doigts et des orteils, dont une des faces est tournée vers une cavité articulaire.

Quant à la structure intime des parties qui viennent d'être mentionnées, voici ce que nous ferons remarquer. Les os sésamoïdes sont composés de substance osseuse ordinaire, à cellules très petites; une de leurs faces est couverte de plusieurs couches de substance tendineuse ou ligamenteuse, tandis que l'autre, qui fait saillie dans une cavité articulaire, est revêtue d'un enduit mince de substance cartilagineuse. Les ligaments des tendons, comme l'exigaient leurs fonctions, ont absolument la même structure que les portions tendineuses des fascia et les tendons proprement dits; ils présentent çà et là des fibres élastiques fines en cours de développement, ou des séries de cellules formatrices de ees fibres. Les freins des tendons ont une structure plus délicate; destinés principalement à protéger les vaisseaux qui se rendent aux tendons, ils contiennent surtout du tissu conjonctif lâche avec des libres élastiques fines et des cellules adipeuses, quelquefois aussi beaucoup de tissu élastique. Les bourses muqueuses, dont les parois sont toujours très

minces, consistent, lorsqu'elles ont une membrane spéciale, en faisceaux de tissu conjonctif entrecroisés dans divers sens, lâchement unis et quelquefois anastomosés entre eux, et en fibres élastiques fines ; les gaines muqueuses, pour répondre à leur double destination de bourses muqueuses et de ligaments de tendons unis à des gaines tendineuses, présentent, là où elles sont minces, la même structure que les bourses muqueuses, là où elles sont épaisses, un tissu conjonctif tin, dense, renfermant souvent des séries de cellules plasmatiques allongées, qui font la transition aux fibres élastiques. Les deux espèces de sacs ne sont revêtus d'un épithélium, à leur face interne, qu'en certaines régions limitées ; il en est de même des organes qu'elles enveloppent ou qui les avoisinent. Cet épithélium se compose d'une simple couche de cellules à noyau, polygonales, de 0""u,009 à 0mm,016 de diamètre. Les régions dépourvues d 'épithélium sont : beaucoup de parties des gaines muqueuses et des tendons qu'elles renferment ; certaines portions des bourses muqueuses, remarquables par leur ton mat et leur aspect jaunâtre, et qui répondent aux endroits où la pression est le plus considérable. La gaine commune des fléchisseurs des doigts est tapissée d'un épithélium dans toute son étendue ; on peut en dire autant des bourses muqueuses, dans lesquelles certains ligaments placés en dehors delabourse proprement dite et entourant les tendons en forme de fronde, sont seuls dépourvus du revêtement epithelial ; c'est ce qu'on voit çà et là aux muscles sous-scapulaire, poplité, etc.

Toutes ces régions privées à" épithélium, sans exception, ont la structure des fibro-cartilages dans toute leur étendue, c'est-à-dire que le tissu conjonctif compacte , généralement pauvre en fibres élastiques , dont elles se composent, est parsemé d'un nombre ( ^ plus ou moins considérable de cellules de /J^ ^ cartilage (fig; 102 ). Ces cellules, souvent l^fy r0 très abondantes , sont , le plus ordinairement, arrondies et à contours foncés, bien que leur membrane soit loin d'être çpaisse; elles ont 0mm,014 à 0mm,027 de diamètre, et renferment tin noyau sphérique de 0""", 007, qu'entoure un liquide transparent tenant quelquefois en suspension des granulations graisseuses opaques. A côté d'elles on peut rencontrer aussi : des cellules oblongues, à un ou deux noyaux; des cellules arrondies, à parois très minces, mesurant jusqu'à 0""",C5 à 0"'m,07 en diamètre et renfermant 1, 2 à 20 cellules filles dont la membrane est plus épaisse et les contours plus foncés ; enfin, des cellules oblongues dans lesquelles existe un dépôt formé de couches concentriques, un noyau ou une cellule fille munie d'un noyau. Dans les tendons se voient presque exclusivement les formes simples des cellules, et bien qu'elles puissent être très abondantes, ces cellules sont généralement isolées, ou tout au plus rangées en séries de 2 à 6 entre les faisceaux du tisssu conjonctif; elles

Fig. 102. — Cellules de cartilage extraites du petit ligament en forme de gaîne qui entoure le tendon du muscle poplité. Grossissement de 350 diamètres, a, cellule avec un seul noyau; b, cellule avec deux noyaux; c, cellule contenant une cellule fille; d, cellule renfermant deux cellules fdles, toutes deux avec un contenu un peu plus dense.

