‹ Eléments d'hygièneChapitre 132 sur 156 · LIVRE VI, CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE VI, CHAPITRE XIV

doute, votre solution à la leur : C'est peut-être parce qu'il y a le dans la première phrase et les dans la seconde. Vous laisserez confirmer votre corollaire par l'examen de toutes les phrases du même genre ; plus tard vous vous occuperez des exceptions. Vous aurez ainsi suivi une méthode expérimentale, habitué à comparer et à juger, et fait naître le désir de savoir.

Si , par des exercices semblables , on arrive à faire pressentir à l'élève la règle qui en découle, c'est alors qu'on pourra lui mettre entre les mains une grammaire sur laquelle il vérifiera la justesse des inductions qu'il en a tirées. Ce n'est que comme cela qu'on doit l'apprendre -, c'est la seule manière de soumettre à des règles fixes et comprises la langue maternelle.

Pour la faire parler, le maître ne doit se servir que d'expressions propres et choisies, reprendre les élèves qui font, en parlant , des fautes que l'ignorance et l'habitude rendent familières et laissent inaperçues.

Pour la faire écrire, il ne faut se servir ni de cacologie, ni de cacographie, celles surtout qui présentent les mots tellement défigurés dans leur orthographe radicale, qu'on les reconnaît à peine. On pourrait peut-être conserver celles dont les mots ne sont mal écrits que dans la désinence ; mais on ne doit les employer que quand l'élève a une certaine force et qu'il peut en faire le corrigé *, car , dans les commencements , il importe de ne lui mettre sous les yeux que des phrases bien écrites , afin qu'il les retienne pour lui servir de terme de comparaison. Il faut donc copier d'abord et écrire ensuite sous la dictée du maître. Les dictées fixent l'attention et mettent à même de traduire en signes alphabétiques les sons qui frappent l'oreille. C'est, du reste, un exercice de lecture utile j car, en faisant lire le cahier à l'élève, on peut l'interroger sur le contenu de ce qu'il a écrit.

L'analyse grammaticale et logique est-elle utile ? Si l'on a su, par des exercices méthodiques, faire connaître les différentes espèces de mots, on sait analyser : il est inutile d'y donner un

temps qu'on pourrait beaucoup mieux employer. Quant à la seconde, elle repose sur une ballologie tellement absurde dans la décomposition des phrases, que la synthèse n'en serait pas toujours possible à des esprits cultivés 5 il faut se borner seulement à la connaissance des diverses propositions qui peuvent être utiles dans la ponctuation.

Histoire. — Chronologie. — Géographie.

La tendance générale des esprits vers les éludes historiques se fait remarquer en France depuis vingt ans ; on met un infatigable zèle à faire des chronique; , à rechercher des dates , à exhumer des faits que le temps paraissait avoir enfouis pour toujours, à montrer leur enchaînement, leur philosophie, leur influence sur la civilisation. Ce goût est surtout caractérisé par de nombreuses publications de mémoires et de romans qu'on appelle sérieusement historiques. L'histoire , a dit Cicéron , est le flambeau de la vérité , le maître de la vie. Cet éloge n'a pas trouvé de contradicteur , et cependant il serait difficile de le concilier avec le système philosophique de l'école qui admet qu'un mouvement circulaire a été imprimé à l'humanité , que les générations futures recommenceront les mêmes errements que les générations passées, qu'elles se consumeront en efforts impuissants pour sortir de ce cercle vicieux qui leur a été tracé. A quoi peut servir l'histoire pour ceux-là ? Elle n'est plus qu'un objet de curiosité -, ses leçons sont à jamais perdues, puisqu'elles ne peuvent rendre les hommes meilleurs. L'école de M. Bûchez , fondée sur l'observation des grandes époques historiques marquées par des révolutions qui changent la face du monde et améliorent les institutions des peuples en raison de leur postériorité, a posé la loi de progression indéfinie et apporté !c dogme consolant du progrès humanitaire; le genre humain, poussé par un mouvement en ligne droite qui ne peut se suspendre ni rétrograder, arrivera par une série de développements au terme de la perfection, à la pratique pure de la morale évangélique.

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