‹ Eléments d'hygièneChapitre 89 sur 156 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

]De la pauvreté considérée sous le rapport hygiénique.

L'on a cru pendant long-temps , et c'est encore l'opinion de quelques philosophes moralistes fort arriérés, que les prolétaires, c'est-à-dire tous ces ouvriers que l'indigence condamne à être mal logés , mal nourris , mal vêtus , vivaient en meilleure santé , et surtout plus long-temps que les riches. C'est une grande erreur. Des observations faites en Angleterre, en Ecosse et en France , prouvent au contraire que les hommes qui vivent dans l'aisance , dont la nourriture est saine et variée, le logement commode et bien aéré , les vêtements propres et chauds , et le travail modéré, sont bien moins exposés aux maladies que les indigents 5 qu'ils résistent beaucoup mieux aux épidémies et aux contagions, et qu'en général ils ont , suivant les localités , un tiers de chance de vie de plus qu'eux, et quelquefois le double. Cela est mis hors de doute par les relevés des registres mortuaires , et par les listes de morlalité publiées à la suite de ces épidémies meurtrières qui ont ravagé, dans le cours de quelques siècles, plusieurs grandes villes de l'Europe.

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