LIVRE VI, CHAPITRE VII
blesse , des affections du système lymphatique et de la peau , des engorgements et des subirrilations des viscères , des vices dartreux , scrcphuleux , et d'aulres dépendant d'une altération particulière du sang et de la lymphe , d'une mauvaise composition de ses principes , le scorbut, les fièvres putrides , résultats d'une mauvaise nourriture, d'un logement humide , d'impressions tristes , de malpropreté et de travaux sédentaires , pénibles ou dégoûtants.
A cette liste , il faut ajouter les inflammations, auxquelles ils sont fort exposés à raison des vicissitudes atmosphériques , dont ils subissent l'influence d'une manière bien plus désastreuse que les riches , et qui , chez eux , deviennent promptement mortelles , surtout s'ils se sont adonnés aux boissons spiritueuses. Quelque soit l'état de santé du pauvre, tout de suite vous le reconnaissez , à part ses vêtements déguenillés , à ses yeux ternes et sans expression , à sa figure maigre, terreuse , blafarde et bouffie -, à son corps voûté , à ses genoux semi-fléchis *, à son air gauche , timide , triste ou envieux. Les vices qui infestent son moral sont encore la conséquence de sa misère ; c'est le mensonge, qui va souvent jusqu'à l'hypocrisie ; c'est la gourmandise , qui est d'abord ou une suite d'un jeûne prolongé, ou l'effet d'une irritation gastrique , et qui ensuite devient une mauvaise habitude ; c'est l'ivrognerie, qui, chez beaucoup de ces malheureux, tient au besoin qu'ils éprouvent de se donner une stimulation forte qui les tire de leur abattement , et qui , chez d'autres , provient du besoin d'oublier leurs peines. Quand ce vice s'est changé en habitude , il y a alors démoralisation complète C'est enfin rimprobilé Les tentations sont si
fortes chez ceux qui manquent de tout ! Cependant l'on en voit beaucoup qui sont probes, honnêtes ; ce sont à nos yeux les êtres les plus respectables de ce monde.
Sous le rapport intellectuel, il est encore plus dégradé qu'au physique; il est plein de préjugés 5 il croit aux sorciers, aux revenants •, il est entêté , routinier ', il repousse les lu-
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mières -, il ne se souvient pas du passé ; il est insouciant de l'avenir : il est ignorant ; c'est tout dire.
Ici la science hygiénique se trouve encore d'accord, comme toujours , avec l'humanité , la morale et la politique , pour faire cesser les causes de pareilles misères, ou au moins pour en affaiblir les tristes résultats.
Dans ce but , elle recommande :
ic La multiplication et l'encouragement de tous les genres de travaux propres à augmenter la richesse publique et à la répandre avec ie moins d'inégalités possible ;
20 Une nombreuse création d'écoles, où une instruction professionnelle et une éducation morale seraient données gratuitement à tous les indigents;
3° De donner du travail sur les routes , canaux , chemins de vicinalité , etc. , à tout individu qui n'en aurait pas d'autres ; d'encourager toutes les industries qui sont nécessaires à leurs premiers besoins 5 de faire cesser toutes les charges qui pèsent injustement sur les malheureux , et diminuer celles qui sont en disproportion avec leurs forces.
Encourager l'ordre , l'économie, en même temps qu'on favorisera toutes les associations qui auraient pour but :
i° De donner des secours aux travailleurs ;
i° De les intéresser dans les travaux , par l'espérance de partager une partie des profits 5
3° D'imposer en leur faveur tous les objets de luxe , susceptibles de l'être $ dans le même but , doubler les droits sur les successions indirectes.