DÉVELOPPEMENT DES MUSCLES ET DES TENDONS
comparée, de cellules disposées en séries longitudinales. Ense développant davantage, elles s'élargissent et s'allongent de plus en plus, tandis que leur contenu, le même que celui des cellules, se transforme en fibrilles musculaires. Au quatrième mois (fig. 108), beaucoup de ces fibres mesurent 0mm,00G3 à 0'"n',011 en largeur, quelques-unes même 0mm,01Zi, bien que d'autres n'aillent pas au delà de 0mm,0036 à 0mm,005. Elles sont encore aplaties, mais déjà elles sont également larges partout, et un peu plus épaisses qu'auparavant; la plupart présentent des stries longitudinales et transversales très évidentes, et même des fibrilles isolables. En les examinant suivant leur longueur, mais surtout sur des coupes transversales, on acquiert la conviction que les fibrilles sont loin de combler tout l'espace occupé par les tubes primitifs; qu'elles sont, au contraire, réunies à la périphérie de ces derniers, de manière à constituer un cylindre renfermant dans son intérieur une substance qui a conservé son aspect homogène primitif, et qui donne au cylindre des fibrilles l'apparence d'un tube creux. Tous les tubes primitifs sont enveloppés d'un sarcolemme (b) excessivement fin, dont l'existence peut être démontrée au moyen de l'acide acétique et de la soude. Il arrive aussi quelquefois que l'eau, en imbibant les faisceaux, éloigne çà et là le sarcolemme des tubes. Ces derniers sont pourvus, comme au début, de noyaux adossés au sarcolemme, et le soulevant quelquefois ; ces noyaux, qui se multiplient très rapidement, sont tous vésiculeux, sphériques ou oblongs et munis d'un ou de deux nucléoles très évidents, de 0mm,0009 à 0"'m, 0U18. Souvent ils renferment deux noyaux secondaires dans leur intérieur. Bien plus nombreux qu'à la période précédente, ils sont généralement réunis par deux ; quelquefois cependant on trouve des groupes de trois, quatre et même six noyaux agglomérés. A partir de cette époque jusqu'au moment de la naissance, les faisceaux musculaires ne subissent plus aucune modification notable, si ce n'est qu'ils gagnent en épaisseur. Chez le nouveauné, ils ont 0mm,0126 à 0mm,01&2 de largeur ; ils sont pleins, prismatiques à angles arrondis, striés en long ou en travers, suivant les circonstances, comme chez l'adulte ; leurs fibrilles s'isolent avec une facilité extraordinaire, et leurs noyaux sont encore plus nombreux que précédemment. D'après ce qui précède, le sarcolemme n'est que l'ensemble des membranes de toutes les cellules qui se sont confondues entre elles ; les noyaux des jeunes faisceaux sont les noyaux des cellules primordiales, et ceux des faisceaux plus âgés, les descendants de ces derniers, qui se sont multipliés par génération endogène. Les fibrilles musculaires résultent de la transformation du contenu des cellules, qui est devenu plus dense et qui s'est divisé longitudinalement. Dans beaucoup de cas, on peut voir très bien qu'elles se développent à partir du sarcolemme vers le centre du tube ; quelquefois peut-être, cependant, leur développement a lieu dans toute l'épaisseur du tube à la fois.
L'accroissement d'un muscle pris en masse est dû principalement à ce que les faisceaux primitifs augmentent de longueur et d'épaisseur, car les rudiments de tous les faisceaux primitifs qu'on trouve plus tard, semblent exister déjà au moment où apparaît la première trace des muscles; mais ces
faisceaux, existent certainement vers le milieu de la période fœtale. Chez l'embryon de quatre à cinq mois, il n'est pas rare de rencontrer des faisceaux cinq fois plus volumineux que ceux de l'embryon de deux mois ; l'enfant nouveau-né offre des faisceaux dont le volume est généralement le double, quelquefois le triple ou le quadruple de celui des faisceaux du fœtus de quatre mois, et chez l'adulte, ils comportent un volume cinq fois plus considérable environ que chez le nouveau -né. Avec l'épaisseur des faisceaux musculaires doit augmenter aussi le nombre de leurs fibrilles, car, suivant Harting, il n'existe qu'une faible différence, quant à la largeur, entre les fibrilles de l'adulte et celles du fœtus (voy. Harting, Rech, micrométr., et Hepp, toc. cit.). D'accord avec Valentin et Schwann, j'ai trouvé que le Perimysium se développe d'après le même type que le tissu conjonctif ordinaire, et aux dépens de cellules formatrices qui deviennent d'abord fusiformes, pour se confondre ensuite les unes avec les autres.
Les éléments des tendons ne se développent jamais avant ceux des muscles, car, sur des embryons de huit à neuf semaines, il m'a toujours été impossible de trouver aucune trace certaine des premiers, tandis que les fibres musculaires paraissaient déjà d'une manière assez évidente. Ce n'est qu'au troisième ou au quatrième mois que les tendons deviennent appréciables à l'œil nu, et qu'on peut en suivre les éléments avec précision. Ils se montrent alors sous la forme de longs rubans parallèles renfermant des noyaux allongés, et provenant de cellules fusiformes confondues ensemble; c'est ce qui résulte des observations de Schwann et de moi (§ 28) sur de très jeunes mammifères. Au quatrième mois, on peut déjà reconnaître que ce sont là des faisceaux primitifs, légèrement onduleux et munis , d'espace en espace, de noyaux oblongs, de 0""",0Q78 à 0mm,OU de longueur sur 0""",0036 de largeur. Ces faisceaux, néanmoins, ne présentent pas encore de fibrilles distinctes et n'ont guère plus de 0m"\0027 à 0""",0036 de largeur. Depuis lors, jusqu'à la fin de la vie fœtale, ils s'élargissent insensiblement, de sorte que chez le nouveau-né ils mesurent 0""",D()5 à ()""", 005(5 dans leur diamètre transversal. En même temps se développent leurs fibrilles , et entre celles-ci , des fibres élastiques fines, formées aux dépens de cellules formatrices fusiformes et spéciales (voy. plus haut, § 27). Si nous comparons ces faisceaux avec ceux de l'adulte, qui ont 0"l,n,0Ui. à 0m\016 de largeur, nous verrons qu'à partir de l'époque où ils commencent à se montrer, les faisceaux tendineux ne cessent de croître en volume, si bien que les épaisseurs comparatives qu'ils présentent chez le fœtus de quatre mois, chez le nouveau-né et chez l'adulte, peuvent être exprimées par les chiffres 1:1, 8:6. Il ressort
Fig. 109.
Fig. 109. — Portion du tendon d'Achille d'un nonveau-né, traitée par l'acide acétique et grossie 250 fois. On y voit les fibres élastiques fines en voie de dévelojipemeut.