‹ Éléments d'histologie humaine [electronic resource]Chapitre 97 sur 247 · CONNEXIONS DES OS. SYNARTHROSES · texte numérisé non relu

CONNEXIONS DES OS. SYNARTHROSES

des parois plus ou moins épaissies avec un commencement de dépôts calcaires, ne laissent aucun doute sur le mode de leur développement.

Des capsules mères , ossifiées en partie ou en totalité , contenant soit deux cellules filles (et ayant de 0nim,033 à 0llim,066 de diamètre), soit 10 ou 20 cellules

Fig. 125.

filles (et ayant jusqu'à 0mm,/l 1 de diamètre), se rencontrent, de la manière la plus évidente, dans la plupart des préparations.

La synchondrose sacro-iliaque est constituée par une lame cartilagineuse de 1mn,,65 à 2ffi,n,90 d'épaisseur, étendue et fixée solidement sur la surface auriculaire des os correspondants. Dans le voisinage des os, les capsules de cartilage sont aplaties et dirigées dans le sens des surfaces osseuses, et l'on trouve, sur la marge des os correspondants, des capsulés de cartilage métamorphosées en capsules osseuses, soit à l'état d'isolement complet, soit à l'état de demi-isolement. Dans la profondeur des cartilages sacro-iliaques, on rencontre constamment, suivant Zaglas, une cavité ou sorte de fissure qui sépare, d'une manière plus ou moins distincte, les revêtements cartilagineux des deux surfaces osseuses. Cette cavité renferme une petite quantité d'un liquide analogue a la synovie, et elle est limitée par des parois lisses et polies, qui se distinguent de tous les autres cartilages par leur grande dureté et aussi par leur structure. La substance fondamentale de ces revêtements cartilagineux (qui, d'après Luschka, sont même revêtus d'une membrane synoviale) est seulement fibreuse dans le sens de la surface; les cellules qu'elle contient sont toutes de grandes dimensions (elles ont jusqu'à 0mni, 077 de diamètre) ; elles contiennent un grand nombre de cellules filles , et elles ont des parois tellement épaissies, que la cavité des cellules mères, de même que celle des cellules filles, paraît exceptionnellement très réduite; on ne peut toutefois y constater clairement ni des canalicules poreux, ni des dépôts calcaires.

Les cartilages costaux sont recouverts d'un périchondre résistant, formé de tissu conjonctif contenant une grande quantité d'éléments élastiques. Du côté de l'extrémité sternale de la côte, le périchondre recouvre la membrane synoviale de l'articulation chondro-sternale ; du côté de la côte, il se continue directement avec le périoste de la côte osseuse. Le cartilage costal adhère au périchondre par une surface rugueuse ; il est solide, quoique élastique, d'une couleur jaune pâle, ou bleuâtre sur

Fig. 125. — Tranche osseuse du pubis de l'homme, prise tout coutre le cartilage de la symphyse. Grossissement de 350 diamètres, a, cellules de cartilage à parois épaissies; b, les mêmes cellules pendant le travail d'ossification ; c, cellules presque ossifiées et à parois homogènes : ces cellules sont libres dans la substance fondamentale du cartilage; d, les mômes cellules encroûtées à leur surface de dépôts calcaires ; e, cellules ossifiées à demi engagées dans la substance fondamentale de l'os, infiltrée par le dépôt calcaire.

des tranches minces; d'ans l'intérieur, en certains endroits, il est blanc jaunâtre avec des reflets satinés, ce qui dépend de la structure fibreuse de la substance fondamentale, qui, dans les autres points, est finement granulée. Les cellules de cartilage forment à l'extérieur une couche de 0mm.13 à 0n,,22 d'épaisseur, dans laquelle elles sont allongées, aplaties, parallèles à la surface: les cellules ont généralement do petites dimensions (environ 0mm,01 3 de diamètre); d'autres sont plus grosses et remplies d'un nombre variable de cellules filles. En pénétrant dans la profondeur du cartilage, on trouve des cellules plus volumineuses, et qui n'ont pas tout à fait perdu leur forme aplatie; la plupart de ces cellules ont de 0,1,n,,066 à 0m,M,1 I de diamètre; elles sont arrondies et allongées, et disposées de telle façon que leurs surfaces regardent vers les extrémités du cartilage costal, tandis que leurs axes longitudinaux sont dirigés à la manière de rayons dont le centre correspond à la partie moyenne de la côte coupée en travers. Dans certains cas, cependant, ces cellules sont dirigées d'une manière assez irrégulière et dans des sens divers. Les cellules les plus grandes (de 0mm,1 7 à 0mn,,22 de diamètre) se rencontrent dans la partie fibreuse de la côte, et renferment, comme toutes les cellules profondes, un nombre variable et souvent très considérable de cellules filles (jusqu'à 60, suivant Donders).

