LIVRE VI, » HAVITUE XI
pensée qui pousse au mal en lire son origine ( morale des Persans ) , et parce que l'homme paresseux est un fardeau à lui-même : les heures pèsent lourdement sur sa tête. ( Maxime d'un auteur indien. ) Vous redouterez la volupté, parce qu'elle est mère de la douleur. (Solon.) Jamais vous n'oublierez que les plaisirs ne sont un bien que lorsqu'ils s'accordent avec les devoirs et la santé -, que la modération doit en être la règle, et la satisfaction d'un besoin légitime le but j qu'il n'y a pour l'homme ni courage, ni vertu, ni santé, sans une extrême réserve dans l'usage des facultés reproductives. Voilà ce qu'en votre qualité d'être intelligent et moral vous ne devez point perdre de vue. L'amour que vous avez pour vous-même, le sentiment de voire dignité, la crainte de la souffrance , voilà les motifs qui doivent vous déterminer. Enfin , comme être religieux, vous devez être toujours en observation sur vous-même, car vous ne pouvez vous livrer à un excès ou vous rendre l'esclave du vice sans donner un démenti à vos propres croyances , sans blesser votre dignité morale , sans vous rabaisser aux yeux de vos co-religionnaires et vous rendre coupable d'hypocrisie envers la divinité.
Des devoirs envers la familîe*
Les droits qu'ont les enfants d'être soignés, nourris, élevés, instruits par les auteurs de leurs jours , sont pour ceux-ci des devoirs sacrés , écrits dans leur cœur en caractères ineffaçables; mais, en retour de la tendre amitié que les pères et mères ont pour leurs enfants, du dévouaient dont ils ne cessent de leur donner des preuves , ils ont droit à leur reconnaissance, à leur respect et à leur soumission. A part les tiens de parenté, cette soumission leur serait due d'ailleurs en raison de leur âge et de leur expérience , et du besoin d'une autorité tutélaire pour régler et diriger les intérêts de famille.
Aussi toutes les religions comme toutes les pbilosopbies se sont trouvées d'accord pour tracer aux enfants leurs devoirs envers teurs pères et mères.
Aime tes parents , a dit l'un des plus anciens sages (Thaïes); s'ils te causent quelques incommodités légères, apprends à les supporter.
Comportez-vous envers eux comme vous voudriez que vos enfants se conduisissent un jour envers vous-mêmes. (Isocrate.) — Respecte ton père et ta mère et tes proches parents. ( Pythagore.) — Attends de tes enfants dans la vieillesse ce que toi-même auras fait pour ton père. — Tout scélérat a commencé par être un mauvais fils, et tout bon fils est bon frère, bon époux, bon père, bon parent, bon ami, bon citoyen. ( Morale des Chinois. ) Voilà en peu de mots tous les devoirs des enfants.
Devoirs envers nos supérieurs.
Ou nos supérieurs sont les exécuteurs de la loi , et dans ce cas ils doivent , comme les lois protectrices dont ils sont les organes , obtenir notre obéissance ; ou ils sont simplement les délégués , les remplaçants de nos père et mère pour l'œuvre de notre éducation , alors à ce titre ils ont les mêmes droits sur nous , nous leur devons les mêmes égards, la même obéissance qu'à nos parents.
« Celui qui donne la science et la vertu fait plus que donner la vie , » puisqu'il donne les moyens de la conserver honorablement.
Un bon maître est pour nous un bon conseil , un protecteur, un bon ami. Nous devons être désireux de lui plaire et charmés de lui prouver notre respect et notre dévoûment. La reconnaissance nous le conseille et notre devoir nous le commande.
De nos devoirs envers la société générale , et envers notre patrie comme citoyen , comme homme politique , comme magistrat , etc.
L'homme ne peut vivre seul 5 être faible et rempli de besoins , il lui faut l'aide de son semblable 5 être aimant et sympathique, la compagnie lui est indispensable. Aussi, dans toutes les parties du monde, toutes les races humaines, quel que soit leur degré de civilisation , obéissent à l'instinct de