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cation personnelle, qui dure toute la vie. L’instruction vous aidera beaucoup dans cette tâche, car le développement de Tintelligence est, en général, une garantie du développement de la moralité. L’homme instruit a plus de force morale que l’ignorant pour résister au mal.
Les hommes qui se sont distingués dans la sociélé e qui, partis d’une humble condition, se sont élevés au premier rang, ont dû leurs succès à l’éducation non moins qu’à l’instruction. Franklin, l’un des plus grands citoyens des États-Unis, n’était, dans sa jeunesse, qu’un petit apprenti imprimeur; s’il s’est acquis dans 1 histoire un nom immortel, ce n’est pas seulement en cultivant son esprit qui (tait excellent, c’est en réformant, en perfectionnant son caractère, qui était mauvais.
Résumé. L’instruction et l’éducation sont deux choses un peu différentes. L’instruction est un ensemble de connaissances, l’éducation un ensemble de bens sentiments, de bonnes habitudes morales. L’instruction fait l’homme capable, l'éducation le fait honnête. L’instruction donne la science, réd’ication la sagesse. Ce sont les exemples et les conseils de la famille, les enseignements religieux, ^es leçons de morale qui contribuent le plus à l’éducation.
Exercices. Quels sont les avantages de l’instruction? — Quels sont les inconvénients de l’ignorance ‘ —
L’instruction suffit-elle sans l'éducation? — L’éducation peut-eile se passer de l’instruction?
Les devoirs envers l’instituteur.
Ce jour-là, le maître ne fit pas de leçon sur le sujet qu’il avait indiqué la veille comme exercice de sljle et de réflexion. Il se contenta de lire la composition de
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Georges, qui était la meilleure de toute la classe. Elle avait pour titre :
Devoirs des écoliers envers leurs professeurs.
« Je pense, y disait Georges, que notre maître remplace nos parents ; que nous devons par conséquent lui obéir et Técouter, autant que nous écouterions nos parents, s’ils se chargeaient eux-mêmes de nous in&* truire.
» Je pense aussi qu’après nos parents, l’instituteur est l’homme que nous devons le plus honorer et respecter : car c’est à lui que nous sommes en partie redevables d’étre instruits et bien élevés, et après la vie et la santé, l’instruction et l’éducation sont les plus grands de tous les biens.
» Je pense encore que nous donnôns beaucoup de mal, beaucoup de souci à notre maître, que nous rafflbgeons sans cesse par nos étourderies, par nos légèretés, par nos fautes, et qu’il mérite de notre part beaucoup de reconnaissance.
» Je pense enfin que nous ne serions pas quittes envers lui si nous lui témoignions seulement de l’obéissance, du respect et de la reconnaissance : nous lui devons aussi notre affection en retour de celle dont il nous donne tous les jours des preuves. Il partage avec nous sa science. Il travaille quand nous ne sommes pas là, pour en acquérir davantage ; et pour nous la communiquer, quand nous sommes devant lui, il use ses forces et sa vie. Aussi nous ne l’oublierons jamais, même quand depuis longtemps nous aurons quitté l’école. »
— Oui, mes amis, dit le maître, vous devez tout à votre instituteur, à une condition, c’est que l’instituteur lui-même remplisse ses aevoirs envers vous et mette à votre service toute sa volonté et tout son cœur. Vous avez oublié cependant une chose, c’est que
l'école
la meilleure manière de témoigner votre reconnaissance à votre maître, c’est de bien travailler; de même que la meilleure manière de plaire à vos parents, c’est de vous bien conduire .
Nous avons vu aujourd’hui ce que doit être l’écolier; demain je vous dirai ce que doit être le maître, en vous racontant l’histoire de Pestalozzi.
Résumé. L’instituteur est le remplaçant des parents qui, n’ayant pas le temps ni le pouvoir d’instruire eux-mêmes leurs enfants, les confient à ses soins et à sa garde. Les enfants d’une école sont donc pour .l’instituteur comme une famille d’adoption. Par suite, ils lui doivent en classe l’obéissance, et en tout lieu, en tout temps, le respect, la reconnaissance et l’affection.
Exercices. Après les parents quel est l’homme à qui nous devons le plus ? — Quels sont les biens dont l’écolier est redevable à son instituteur ? — Pourquoi, sous la Convention nationale, proposa-t-on que le maître d 'école portât dans les
cérémonies publiques une mé daille avec cette inscription :
« Celui qui instruit est un second père ? » — Pourquoi peut-on dire qu’une récréation inutile est une heure qu’on prend à l’élève plutôt qu’une heure qu’or lui donne ?
L’instituteur modèle: Pestalozzi
Entre tous ceux qui ont honoré le beau nom d’instituteur, la reconnaissance de l’humanité doit mettre au premier rang le célèbre Pestalozzi. Pendant quatrevingts ans que dura sa longue et laborieuse existence, de 1746 à 1827, Pestalozzi n’a pas ces.sé de penser aux enfants et de travailler pour eux. Aussi disait- il, non sans une fierté légitime : « Je ne suis qu’un maître d’école. »
Les guerres qui agitaient alors la Suisse, son pay^s,
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détruisirent plus d’une fois ses écoles : sans se décourager il allait les rebâtir ailleurs. Il y dépensa toute sa fortune: « Je n’ai plus d’argent, disait-il; mais j’ai de bons élèves : je suis plus riche qu’autrefois! »
Il eut affaire plus d’une fois à des ingrats. A Neuhof, par exemple, les petits mendiants qu’il recueillait, pour les nourrir et les instruire, n’attendaient souvent que d’avoir reçu de lui les habits neufs qu’il leur donnait pour s’enfuir et recommencer leur vagabondage. Pestalozzi ne se décourageait pas : il continuait à recueillir en tout lieu des or phelins et des vagabonds, et il réussit souvent à en faire de braves gens.
Quand il s’agissait d’étre charitable, il oubliait qu’il était pauvre. Quand il lui fallait enseigner, il ne songeait pas qu’il était malade.
Un jour on apprend dans l’école qu’un incendie a dévoré la ville voisine, la ville d’Altorf, et qu’il a coûté la vie à un grand nombre de ses habitants. Pestalozzi rassemble ses élèves : « Voilà encore des orphelins, leur dit-il : si j’en demandais vingt? » Les élèves répondirent : « Oui, oui ! — Mais il faudra travailler davantage et manger un peu moins. — Eh ! bien, père, nous le ferons pour eux. » Le dévouement dont le maître donnait l’exemple, se communiquait aux élèves et leur inspirait à eux aussi la passion du sacrifice et de la charité.
Le rêve de sa vie était d’instruire tous les ignorants, de rendre bons tous les méchants : « Mourir ou réussir 1 s’écriait-il. Mon zèle pour accomplir le rêve de ma vie m’eût fait aller, par l’air ou le feu, n’importe comment, au dernier pic des Alpes 1 »
Résumé Pestalozzi a été le modèle de toutes les vertus de l’instituteur, par son zèle, par son dévouement, par son inépuisable activité. Sans parler des moyens nouveaux qu’il a imaginés pour instruire plus aisément les enfants, il faut se rappeler quels grands exemples de vertus pédagogiques il a donnés à tous les instituteurs. La France peut