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LIVRE IV, CHAPITRE III. i

leraient dans l'ignorance de beaucoup de propriétés des corps.

Ce sens doit donc être, comme tous les autres, développé par un exercice souvent répété 5 il doit être ménagé et soigné dans ses organes, c'est-à-dire qu'on prendra des précautions convenables pour ne point trop endurcir la peau du bout des doigts , qu'on l'entretiendra proprement. On évitera surtout ce qui peut y faire naître des inflammations et y développer ces dépôts douloureux qu'on nomme panaris. Quand on en est menacé , il faut sans retard recourir aux bains ebauds , aux cataplasmes calmants, aux sangsues \ et si cela ne suffit pas, aux incisions profondes.

Il est un âge où l'influence du toucher peut être dangereuse-, l'instinct et l'imagination pourraient s'en servir d'une manière pernicieuse à la santé ; cet instant doit appeler la sollicitude des parents, et leur faire prendre toutes les précautions propres à empêcher les fâcheux effets qui résulteraient d'une incurie coupable. {Voyez l'article Éducation) (1).

(1) On a établi une distinction entre le toucher et le tact; on a même voulu faire de celui-ci un sixième sens. Qu'on ait regardé le premier comme une modification du second, c'est peut-être plus spécieux que fondé; mais qu'on ait voulu nous enrichir de ce sixième instrument , nous ne croyons pas qu'on ait grandi le champ de nos perceptions. Quelques physiologistes ont borné la fonction du tact à nous donner la notion de la température. C'est évidemment une erreur; il nous donne aussi la notion de dureté, de mollesse, d'humidité, de sécheresse. Ce qui les différencie, selon M. Adelon, c'est que le tact s'étend aux qualités générales des corps, et que le toucher s'applique plus particulièrement à leur forme et à leur mesure. D'abord , l'un et l'autre donnent l'idée des objets extérieurs, n'importe avec quelle partie du corps ils soient mis en contact ; voilà une première notion qui leur est commune. Si l'on veut déterminer la température d'un liquide ou d'un solide, qu'on l'approche du bout des doigts, ou de toute autre partie de l'enveloppe tégumentaire , on aura , dans ces deux cas, un fait général de sensibilité et d'appréciation , de chaleur ou de froid. Si l'on cherche à déterminer la figure d'un corps , on reconnaîtra qu'elle est quadrilatère ou sphéroïdale en la mettant dans le creux de la main, ou sous les aisselles ; seidement , dans ce dernier mode de toucher, il pourrait arriver qu'on ne comptât pas exactement le nombre des angles ; mais observez que si ce corps était un dodécagone, par exemple, on n'arriverait pas non plus, avec le secours de la main, sans celui des yeux, à trouver le nombre de ses saillies. Dans ce cas encore } nous ayons un résultat d.e tact on de toucher, un

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Généralités sur le sens de l'odorat et du goût.

Parmi les autres sens que nous allons successivement passer en revue , il en est deux, celui de l'olfaction et de la gustation , qui servent beaucoup plus à la vie nutritive, ou d'assimilation, qu'à la vie intellective. En effet, leurs fonctions ont principalement pour but de nous avertir des bonnes ou mauvaises qualités des substances que nous devons introduire dans notre estomac , et de nous faire apprécier celles de l'air et d'autres fluides aériformes que nous devons respirer, etc. Ces deux sens doivent s'entr'aider, se suppléer réciproquement: aussi sont-ils placés près l'un de l'autre. Par celui de l'olfaction , nous pouvons d'avance reconnaître la mauvaise qualité d'un aliment, et déterminer à priori sa saveur sans l'avoir exploré par celui du goût , ce qui serait quelquefois dangereux. De même, quand ce dernier sens nous a fait reconnaître tel genre de saveur , nous pouvons, après quelques expériences , en induire qu'elle a telle ou telle odeur.

Pour que nos organes possèdent une somme de force vitale nécessaire à exécuter leurs fonctions, il faut non-seulement

peu plus parfait seulement dans une région que dans l'autre , mais c'est toujours la même action. Du reste, pour qu'il y ait différence dans la fonction , it faudrait , physiologiquement parlant , qu'il y en eût une dans les appareils ; et la main , qui est l'organe du toucher , n'a qu'une sensibilité qui lui est commune avec la peau et les membranes muqueuses ; elle reçoit, comme elles, un grand nombre de ramifications nerveuses, soit du cerveau, soit de la moelle allongée , soit des branches postérieures des nerfs spinaux, qui président à la sensibilité, selon 31 Magendie , et les branches antérieures au mouvement. Le toucher n'est donc que le tact exercé par la main, c'està-dire par la partie du corps la plus mobde par la multitude de ses os et de ses muscles , et la plus sensible par le grand nombre de papilles qu'on y remarque. C'est à tort qu'on a décoré ce sens du nom de géométrique, de régulateur ; il se trompe souvent , et il n'accorde aux autres sens que ce qu'ils lui rendent. Ils se rectifient mutuellement. Qu'aurait dit Helvétius, qui plaçait l'intelligence dans la main , si on lui avait fait voir un manchot distinguant les couleurs artificielles avec son pied ? Comment Condillac avait- 1 été mettre une grande partie de nos connaissances acquises dans la perfection de notre tact? Buffon lui-même a sacrifié à cette erreur, Mais Gall «st venu en'ever au toucher ses attributs psychologiques, M.

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