se rencontrent dans les couches superficielles et clans la profondeur cl es tendons. Ceux-ci se composent, en général, de couches alternatives de tissu conjonctif ordinaire et de tissu conjonctif renfermant des cellules de cartilage (fibro-cartilage), de sorte que la section transversale d'un tendon présente un mélange de blanc et de jaune. Quelquefois, cependant, les parties superficielles seules sont entremêlées de tissu cartilagineux, le centre offrant la structure habituelle des tendons. Les points où les tendons contiennent un très grand nombre de cellules de cartilage sont marqués généralement par un épaississement notable de l'organe, ou semblent même pourvues de masses spéciales de fibro-cartilage (long péronier, tibial postérieur). Dans les gaines ?nuqueuses, ainsi que dans les autres parties que nous venons de citer, il n'est pas rare de trouver des groupes serrés ou des séries allongées de 5 à 10 cellules et plus, parmi lesquelles celles de la périphérie sont toujours les plus petites, celles du milieu les plus volumineuses. Dans la gouttière de l'os cuboïde servant à loger le tendon du long péronier latéral, on rencontre une couche de vrai cartilage qui a de 0mm,75à lm,n d'épaisseur.

Les prolongements vasculaires des gaines tendineuses et des bourses muqueuses concordent exactement, quant à leur structure, avec ceux des articulations, dont ils ne diffèrent que par leurs dimensions moins considérables.

Les bourses synoviales du système musculaire ne sont pas de simples mailles du tissu conjonctif, comme les bourses muqueuses sous-cutanées ; car constamment elles présentent un épithélium sur quelques-unes de leurs parties. Mais il ne faudrait pas non plus les placer tout a fait à côté des membranes séreuses proprement dites (plèvre, péritoine), puisque leur revêtement épithélial est rarement complet, et que la couche de tissu conjonctif des séreuses manque elle-même très souvent. On doit, au contraire, ranger dans la même catégorie les poches synoviales du système musculaire et les capsules synoviales, qui, elles aussi, ont toujours un épithélium incomplet , et qui , d'ailleurs , communiquent souvent avec les bourses muqueuses (triceps crural, poplité, sous-scapulaire, etc.). 11 est à remarquer, cependant, qu'il existe des transitions entre ces organes et les véritables sacs séreux.

Quant à l'existence, dans les ligaments des tendons et dans les gaînes tendineuses, de séries de cellules qu'on reconnaît être des tibres élastiques à divers degrés de développement, j ai déjà attiré l'attention sur la grande analogie qu'elles présentent avec les cellules cartilagineuses simples des gaînes tendineuses et des tendons ; analogie qui est si évidente, qu'on peut considérer sans crainte les deux espèces de cellules, sinon comme complètement identiques, du moins comme très semblables entre elles: d'autant plus que partout où il existe des cellules de cartilage au sein du tissu conjonctif, on peut démontrer aussi la présence de ces séries de cellules et leur allongement en fibres élastiques. C'est ce que nous aurons l'occasion de constater de nouveau à propos des disques ligamenteux de Henle. L'aponévrose palmaire, toutefois, certains tendons et quelques ligaments, contiennent de ces séries de cellules sans présenter de cellules cartilagineuses bien évidentes. Ces faits se conçoivent aisément depuis les éclaircissements donnés récemment par Virchow au sujet des éléments celluleux qu'on rencontre dans le tissu conjonctif et dans le cartilage ; ils sont, en même temps, une nouvelle preuve à l'appui de la doctrine de cet auteur.

§ 87. Vaisseaux des muscles et de leurs organes accessoires. — A. VaiS' seaux sanguins. Les ramifications des gros vaisseaux n'offrent que peu de particularités. Les branches vasculaires arrivent aux muscles perpendicu-

lairementou sous un angle obtus et donnent naissance, dans l'épaisseur du Perimysium interne, à des ramifications arborescentes formant entre elles des angles plus ou moins ouverts, de manière à se distribuer sur toute la longueur du muscle. Les artères et les veines les plus petites affectent , en général , un trajet parallèle aux faisceaux musculaires, entre lesquels elles se terminent en un réseau capillaire tellement caractéristique, qu'il suffit de l'avoir vu une fois pour ne plus jamais le méconnaître dorénavant. Ce réseau est formé de mailles rectangulaires , dont le grand côté est parallèle à l'axe longitudinal des muscles ; il se compose, par conséquent, de deux espèces de petits vaisseaux : les uns sont longitudinaux , et cheminent dans les rainures formées par l'adossement de deux faisceaux voisins , ou dans les espaces irréguliers existant entre plusieurs faisceaux, comme on le voit bien sur une coupe transversale d'un muscle injecté; les autres sont dirigés en travers , s'anastomosent de diverses ma- Fig. 103. nières avec les premiers , et enlacent

les fibres musculaires. Ainsi, chaque faisceau primitif est, en quelque sorte, entouré d'un réseau capillaire spécial, qui l'abreuve de sang de toute part. Les capillaires des muscles sont les plus fins du corps humain; leur diamètre est quelquefois inférieur à celui des globules sanguins de l'homme. Sur une préparation de Hyrtl, ils n'ont que (),nni,005 à 0mn,,006 ; dans le grand pectoral, ils mesurent 0mn,,005 à 0mn,,007 lorsqu'ils sont remplis de sang, et 0mm,0036 cà Om'",ÜO/i5 à l'état de vacuité.

