DEVOIRS DE I/HOIMME ENVERS LUI-MÊME
tion Elle doit être aimée pour elle-même; elle est un bien par elle-même, le bien de l’intelligence. C’est un devoir de ne pas laisser se rouiller, de développer aa contraire le plus qu’il est en nous l’instrument le plus précieux de notre âme.
Il n’est pas question^ bien entendu, de faire dechaquo citoyen un savant. La science proprement dite exige plus de loisirs que n’en ont la plupart des hommes Mais chacun doit s’instruire dans la mesure de ses forces et profiter de toutes les occasions pour apprendre ce qu’il ignore. Ces occasions sont de plus en plus fréquentes dans la société moderne qui se montre de plus en plus amie de l’instruction, et où s'ouvrent de toutes parts des cours d’adultes, des bibliothèques publiques.
Résumé. Le premier devoir de l’homme envers son âme est de cultiver l’intelligence, d’acquérir l’instruction. L’instruction est la source d’un grand nombre d’avanlages. Elle émancipe l’esprit et accroît la liberté de chaque citoyen ; l’ignorant n’est pas capable de se conduire lui-même. Ellenous débarrasse des préjugés et des superstitions. Elle moralise et fortifie l’âme contre les mauvais penchants. Enfin, elle est le principe de la prudence, c’est-à-dire de l’art de bien diriger ses affaires.
Exercices. Quelles sont les conséquences de l’ignorance? — Quels sont les bienfaits de l’instruction ? — Quels sont les inconvénients de la sottise^ le con-
traire de la prudence? — Commenter cette phrase de Pascal r « Travaillons à bien penser • c’est le principe de la morale. ►
Les vertus du genre de la tempérance.
C’est par l’intelligence que nous pensons, c’est par la sensibilité que nous aimons De même qu’il faut éviter le mal de l’intelligence qui est l’ignorance ou
LA NATURE FIUWAINE ET LA MORALE
l’erreur, de même il faut éviter le mal de la sensibilité, qui est la sécheresse du cœur ou le dérèglement des sentiments. L’homme qui n’aime rien ressemble à l’ignorant qui ne sait rien, l’homme qui aime ce qu’il ne doit pas aimer ressemble à un homme qui se trompe, qui commet une erreur.
Le premier devoir envers la sensibilité est donc de la développer. 11 faut apprendre à aimer tout ce qui est bon, et former son cœur à l’amour de la famille, de la patrie, de l’humanité 11 faut aussi apprendre à admirer tout ce qui est beau. Rien ne grandit et ne relève une âme humaine comme de se plaire aux belles choses, par exemple à la représentation d’un beau drame, qui exalte les sentiments nobles et héroïques.
Mais un autre devoir non moins important est celui qui nous ordonne de modérer nos^ passions, de régler nos désirs, d’éviter la cupidité, la convoitise, de n’attacher nos plaisirs qu’aux choses permises : c’est ce qu’on peut appeler d’un seul mot la tempérance.
La tempérance n’est pas seulement une vertu du corps, qui interdit les excès de la gourmandise, les hontes de l’ivrognerie ; c’est aussi une vertu de l’âme, qui met de l’ordre dans nos sentiments, qui calme, qui règle, qui épure nos penchants.
L’ivrogne est le pire des intempérants ; mais le fanatique est lui aussi un intempérant à sa manière, puisque, pour défendre son opinion, il est prêt à tous les excès.
A la tempérance on peut rattacher plusieurs vertus : la modération dans les désirs^ la modestie, Yanïour de l'ordre, et surtout X économie, c’est-à-dire l’art de ménager ses moyens d’existence, d’éviter les dépenses inutiles.
Résumé. L<.‘S deux principaux devoirs d^ l’homme envers