L'ÉCOLE
citer aussi des instituteurs et des institutrices modèles, par exemple Pape-Carpantier, morte en 1878,
Exercices. Expliquer cette pensée de Pestalozzi : * L’avenir des nations est dans les écoles ; ce sont les écoles qu’il faut réformer. » — Si l’instituteur veut être aimé, qu’il commence par aimer lui-même. —
Pourquoi M™* Pape-Carpantier a-t-elle pu dire : « Bien élever des enfants ne doit être pour un instituteur que la seconde partie de son entreprise ; la première, la plus difficile, c’est de se perfectionner lui-même ? »
Les camarades.
L’instituteur, s’il est vraiment digne de son rôle, s’il imite même de loin le dévouement de Pestalozzi, est presque un père pour ses élèves. De même les camarades, s’ils sont bons, obligeants, patients, sont presque des frères pour leur condisciple.
La camaraderie est le commencement de l’amitié. Tout camarade est comme un ami en espérance.
Sans doute on ne peut aimer tous ses camarades également. Il y en a quelques-uns que l’on distingue particulièrement, parce qu’on a le même âge qu’eux, parce qu’on a les mêmes goûts, parce qu’on aime les mêmes jeux, parce qu’on a la même passion pour le travail. C’est toujours parce qu’ils aiment une même chose que deux enfants commencent à s’aimer l’un l’autre. Deux frères s’aiment parce qu’ils éprouvent le même sentiment de piété filiale pour leurs parents. Deux camarades s’affectionnent parce qu’ils partagent les mêmes études, les mêmes récréations.
Mais tous vos camarades, quels qu’ils soient, ont droit à vos égards, à votre bienveillance. Vous devez rechercher toutes les o'ccasions possibles de les obliger, de les servir : non pas seulement parce que, à leur tour,
LA FAMILLE ET L’ÉCOLE
ils VOUS obligeront et vous serviront, mais parce que c’est à la fois un plaisir et un devoir de rendre service à ses semblables.
S’ils sont coupables, ne les dénoncez pas. Si l’un d’eux a commis une faute en classe et hésite à le déclarer, laissez-vous punir collectivement plutôt que de le trahir. Mais qui donc voudrait laisser punir tous ses camarades pour une faute qu’il est seul à avoir commise ?
S’ils sont malheureux, plaignez-les. Si vous pouvez leur être utiles, sans faire tort à personne, sans violer la règle, aidez-les. Ne leur dites jamais quand ils ont besoin de quelque chose : « Ne peux-tu le faire toimême ? »
Ne les oubliez pas, même quand ils sont morts. Aux États -Unis, dans certaines écoles primaires, on voit sur les murs de la grande salle de petits cadres qui contiennent chacun un nom, le nom d’un camarade mort, avec ces simples* mots : Inmemoriarn, En souvenir.
Résumé. De même que l’instituteur est presque un père pour ses élèves, de même les camarades sont entre eux presque comme des frères. La camaraderie est le commencement de l’amitié. Ce qui vous fait aimer vos camarades, c’est qu’ils aiment les mêmes choses que vous. Il est de votre devoir de les aider, de les obliger, de vous montrer patient pour leurs défauts, de ne pas dénoncer leurs fautes. Enfin, vous ne devez pas les oul3lier quand ils sont morts •
Exercices. Faut-il, pour obliger un camarade, faire des choses défendues et désobéir à la règle : par exemple lui passer sa composition pour qu’il la copie,
lui faire son devoir ? — Est-il permis de mentir pour le tirer d’embarras? — Montrer qu’on ne doit aider son camarade que dans la limite des choses permises.