‹ Eléments d'hygièneChapitre 35 sur 156 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

33u Sommeil.

Le sommeil, dont Homère et Hésiode ont fait un dieu, a mérité d'être chanté par les poètes , pour la douce influence qu'il exerce sur l'économie. Ovide le peint couché sur un lit d'ébène, dans un palais bâti au milieu d'un antre retiré, que les rayons du soleil n'ont jamais visité. Le fleuve Léthé arrose les murs de ce palais; on n'y entend que le doux murmure des eaux, on n'y voit que des pavots du suc desquels la Nuit exprime le sommeil qu'elle verse sur la terre. Il serait plus facile de répéter ce qu'a dit du sommeil la poétique antiquité , que de dire en quoi il consiste , quelle est son essence. Nous savons seulement qu'il découle de cette loi physiologique générale qui tient sous sa dépendance les êtres vivants, en les soumettant à des intermittences d'action , à des conditions de réparation, sans laquelle ils ne pourraient exister. Aussi nécessaire à la vie de relation que les substances réparatrices à la vie de nutrition , il devait se montrer à des époques fixes et périodiques, pourrendre à l'économie ce que lui a ôté, la veille, cet autre état opposé , qui partage avec lui la vie de tous les animaux, depuis le zoophyte, et, suivant quelques naturalistes, depuis les plantes jusqu'à l'homme.

Comme toutes les fonctions de l'organisme , il commande impérieusement , et ne permet pas plus qu'on résiste à son empire que la soif ou la faim. Aussi s'est-on servi avec succès de la veille forcée , pour amortir, chez les animaux les

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