VUE VI, CHAPITRE V
cheurs , et à tous ceux qui travaillent pendant les grandes chaleurs (1) ;
5° Il faut qu'ils mettent au rang de leurs premières obligations satisfaites le soin de se changer lorsqu'ils sont mouillés-, celui de ne pas se laisser refroidir trop promplement lorsqu'ils sont en sueur; de ne pas prendre dans cel état de boisson trop froide , et surtout s'ils doivent rettep eu repos immédiatement après. Nous n'avons pas besoin d'ajouter que si , à des travaux déjà par eux-mêmes fort échauffants, les laboureurs et leurs ouvriers allaient joindre les excès de la débauche et de l'ivrognerie , cent fois plus échauffants encore , ils nuiraient autant à leur santé qu'à leurs affaires -, ils s'exposeraient particulièrement à contracter des maladies inflammatoires des entrailles, de la poitrine et des articulations (rhumatismes aigus), auxquelles ils sont déjà, par la nature de leurs travaux , fort prédisposés.
Parmi les autres professions salubres, nous mettons celles de charrons, de charpentiers, de menuisiers, voiluriers, rouliers, etc. Mêmes conseils à leur donner qu'aux laboureurs. Dans la classe des professions insalubres , nous placerons , comme ne l'étant qu'à un faible degré, celles des maçons, tailleurs de pierres , chaufourniers , plâtriers , boulangers , vanneurs de blé, meuniers , celles des cardeurs de laine, de coton, cordonniers, portiers, imprimeurs, les tisserands, des ouvriers de manufactures , les tonneliers , les laveuses, les cuisiniers.
Les neuf premiers métiers ne doivent leur insalubrité qu'à la poussière de pierre, de plâtre, de chaux ou de farine, que
(1) Nous devons recommander aux moissonneurs, qui ont tant à souffrir d'avftir la tète baissée , de renoncer à l'usage de la faucille , en la remplaçant par la faux ; ils feront quatre fois plus de besogne, et leur santé v gagnera.
Nous donnerons aux cultivateurs des environs de Paris le même conseil que M ïbouvenel aux moissonneurs ; ils remuent la terre avec une pioebe dont le manche n'a guère que 50 centimètres de longueur , ce qui les oblige à se courber en deux, diminue leurs forces et les fatigue beaucoup , quoique la terre meuble qu'ils cultivent n'oppose que peu de résistance. M.
1G4 ÊLÉMEKÏS d'hYGIÈNE,
ceux qui les exercent sont exposés à respirer; cetle poussière empale, obstrue les cellules bronchiques, les irrite, gêne et altère plus ou moins les fonctions respiratoires, au point de nuire à L'hématose. De là la mauvaise couleur de la peau, qui est chez presque tous d'un jaune pâle et terreux 5 de là aussi les toux chroniques , les crachements de sang , et ces dispositions à l'asthme et à i'hydropisie de poitrine. Il faut que ces ouvriers prennent journellement leurs mesures afin de respirer le moins possible de ces poussières nuisibles. Il leur est plus facile qu'ils ne pensent d'échapper à leur influence 5 il suffit pour cela de se mettre à l'opposé du vent, ou d'établir artificiellement de petits courants d'air qui éloignent de la bouche et du nez la couche d'air qui en est chargée. Ils doivent aussi prendre leurs repas et passer les heures du repos loin des lieux où ces poussières se répandent. Par le secours des machines, il est facile aujourd'hui de prévenir les inconvénients attachés à l'exercice du plus grand nombre de ces métiers.
La machine qui sert à battre les céréales sert aussi à les nettoyer, et préserve leurs batteurs et leurs vanneurs de la poussière. Il en est de même de celles qui servent à carder la laine, le coton , et nettoyer le crin 5 à écraser le plâtre, etc.
Les boulangers ont de plus à éviter l'influence d'une chaleur trop élevée, qui les expose aux maladies des habitants des pays chauds , aux fièvres gastriques. Dans ce but , ils feront bien d'adopter le nouveau mode de chauffer le four par le moyen des aréolhermes de Lemare; et pour échapper aux inconvénients du pétrissage, ils doivent adopter le pétrin mécanique.
Quant aux autres métiers que nous avons nommés , leur insalubrité résulte : de la position qu'ils obligent à prendre, comme celui des tailleurs ; ceux qui l'exercent doivent renoncer à la manière de s'accroupir comme ils le font, cela est d'une facilité qui les rend inexcusables de ne pas le faire; ou de l'immobilité physique à laquelle ils condamnent, comme ceux de portiers , d'ouvriers de fabriques , etc. , d'imprimeurs ; ou du séjour humide qu'ils obligent de faire dans des