Les tendons doivent être rangés parmi les organes les plus pauvres en vaisseaux sanguins. Les plus petits n'offrent, à leur intérieur, aucune trace de vaisseaux sanguins ; mais le tissu conjonctif lâche qui les enveloppe extérieurement renferme des réseaux capillaires très développés et à larges mailles. Les tendons plus considérables présentent aussi quelques vaisseaux isolés dans leurs couches superficielles , et sur les tendons ; les plus volumineux, le microscope et l'injection dévoilent des réseaux vasculaires très lâches, même dans les couches profondes ; néanmoins, dans ce dernier cas, les parties centrales sont toujours privées de vaisseaux. — Ce que nous venons de dire des tendons s'applique aussi aux ligaments des tendons, si ce n'est que ces derniers sont encore moins vasculaires. Les fascia, trèsminces,

Fig. 103. — Vaisseaux capillaires des muscles, à un grossissement de 250 diamètres. a, artère ; b, veine ; c, réseau capillaire.

sont complètement dépourvus de vaisseaux; ceux qui sont plus épais, comme le fascia lata, reçoivent quelques ramifications vasculaires très rares, abstraction faite du tissu conjonctif lâche et vasculaire qui couvre leur surface. Les membranes synoviales du système musculaire, au contraire, et surtout leurs prolongements vasculaires, sont riches en vaisseaux sanguins. Mais comme ces organes sont en tout semblables aux capsules synoviales du tissu osseux, nous n'entrerons ici dans aucun détail à leur égard.

B. Les vaisseaux lymphatiques des muscles sont peu nombreux ; dans les petits muscles, tels que lomo-hyoïdien, le sous-crural, je n'ai trouvé jusqu'ici aucun lymphatique, et parmi les muscles les plus volumineux, quelques-uns seulement m'ont présenté des vaisseaux lymphatiques de ûmm,5à 0mra,G de diamètre, cheminant à côté des vaisseaux sanguins qui y pénétraient. Or, comme les vaisseaux profonds des membres, c'est-à-dire ceux des muscles, ne s'accompagnent que de très peu de lymphatiques, parmi lesquels quelques-uns ne proviennent certainement pas des muscles, on est fondé à admettre, ce me semble, que dans les cas où des vaisseaux lymphatiques existent au voisinage de grosses masses musculaires, ils ne pénètrent point dans les interstices des faisceaux de ces dernières, mais se distribuent simplement dans le périmysium et dans le tissu conjonctif lâche qui sépare les grandes divisions des muscles, principalement là où ce tissu est mou et mêlé de graisse, comme, par exemple, dans le muscle fessier et dans les couches superficielles d'un grand nombre d'autres. — Dans les tendons, les fascia, et dans les membranes synoviales, personne jusqu'ici n'a pu démontrer l'existence de vaisseaux lymphatiques.

§ 88. Ncrîs des muscles. — Même en ne considérant que les rapports généraux des nerfs dans les muscles, on s'aperçoit immédiatement qu'ils présentent quelque chose de spécial ; il est facile de s'assurer, en effet, sur la plupart des muscles, que les fibres nerveuses ne viennent les toucher qu'en des points très limités, sans s étendre parallèlement à leurs faisceaux. Quant à la terminaison des nerfs, il existe, dans tous les muscles, des anastomoses entre les ramuscules nerveux, ou ce qu'on a appelé des plexus. Pour voir les anastomoses entre des branches d'un certain volume, il convient de choisir une région où toutes les ramifications sont concentrées dans un très petit espace (voyez la note) ; partout ailleurs, on ne trouve que des anastomoses entre des ramuscules de plus en plus ténus (plexus terminaux, Valentin). Ces dernières se rencontrent dans tous les muscles; elles sont très fréquentes et forment des mailles allongées, en général, dans le sens des faisceaux. Ces plexus terminaux, produisant un réseau plus ou moins serré, sont situés généralement entre les ramifications d'un petite branche, mais ne sont point complètement isolés; ils conduisent aux anses terminales de Valentin, qui ne sont autre chose, dans ma pensée, que les anastomoses des derniers ramuscules, composés d'un petit nombre de fibres primitives ou même d'une seule, et provenant d'une branche pour se rendre à une autre ; il est indifférent, dès lors, que leur trajet soit direct ou en

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