‹ Éléments d'histologie humaine [electronic resource]Chapitre 87 sur 247 · NERFS DES MUSCLES · texte numérisé non relu

NERFS DES MUSCLES

nage du tendon intérieur et du tendon terminal, en se résolvant en ramuscules très fins et en fibres nerveuses primitives, dont quelques-unes se rendaient à la limite qui sépare les fibres musculaires des fibres tendineuses. J'ai rencontré les mêmes particularités dans le muscle sous-crural et dans un muscle costo-cervical (étendu de la première côte à l'aponévrose cervicale). Dans les muscles sterno-hyoïdien, slerno-thyroïdien, omo-hyoïdien (ventre inférieur), tantôt la distribution nerveuse était la même que celle que nous venons de décrire, et tantôt elle semblait s'en éloigner quelque peu, c'est-à-dire que souvent les branches nerveuses ne se divisaient pas à la même hauteur, et s étendaient sur une plus large surface ; néanmoins il était toujours facile de se convaincre que là encore se reproduisait le fait signalé précédemment, et que les diverses parties des muscles n'avaient de connexions avec les plexus nerveux que dans une étendue limitée. La chose était plus difficile à démontrer pour quelques autres petits muscles qui, comme ceux de l'œil, reçoivent leurs nerfs sous un angle aigu, et dans lequel les branches principales parcourent un trajet plus ou moins long avant de former leurs expansions terminales; j'y réussis cependant assez bien. Les muscles volumineux, naturellement, ne peuvent être examinés au microscope en masse ; mais des voies différentes conduisent à cette conviction qu'on peut leur appliquer, au moins à quelques-uns, tout ce que nous venons de dire des petits muscles; il suffit, pour cela, d'isoler par la dissection et d'examiner dans toute leur longueur quelques petits faisceaux aplatis. En effet, lorsqu'on étudie les muscles, ceux surtout qui ne sont pas trop compactes, on s'assure de ce fait, que chaque fascicule se comporte, en quelque sorte, comme un petit muscle. Je n'ai pas examiné comment les nerfs se distribuent dans les muscles à faisceaux très longs, tels que le couturier, le grand dorsal, etc.; peut-être chacun de leurs faisceaux primitifs a-t-il, avec les nerfs, des points de contact multiples et très éloignés les uns des autres.

En 1 836, Valentin et Emmertont décrit simultanément la terminaison en anses des fibres nerveuses primitives dans les muscles, mode de terminaison que le premier de ces auteurs a prétendu exister également dans les nerfs sensitifs. Mais depuis que la physiologie moderne a montré qu'elle était fort embarrassée de ces anses, et surtout depuis que le microscope a fait découvrir des terminaisons différentes (corpuscules de Pacini, etc.), les anses sont tellement tombées en discrédit, qu'au lieu de se demander, comme autrefois, s'il existe un mode de terminaison différent, on se pose maintenant cette question : Y a-t-il véritablement des anses ? Dans les muscles , spécialement , leur existence a semblé très problématique à quelques auteurs depuis qu'on a trouvé dans ces organes des divisions des tubes nerveux et des extrémités libres; mais il est certain que ces anses se rencontrent quelquefois, comme nous l'avons vu précédemment, quoiqu'on ne puisse affirmer qu'elles constituent bien véritablement la terminaison des nerfs. Je ferai remarquer encore que, dans un cas, j'ai cru voir, sur un ramuscule nerveux du muscle omo-hyoïdien, un petit ganglion composé d'environ cinq cellules; mais je n'avance ce faic qu'avec réserve, puisque le muscle soumis à mon observation avait été traité par la soude.

Chez les invertébrés, la terminaison des fibres nerveuses par une extrémité libre et leur division au voisinage des fibres musculaires ont été décrites depuis fort longtemps par divers auteurs. C'est ainsi que Doyère l'a fait pour les tardigrades ; de Quatrefages pour l'éolidine et quelques rotifères (Ann. des se. nat., 1843, p. 30, et pl. II, fig. 12). J'ai vu moi-même, dans une larve de Chironomus (diptère), une fibre nerveuse unique se diriger vers les deux faisceaux musculaires du pied de devant, se diviser en deux branches à la manière d'une fourche, et s'appliquer à la surface du muscle après s'être renflée un peu à ses extrémités. Des observations plus récentes, faites par Leydig et par Meissner, concordent parfaitement avec les précédentes ; seulement Meissner veut que les extrémités des nerfs se confondent d'une manière indissoluble avec les fibres musculaires. Chez les vertébrés, Müller et Brücke ont décrit les premiers, dans les muscles de l'œil du brochet, une division des fibres nerveuses (J. Müller, Physiol., 4e édit., 1er vol., p. 524), et de Quatrefages a fait, sur YAmphioxus, les mêmes observations que sur les invertébrés. 11 est aisé de les

répéter surles musclesde l'œil du brodhet; en déchirant les faisceaux deces muscles, soit frais, soit conservés dans le sublimé et rendus transparentspar l'acide acétique, on voit très souvent des fibres qui se bifurquent. Mais ce fait est bien plus fréquent chez la grenouille, où l'on rencontre aussi plussouvent des trifurcations. J'ai été frappé, en outre, d'une circonstance qui est précisément l'inverse de ce qui se voit spécialement chez les mammifères : je veux parler de l'étendue extraordinaire qu'occupent les ramifications nerveuses clans les muscles de l'œil des poissons, étendue telle, qu'il semble difficile cle trouver un point d'un faisceau musculaire près duquel on ne rencontre une fibre nerveuse. Il arrive même très souvent que des libres nerveuses accompagnent les faisceaux musculaires dans un très long trajet, en formant autour d'eux des anses ou des tours de spire plus ou moins nombreux. R. Wagner a vu quelque chose de semblable dans les muscles de l'œil de la torpille, animal dont les autres muscles n'offraient que très peu de branches nerveuses (Gott. Nachr., oct. 1851). Dans les amphibies , les divisions et les extrémités libres des fibres nerveuses sont connues depuis Wagner. Les premières sont remarquablement évidentes et nombreuses; elles commencent à se montrer dans les rameaux et minuscules nerveux, sur des tubes qui ont 0"m,,009 à 0mm,014 de largeur, et se répètent plusieurs fois

pendant que les fibres s'amincissent c]e plus en plus, pour se réduire en définitive à des filaments très ténus de 0m"',00 2 à 0mm,003 de largeur. Les tubes se divisent généralement en deux ou trois branches, rarement davantage. Wagner, cependant, a vu une fibre nerveuse fournir huit branches. Les filaments terminaux sont pâles et à simple contour. Ils ne pénètrent jamais dans l'épaisseur des faisceaux musculaires; appliqués à leur surface, ils prennent, après un court trajet, une direction transversale ou oblique, ou bien marchent longtemps parallèlement aux fibres musculaires ; dans les deux cas ils ont quelquefois la finesse des fibrilles de tissu conjonctif et se terminent en pointe. Tous ces faits peuvent être vérifiés parfaitement sur le muscle mylo-hyoïdien (Wagner), et mieux encore sur les muscles cutanés très minces du thorax. Ecker, le premier, attira mon attention sur ces derniers muscles, dont la

Fig. 106. — Divisions des fibres nerveuses dans un petit rameau du muscle cutané de la poitrine delà grenouille. Grossissement de 3 ob diamètres, a, bifurcation; b, trifurcation.

Fie. 106.

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