Ce qui caractérise spécialement les éléments des cartilages costaux, c'est l'abondance de la graisse qu'ils contiennent. Dans toutes les cellules, à l'exception seulement des plus superfi-

cielles , on trouve , chez l'adulte, des gouttelettes de graisse de volume variable (de 0mm,0035 à 0mm,017), tantôt sphériques , tantôt moins régulières ; souvent

le noyau si complètement, que celui-ci devient invia et b) ; d'où l'on a conclu, sraisse était contenue dans

Fi G. 126.

sible (voy. fig. 126 mais à tort, que la le noyau lui-môme.

Le cartilage des grandes cornes de l'os hyoïde, celui qui est interposé entre le corps et la grande corne du même os, et, enfin, l'appendice cartilagineux de l'apophyse styloïde ( appendice qui manque souvent) , ne diffèrent pas sensiblement des cartilages costaux, si ce n'est, toutefois, que les cellules de ces cartilages ne contiennent pas toujours des gouttelettes graisseuses aussi distinctes.

Les cartilages costaux s'ossifient très fréquemment dans un âge avancé. Cette ossification, ainsi d'ailleurs que la transformation fibreuse de la substance fondamentale, n'est pas tout à fait normale, et ne peut pas être placée sur la même ligne que l'ossification ordinaire. Les ossifications sont tantôt limitées, tantôt assez étendues. Dans le premier cas, l'ossification se borne souvent à l'incrustation des cellules de cartilage et à celle de la substance fondamentale interposée, devenue fibreuse. Dans le second cas (et parfois aussi dans le premier), l'ossification donne lieu à la formation, dans le cartilage, de lacunes qui se remplissent de moelle de cartilage, et de

Fig. 126. — Cellules de cartilage de l honime. Grossissement de 350 diamètres, a, cellules mères d'un cartilage costal, contenant trois cellules filles : on voit sur les noyaux de celles-ci des gouttelettes graisseuses; b, deux cellules du même cartilage dont la gouttelette graisseuse est entourée d'une pâle bordure; c, deux cellules à parois épaissies, prises sur le cartilage de la grande corne de l'hyoïde. A côté des gouttelettes graisseuses on distingue nettement un noyau. L'ulricule primordial n'a pas été distinctement figuré dans toutes ces cellules.^

CONNEXIONS ARTICULAIRES. DIARTHROSES. 2^9

vaisseaux qui se mettent en communication, en partie avec ceux du périchondre, et en partie avec ceux de la côte osseuse correspondante. La substance osseuse qui prend alors naissance est tout à fait semblable à l'os ordinaire, sauf qu'elle est presque toujours plus obscure, moins homogène, et que les cavités osseuses (corpuscules des os des auteurs) qu'elle contient sont moins complètement développées et renferment souvent des dépôts grumeleux.

On donne le nom de moelle de cartilage à l'ensemble des parties qui se montrent dans les points où la substance de cartilage disparaît, c'est-à-dire aux cellules de la moelle, aux cellules adipeuses, aux faisceaux de fibres du tissu conjonctif, et aux vaisseaux. On observe facilement toutes ces parties dans les cartilages des côtes et dans les cartilages du larynx en voie d'ossification , et leur mode d'apparition et de développement est tout à fait semblable à ce qui a lieu dans le développement des os proprement dits.

§ 99. Connexions articulaires. Diarthroses. — Les extrémités par lesquelles les os se correspondent clans les articulations proprement dites sont recouvertes, sans exception, par une couche mince de tissu cartilagineux. Les cartilages d'encroûtement ont leur plus grande épaisseur vers la partie moyenne ; cette épaisseur va en diminuant à mesure qu'on s'avance vers les limites du cartilage, et, au point où le cartilage se termine, la couche cartilagineuse est extrêmement mince. Les cartilages articulaires (cartilages diarthrodiaux) s'appliquent solidement sur les rugosités des surfaces articulaires convexes ou concaves des os , sans qu'on puisse en aucun point distinguer de tissu d'union intermédiaire. Dans la plupart des articulations, la surface libre ou surface articulaire du cartilage est complètement nue dans la plus grande partie de son étendue; elle n'est recouverte que sur ses limites par une membrane fibreuse propre ou périchondre, dépendance ou prolongement du périoste. Ce prolongement ne revêt qu'une très petite portion du cartilage, et disparaît bientôt peu à peu sans limites bien tranchées.

