‹ Eléments d'hygièneChapitre 148 sur 156 · LIVRE VX, CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE VX, CHAPITRE XVI

bililés -, par là on diminue ou l'on annule les dispositions aux spasmes , les tendances à l'impatience , à la colère , à la jalousie , etc. Si l'on agit en même temps sur le moral , si l'on fait intervenir la raison , l'effet en sera plus assuré.

Il y a long-temps que l'expérience a fait connaître les modifications que l'on peut faire subir au tempérament, et par suite au caractère et aux passions par l'influence de la température ambiante, par celle de certains aliments, par le genre d'exercice , etc. La science médicale indique et règle l'emploi de tous ces moyens ; elle trace aussi la conduite à tenir pour éviter ou corriger le développement anormal ou prématuré de certains organes , et pour activer et régulariser celui de quelques autres , lorsqu'il se fait avec lenteur , faiblesse, ou irrégularité ; de manière qu'on arrive à établir une sorte d'équilibre qui , bien qu'il ait lieu dans les organes et les fonctions de la vie physique , se reproduit aussi dans les facultés morales et intellectuelles.

De ce qui précède , il résulte que la vie physique peut être fortifiée et perfectionnée par la juste application des principes de la science de l'homme ou de la partie de cette science qu'on nomme hygiène , c'est-à-dire par le bon emploi de la gymnastique , par l'usage permanent d'un air pur , par une bonne alimentation , une habitation saine , et principalement par une occu.pa.iion régulière , qui soit de nature à stimuler légèrement l'esprit , et à dépenser suffisamment la force musculaire. Je le proclame de nouveau avec la plus complète conviction : de tous les moyens indiqués jusqu'à présent . il n'en est point qui soit plus utile au physique et même au moral de l'homme que le travail. Il n'y en a point en effet qui soit plus propre à prévenir, à corriger et à guérir ses vices de toute nature.

Le travail ( Voyez ce mot ) doit donc être la base d'un bon régime social , comme il est ou sera celle d'un bon régime pénitentiaire. Il favorise la nutrition des organes -, il entretient leur activité ? développe leur adresse ; il établit l'équilibre dans les forces vitales ; il préserve ou guérit des congés-

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lions d'humeurs, si funestes même sous le rapport moral ; en même temps , il modère la sensibilité , calme les passions et prévient les anomalies de la vie sympathique: enfin, le travail est le plus grand préservatif des écarts de l'imagination , et le plus grand remède que je connaisse pour guérir la pernicieuse, influence des idées fixes.

Mais il faut pour produire ces bons effets qu'il soit modéré el varié. Modéré, car s'il ne l'était pas , il tourmenterait, il épuiserait, il abrégerait l'existence* î^arié , car sans celte condition, il serait sans charme, il ennuierait, il dégoûterait. Les mêmes organes étant toujours exereés , il donnerait lieu à des disproportions dans leur développement, il romprait l'équilibre qui doit régner entre eux, il tendrait même à faire dégénérer la race sous le rapport de la beauté, de la régularité des formes, en même temps qu'il ferait des individus devrais automates ou machines aptes seulement à un seul genre d'ouvrage. En résumé, tout homme jdoit, pour le perfectionnement de sa vie physique, se livrer au travail \ ce travail doit être proportionné à ses forces -, il ne doit pas être purement machinal. Il doit alterner avec des occupations de l'intellect , et surtout avec des instants de repos. Donc il faut à chacun plusieurs métiers ou arts. L'agriculture, dans ses diverses branches, toutes si importantes et si agréables, ainsi que les arts mécaniques qui s'y rattachent, est ce qui convient le mieux à la santé, aux mœurs et aux besoins de notre espèce.

Développement et perfectionnement de la vie intellectuelle.

L'on doit commencer le développement de la vie intellectuelle par l'éducation des sens, parce qu'ils en sont les premiers instruments , les conduits par où lui arrivent les matériaux des idées, puis par l'exercice gradué et soutenu des diverses facultés qui la composent. Ces facultés doivent être exercées , cultivées dans l'ordre de leur apparition. D'abord c'est Y attention, c'est-à-dire la faculté qu'a notre esprit de

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