‹ Eléments d'hygièneChapitre 32 sur 156 · LIVRE IV, CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE VII

curiosité ; ils n'ont pas de profondeur dans l'esprit, ils ne savent que ce que tout le monde sait , mais ils s'expriment avec une facilité qui éblouit -, leurs gestes, le son de leur voix, tout contribue à charmer. Rien n'est utile aux jeunes gens comme la conversation d'un homme moral et instruit, ils y puisent le germe d'une bonne conduite . et les premiers éléments des sciences qu'ils cultiveront avec d'autant plus de succès, que la manière atlravanlc dont elles leur auront été présentées en fera naître le goût. Les parents doivent faciliter à leurs enfants les entretiens dont nous parlons, et éviter avec le même soin ceux qui ne pourraient que gâter leur esprit, ou vicier leur cœur.

La conversation est un stimulant de l'esprit ; nous mettons de l'amour-propre à nous exprimer aussi bien que notre interlocuteur, et comme nous sommes dans la nécessité de parler souvent à des personnes instruites, nous travaillons à donner de nous une idée favorable. Si l'étude occupe tant à Paris, c'est qu'on trouve mille occasions de faire ressortir ses avantages, c'est qu'on en sait toujours moins que celui à qui l'on parle; et si notre esprit se rouille dans l'oisiveté , en province, c'est que nous en savons toujours plus que celui qui converse avec nous ; nous ressemblons au riche qui laisse perdre le bien qu'il ne cultive plus.

Une infirmité que l'on rencontre assez fréquemment, et qui prive en partie de ce moyen de communication intellectuelle, est le bégaiement. Soit qu'il y ait un vice de conformation et de structure des organes de la voix et de la parole, ou une modification de la partie du centre nerveux cérébral qui préside à cette faculté, les bègues éprouvent une difficulté dans la prononciation, qu'augmente leur timidité naturelle , et qui les réduit au silence. Ils ont recours à tous les moyens d'expression que leur fournissent le ton de la voix et spécialement le jeu de la physionomie. Il faut de bonne heure combattre celte défectuosité du langage, qui ne peut que s'accroître et dégrader les facultés morales et intellectuelles , en condamnant à l'isolement. C'est ici surtout qu'une volonté

ferme est nécessaire, ce qui prouve en faveur de ceux qui placent la cause du bégaiement dans le cerveau. On doit s'appliquer à rectifier sa prononciation par la lecture, Pépellation, la déclamation de quelques beaux vers, par le chant ; tous ces exercices doivent être pris d'abord en particulier, ensuite en public, pour vaincre une trop grande timidité. (Voy. Lecture, article Instruction.}

Lecture. — Si la conversation, par le peu d'efforts qu'elle exige dans le jeu des muscles de l'appareil vocal, est plutôt un moyen de relation qu'un moyen de développement de ces organes . il n'en est pas de même de la lecture à haute voix, qui , nécessitant plus de force et de durée dans les sons , a plus d'action sur le larynx, et peut le fortifier davantage. C'est donc un exercice utile, considéré seulement sous le rapport physiologique, et comme il agit puissamment sur les facultés intellectuelles, on ne peut trop s'y livrer, afin d'être à même de rendre, avec des inflexions convenables , les beaux passages de nos grands poètes. Nous renvoyons à l'article Instruction primaire } dans lequel nous en avons parlé longuement.

Déclamation. — Cette partie importante de l'éducation s'est malheureusement ressentie de la défaveur générale dans laquelle est tombée la gymnastique. Les anciens, avec raison, en avaient fait un art, qui, à la vérité, dégénéra trop souvent en puérilité, mais dont le but primitif était de former des orateurs. Les rhéteurs enseignaient la déclamation, et la jeunesse qui , plus tard , devait représenter les intérêts publics , ne montait à la tribune aux harangues qu'après s'être exercée long-temps, dans les écoles, à l'art difficile de bien prononcer un discours avec le ton et les gestes convenables, comme les gladiateurs s'exerçaient à faire des armes dans les académies , avant de descendre dans l'arène. C'est un mal aujourd'hui que la déclamation soit négligée , et qu'elle ne se soit guère conservée que sur la scène. Aussi les tragédiens font pleurer en représntant des fictions, et les orateurs sacrés et profanes nous touchent à peine, en annonçant les vérités éternelles, ou

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