‹ Eléments d'hygièneChapitre 145 sur 156 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Perfectionnement ou progrès social.

Pour prouver la nécessité du progrès ou perfectionnement social , il suffit de jeter un coup d'oeil impartial sur la condition et la destinée de presque tous les peuples de la terre. Tous les observateurs sont unanimes pour reconnaître les imperfections, les abus et les vices de la plupart des institutions sous l'empire desquelles ils végètent depuis des siècles.

Partout, ou presque partout, le genre humain estdégradéT avili, dans la moitié au moins des êtres qui le composent. Notre espèce est plutôt agglomérée en troupeau,, qu'organisée en véritable société. Quelques-uns ont été faits bergers , un plus grand nombre chiens de garde , tous les autres sont conduits , parqués , et souvent égorgés pour le plus grand avantage de ceux qui en sont devenus maîtres. Dans une société pareille , les lois de notre organisme ne pouvaient qu'être méconnues , violées , outragées. Notre instinct sympathique , véritable attraction sociale que Dieu a mise dans nos âmes, au lieu d'être favorisé, étendu, perfectionné, a été au contraire comprimé , refoulé , détérioré. L'homme a été condamné par le milieu social et politique dans lequel il a été forcé de vivre , à se renfermer dans son moi, à se replier, à se vautrer dans la fange de l'égoïsme.

Dans notre siècle , qu'on dit si avancé sous le rapport de la civilisation , l'on voit encore les vingt trentièmes des populations forcés de se plaeer sous la dépendance des autres , et de se livrer, en quelque sorte , à leur discrétion pour ne pas être exposés à mourir de faim , e'est-à-dire pour végéter misérablement. A la vérité , ce n'est plus l'esclavage et l'ilotisme des temps anciens , ni le servage de la glèbe du moyen-âge 5 mais c'est un état non moins honteux , plus précaire , plu&

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