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LIVRE VI, CHAPITRE VIII

Pour mettre plus d'ordre dans ce que nous avons à dire dans cet article, nous allons le diviser en cinq sections.

Conditions d'une bonne alimentation.

i° Il faut que les comestibles qu'on consacre à la nourriture plaisent à l'odorat et au goût, ou tout au moins qu'ils n'aient rien qui répugne à ces deux sens \ 20 qu'ils aient reçu de la nature une maturité suffisante, ou de l'art une préparation convenable, telle que la cuisson, lorsqu'ils sont d'une nature farineuse , fibreuse ou animale 5 3° qu'ils soient en outre variés \ car, par la raison que les tissus de nos organes sont différents , il leur faut aussi des substances différentes pour les réparer, les accroître ou les entretenir. Aux muscles, organes actifs du mouvement, il faut un aliment qui leur fournisse de la fibrine. Voilà pourquoi la chair est nécessaire aux travailleurs, surtout dans les pays froids. À nos organes membraneux conviennent les comestibles féculents, sucrés, gélatineux. C'est le besoin de changer d'aliments qui fait naître le dégoût pour l'uniformité du régime diététique. Ce n'est pas assez d'avoir la possibilité de se procurer des mets variés ou à éléments multiples, comme le pain et la viande, il est encore nécessaire que la quantité en soit proportionnée, non-seulement avec les forces digeslives, mais aussi-avec la déperdition que l'on fait, avec l'âge que l'on a, et la saison régnante. En général, les enfants, parce qu'ils croissent , et les hommes de

sière ou de paille, pour avoir tout à la fois des tapis de pieds , des dessus de toiture , etc., pour toutes les fortunes. L'on fera aussi des meubles délicats avec des compositions de poudres ligneuses colorées , et qu'on agglutinera avec des colles fortes , et par ces fortes pressions qui durcissent les corps les plus poreux et les plus mous. Pourquoi, avec de la gélatine et autres substances tirées des membranes rendues solubles, n'imprègnerait-on pas , par exemple, de vieux bas de laine, pour en faire des buttes économiques sans Couture ? Il ne s'agirait ensuite que de les tanner convenablement et de les passer à l'huile, etc. On ferait de même des casquettes, des chapeaux, etc. En variant les procédés , l'on arriverait de même à faire d'autres espèces de vêtements de toute pièce.

peine, parce qu'ils sont souvent en dépenses de forces, ont plus à redouter le trop peu de comestibles que l'abondance. Il est donc bien important de favoriser la production de tous ceux qui sont le plus essentiels à la vie, de rendre facile leur importation, et de dégager de toutes entraves leur circulation à l'intérieur, d'où la conséquence : que le commerce des comestibles doit être libre.

En vérité, l'on a peine à croire que des hommes instruits aient pu manifester une opinion opposée. Ils se sont imaginé que l'agriculture souffrirait si l'on supprimait les taxes sur les viandes et sur les céréales étrangères. Cependant l'expérience a démontré que les laboureurs ne nourrissaient pas plus de bœufs et de vaches, depuis qu'on empêchait ces animaux de nous venir de chez nos voisins, et que cette prime qu'on leur accordait pour se livrer plus activement à l'engraissement, était en pure perte, et fort injustement payée par les consommateurs. L'expérience a aussi prouvé que les taxes sur les blés étrangers n'ajoutent que fort peu , en général, au prix de ceux de l'intérieur, et n'en facilitent pas la vente, si ce n'est dans un ou deux ports de mer. Il nous est également démontré que s'il était possible que les céréales pussent entrer en France en très-grande quantité , au point que les nôtres en perdissent la moitié de leur valeur, il s'opérerait une révolution dans notre agriculture, qui, au lieu de lui nuire, tournerait à son avantage. Nos agriculteurs seraient alors forcés de cultiver d'autres denrées. Ils sentiraient la nécessité d'en venir enfin à la culture des plantes sarclées, d'un grand nombre de celles qu'on appelle fourragères -, et pour consommer toutes ces plantes et en tirer un bon profit , ils sentiraient aussi qu'ils n'ont rien de mieux à faire que d'élever beaucoup de bestiaux , de vaches surtout \ qu'avec ces bestiaux ils feraient beaucoup d'engrais (i), ce qui les mettrait à

(1) Les cultivateurs, pendant les épizooties meurtrières qui leur causent de si grandes pertes , devraient enterrer les animaux ( ce à quoi l'autorité doit veiller pour la salubrité puuiique ) , jeter par-dessus de la paille et la recouvrir de terre ; au bout d'un certain temps , quand la putréfaction au-

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