‹ Eléments d'hygièneChapitre 44 sur 156 · LIVRE V, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE I

dicule. Dans ces derniers temps, n'a-t-on pas vu quelques hommes de talent vouloir leur donner une prééminence dangereuse , réconcilier la chair avec l'esprit , la matière avec l'intellect.

Ce mode d'existence a fait sorlir l'homme de son égoisme, ou du moins il lui a donné une aulre direction : il a créé la première de toutes les associations , le moyeu de toutes les sociétés, celle de la famille. Par cet établissement, il a cessé de vivre pour lui seul , il a connu le charme des affections les plus attractives , la douce influence du sentiment de la tendresse, delà paternité , et la satisfaction de revivre dans ses descendants.

La vie générative se fait sentir et se manifeste de deux manières : la première, qui est toute instinctive, semble n'être que l'éveil et l'explosion d'appétits tout matériels, tout physiques; c'est pour ainsi dire un besoin d'excrétion. La seconde met en jeu la vie affective, elle donné lieu à des émotions touchantes, à des sentiments affectueux , à des passions attractives , à des dévoûments sublimes. Cette dernière amène le besoin d'aimer , et fait vivre dans l'objet aimé 5 l'autre, comme la faim et la soif, semble n'avoir en vue que le besoin physique de quelques organes, et que le plaisir fugitif attaché à la satisfaction de ce besoin. Ce mode se remarque particulièrement chez l'homme , l'autre chez la femme. Cet instinct, chez les animaux , est borné à quelques saisons de l'année, pendant lesquellesil les soumet à son empire irrésistible ; chez l'homme , au contraire , il est à peu près permanent : cette différence tient-elle à la température tiède dans laquelle il vit , à l'abondance de son alimentation , ou peut-être au côté moral de ce sentiment que la nature a voulu multiplier, pour nous mettre sous sa dépendance, et en former le premier lien de la famille? heureux si, trop souvent, il ne s'écartait d'un but si noble, pour se livrer aux excès d'un libertinage qui détériore ia sanlé et dégrade le moral!

Dans la direction à donner à ces deux ordres de penchants, le premier soin est d'abord de les empêcher de naître trop

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tôt, et de continuer trop tard. Avant la puberté, la plus grande surveillance doit être exercée sur les enfants. Il faut éviter avec soin tout ce qui pourrait donner naissance à ce penchant , lui donner des distractions capables de les en détourner , multiplier les occupations , surveiller les sens de la vue et du toucher , cultiver le sentiment de la pudeur et celui de la religion.

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