‹ Eléments d'hygièneChapitre 78 sur 156 · LIVRE Vf, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE Vf, CHAPITRE IV

difficile de déterminer pour chaque personne le degré de chaud ou de froid qu'exige celle prudence , ce n'est qu'à la sensation que cause le bain qu'on peut en juger; c'est dire que c'est de la nature de celte même sensation qu'il lire ses principaux effets; tel individu trouvera froide l'eau à 3o degrés, un autre la trouvera tiède à 9.5. Tout le monde a pu observer que les premiers bains d'eau courante que l'on prend au retour de la belle saison procurent une sensation de froid désagréable , qu'on a peine à s'y plonger , tandis que quand on en a pris plusieurs , on trouve , comme on le dit, Veau trèsbonne. L'habitude , la manière d'être , modifient tellement les impressions que chacun reçoit du même modificateur , qu'elles diffèrent essentiellement dans les conditions qui se ressemblent le plus ; on ne peut donc donner que des règles générales.

On ne doit jamais se baigner immédiatement après le repas; il faut laisser quelques heures d'intervalle. Pour avoir manqué à ce précepte , on a vu survenir des indigestions mortelles. Un léger exercice , quand il s'agit surtout d'un bain froid , est nécessaire. Il ne faut pas être en sueur en entrant dans le bain, et l'on ne doit y rester qu'autant qu'on le supporte bien, et quand on commence à se refroidir et que plusieurs frissons se succèdent , il faut se retirer. Une sage précaution , quand on est désagréablement impressionné par la sensation que produit l'eau froide , c'est de passer la main mouillée sur les diverses parties du corps , et particulièrement sur la tête , pour éviter les congestions cérébrales {Voy. Natation). On a vu des personnes impressionnables être saisies, en se précipitant brusquement dans l'eau, de spasmes violents , de tremblements nerveux, dont on n'a pu les guérir. Les aspersions d'eau froide sur la tête seront aussi très-utiles dans les bains chauds : elles s'opposeront à l'afflux, du sang dans cette partie. Il faut s'essuyer prompîement en sortant du bain. On sait qu'un corps ne passe pas de l'état liquide à l'état aériforme , sans absorption de calorique ; les gouttes d'eau répandues sur la surface du corps, en se vapo-»

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risant , produisent un froid qu'il est prudent de faire cesser immédiatement.

Les bains étant des moyens de traitement dans beaucoup de maladies , sont nécessaires à tous les âges. Il est utile de vaincre le dégoût et la répugnance que beaucoup d'enfants témoignent pour l'eau ; c'est une ressource de moins dans les affections de la peau , si communes à cet âge. On commence par les laver à l'eau tiède avec une éponge , puis on leur mettra les pieds , les mains , dans l'eau , et avec un peu de persistance on arrivera facilement ta y plonger tout le corps. Les bains tièdes sont très-utiles à un enfant ; on pourrait même l'habituer à les prendre froids , si on diminuait progressivement la température, et ce serait un moyen de fortifier dans beaucoup de cas une constitution débile.

On peut, dans toutes les saisons , prendre des bains , et comme ce n'est pas avec un thermomètre qu'il faut juger leur température, mais à l'impression qu'on en ressent, ils seront utiles dans tous les temps, seulement dans les saisons froides il sera nécessaire de s'entourer de plus de précautions, de se mettre à l'abri du froid en se tenant dans un appartement bien fermé et bien chaud. Du reste , les effets qu'ils produisent sont soumis aux constitutions , aux idiosyncrasies , aux habitudes , à l'âge , au sexe, etc.

Les femmes , plus impressionnables que les hommes , redouteront davantage les extrêmes de froid et de chaud, et ne prendront des bains que quelques jours avant ou après l'écoulement menstruel ; il est plus nécessaire qu'elles ne le pensent que rien ne trouble la menstruation , nous leur conseillons pendant ce temps d'éviter tout ce qui pourrait causer une suppression qui n'est jamais sans danger , parce qu'une fonction naturelle qui ne s'exécute pas régulièrement produit toujours dans l'économie , tôt ou tard , des effets fâcheux. Il serait à désirer que les personnes qui les entourent , leur épargnassent toute espèce de contrariétés morales , tous mauvais traitements physiques ; l'époque menstruelle est pour beaucoup une maladie de quelques jours . et eelte servitude

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