Dans quelques articulations (articulations scapulo-humérale et coxo-fémorale), on trouve, comme moyen d'union accessoire, des lèvres cartilagineuses particulières (bourrelets glénoïdien et cotyloïdien), sous forme d'anneaux fibreux, solides, blanc jaunâtre. Ces anneaux s'appliquent sur les os par une base élargie, dans le point où se terminent les cartilages articulaires, et aussi en partie sur le cartilage lui-même ; en dedans et dans une assez grande étendue, ils sont libres de connexions avec la synoviale et dépourvus d'épithélium ; en dehors, ils sont adhérents au périoste et à la capsule synoviale.

Lorsqu'on examine la structure intime des parties précédemment décrites, on trouve que les cartilages diarthrodiaux des os arrivés à leur complet développement sont constitués, dans les conditions normales (voy. fig. 127), par une substance fondamentale, en partie finement granulée, en partie homogène, qui contient des capsules de cartilage à minces parois. Ces capsules sont abondantes vers la surface libre , et aplaties parallèlement à la surface. Dans l'épaisseur du cartilage, elles sont plus rares, oblongues ou arrondies, et disposées dans des directions diverses. Près de la surface osseuse, enfin, elles sont plus allongées, et dirigées perpendiculairement

à la surface articulaire de l'os. Ces capsules ont des parois qu'il est facile de distinguer de la substance fondamentale elle-même , surtout lorsqu'on humecte la préparation avec l'acide acétique. On reconnaît aussi de celte

manière, dans l'intérieur de la capsule, l'utricule primordial ou la cellule de cartilage, et , dans celle-ci , un contenu clair, parfois granulé, présentant une petite quantité de graisse et un noyau vésiculeux. Les capsules des cartilages diarthrodiaux sont isolées ou disposées par groupes, et contiennent souvent deux , quatre , ou même un plus grand nombre de cellules filles; celles-ci sont réunies en groupes dans les capsules aplaties , et disposées en séries longitudinales dans les capsules allongées. On trouve, au condyle du maxillaire inférieur, comme aussi dans la cavité glénoïde du temporal , tant que le développement des os n'est pas terminé, une couche épaisse de capsules de cartilage bien caractérisées, recouverte de tissu conjonctif. Cette couche cartilagineuse disparaît à mesure que l'os approche de son développement complet, et, en définitive, on ne trouve plus , indépendamment du tissu conjonctif , devenu relativement et absolument plus abondant , qu'une couche très mince et transparente dont les éléments , quoique n'étant pas réellement formés de cellules osseuses au point de vue morphologique, paraissent cependant se rapprocher davantage de ces cellules que des cellules de cartilage. D'après Bruch , le revêtement de l'extrémité sternale de la clavicule est aussi de nature fibreuse.

Les bourrelets cartilagineux des articulations sont principalement formés de tissu conjonctif; ils contiennent cependant, sans exception, quelques cellules de cartilage isolées, arrondies ou allongées, pourvues d'une membrane d'épaisseur moyenne, offrant dans leur intérieur un noyau distinct, et, çà et là , quelques granulations adipeuses. Je n*ai pas encore trouvé ici de cellules mères; il n'est pas rare toutefois d'y rencontrer des cellules disposées en séries (déjà mentionnées dans le Système musculaire, voy. § 86),

Fig. 127. — Cartilage articulaire d'un métacarpien de l'homme. Coupe perpendiculaire. Grossissement de 90 diamètres, a, cellules de cartilage de la surface, ou cellules aplaties; 6, cellules de la partie moyenne, ou cellules arrondies; c, cellules profondes, perpendiculairement dirigées; d, couche superficielle de l'os formée d'une substance fibreuse fondamentale ossifiée, et de cellules de cartilage à parois épaissies contenant de l'air, ce qui leur donne une apparence obscure; c, substance osseuse proprement dite; /', terminaison de l'espace médullaire de l'épiphysc: g, espace médullaire.

Fig. 127.

Page 1