‹ Eléments d'hygièneChapitre 86 sur 156 · LIVRE VI, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE VI, CHAPITRE V

de ces inconvénients. Il consiste dans un fourneau d'appel, qui établit la libre circulation de l'air, en le raréfiant. ïl faut, comme on le fait dans quelques fabriques , ne permetlre aux ouvriers de travailler qu'un mois de suite, leur conseiller de ne nlanger ni dormir dans leurs ateliers.

Les métiers qui font partie de la cinquième catégorie sont la source de graves dangers. Les mineurs sont exposés aux gaz délétères qui se développent dans les mines, par la stagnation des eaux croupissantes, la yicialîon de l'air par la décomposition des bois qu'on emploie, par des exhalaisons provenant des pierres, des terres, des métaux , formées par le gaz acide carbonique, par l'hydrogène, l'oxid? de carbone, l'acide hydrosulfurique, le gaz hydrogène arsénié, etc. Ils ont à se prémunir contre le feu-brisou, terou, ou feu sauvage, qui s'enflamme avec une détonation violente , quand il rencontre la lampe; contre \e ballon, qui les asphyxie, quand il éclate sur eux -, contre la moffelle, dont on reconnaît la présence quand les lampes perdent de leur clarté ou s'éteignent. Les ouvriers doivent prendre les plus grandes précautions pour se soustraire au méphitisme des mines.

La lampe de sûreté de Davy, la lumière portée de loin dans la mine , les fumigations de chlore, les divers modes de ventilation pour imprimer du mouvement à l'air et à l'eau en stagnation, tous ces moyens doivent être mis en usage, et les mineurs ne doivent se hasarder qu'après que l'un d'eux, enveloppé d'un linge mouillé, sera descendu, et aura mis le feu a la vapeur ; le danger aura cessé. Leurs maladies les plus fréquentes sont des ulcères rebelles et l'anémie.

Les vidangeurs sont affectés de deux maladies graves, connues sous le nom de mille et de plomb , causées par l'exhalaison de deux gaz du même nom , qui sont dus, le premier, aux vapeurs ammoniacales*, le second, au gaz hydrogène sulfuré, à l'hydrosulfure d'ammoniaque, et quelquefois à l'azote^ qui se dégagent des fosses d'aisance. Les précautions à prendre pour éviter ces accidents sont les suivantes. Ouvrir la fosse douze heures avant de commencer, éviter d'approcher

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de l'ouverture une lumière qui pourrait déterminer une explosion dangereuse; détourner la lête quand on rompra la croûte : on se sert maintenant de pompes ; ne descendre dans la fosse que quand on sera assuré qu'une chandelle y brûle à toutes les profondeurs , ce qui prouve seulement que le gaz azote ne domine pas, mais sans annoncer l'absence des gaz hydrosulfuriques, qui ne servent pas à la combustion. L'ouvrier qui descend doit être soutenu au moyen d'une ceinture à laquelle s'attache une corde tenue par deux hommes ; par ce moyen il peut se faire retirer s'il est incommodé. La meilleure condition pour empêcher tous ces accidents , c'est la construction des fosses , qui doit être sous la surveillance de l'administration. Pour désinfecter une fosse azotée , Dupuytren conseille d'y placer un réchaud plein de charbon allumé. Les soins à donner aux individus asphyxiés consistent à les exposer au grand air, à leur faire des aspersions avec de l'eau froide et du vinaigre , à employer tous les moyens capables de leur faire recouvrer les sens : des frictions avec une brosse de crin, l'inspiration du chlore, provoquer le vomissement, comme le font les ouvriers , par quelques cuillerées d'huile d'olive, et un verre d'eau-de-vie , mais plus sûrement par l'émétique. Ce que nous dirions du méphitisme des puits, des égoûts , des cimetières , des tombeaux, des celliers, des cuves en fermentation , etc. , serait une répétition de ce que nous avons dit des deux précédents ; ce sont toujours des gaz ou impropres à la respiration, ou activement délétères. Dans les exhumations, M. Orfîla conseille d'arroser la terre qu'on remue avec cent quatre-vingts grammes de chlorure de chaux dissous dans huit ou dix litres d'eau; la bouche et les narines des fossoyeurs seront couvertes d'un mouchoir trempé dans du vinaigre ; arrivé à l'endroit où se trouve le cercueil , ou le cadavre, on y jettera trois ou quatre litres de la solution- cidessus , on le fera macérer quelques minutes dans cent cinquante litres d'eau, tenant en dissolution deux ou trois kilogrammes de chlorure de chaux , pour le raffermir, si des recherches de médecine légale étaient nécessaires.

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