DEVOIRS DE L HOMME ENVERS AUTRUI
ment. L’homme qui torture les animaux, qui les maltraite sans raison, oubliant qu’ils sont sensibles eux aussi, manque à ses devoirs envers lui-méme : il est inhumain et cruel.
Aimer les autres personnes, c’est la charité : éviter tout ce qui peut leur nuire, c’est la justice. Mais la justice et la charité nous imposent des devoirs d’autant plus stricts que les personnes avec qui nous avons affaire nous tiennent de plus près. Nous devons à la famille plus qu’à la patrie, et à l’humanité moins qu’à la patrie.
Enfin, mes enfants, par delà les personnes humaines votre esprit et votre coeur chercheront la personne divine, créatrice de tout ce qui existe ; votre esprit en reconnaîtra l’existence ; votre cœur lui réservera la première place dans son amour.
Résumé. La morale suit l’homme dans toutes les relations qui l’unissent avec les autres êtres, avec les animaux, avec la famille, avec les concitoyens, avec l’humanité tout entière, enfin, avec Dieu. Mais quand l’homme a déjà acquis les vertus individuelles, il trouve naturellement en lui-même les inspirations qui président à ces différents devoirs.
Exercices. Qu’est ce qu’une personne ? — Quelles sont les différentes personnes envers qui nous avons des devoirs ? — Commenter l'article de la loi Grammont (2 juillet 18o0 ) :
« Seront punis d’une amende de
5 à 15 francs, et pourront l’être de un à cinq jours de prison ceux qui auront exercé publiquement et abusivement de mauvais traitements envers les animaux domestiques.
L’existence de Dieu.
Le maître avait promis depuis longtemps à ses élèves une petite leçon d'astronomie. Il attendait, pour tenir
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sa promesse, qu’on fût arrivé aux belles soirées d’été.
L’été venu, il réunit un soir les enfants de l’école et les mena au bout du village, sur une grande route où rien ne gênait la vue du ciel.
Il commença par leur apprendre le peu d’astronomiü qu’il savait ; il leur montra les principales constellations; il leur nomma les planètes visibles sur l’horizon. Surtout il essaya de leur faire comprendre que tous ces petits points lumineux, semés dans l’espace, étaient autant de mondes, aussi grands pour le moins que la terre, qu’il y en avait beaucoup d’autres qu’on ne pouvait apercevoir, parce qu’ils étaient loin de nous ; que leur nombre était incalculable, que leur éloignement était si prodigieux que, pour venir jusqu’à nous, la lumière qu’ils répandent mettait cent ans, mille ans, dix mille ans peut-être à parcourir l’espace. Enfin, il fit réfiécliir ses petits auditeurs sur l’ordre inaltérable qui préside aux mouvements de tous ces mondes, circulant dans l’immensité sans jamais se heurter, à des distances prévues, et cela depuis des siècles et des siècles.
Il leur demanda alors ce qu’ils pensaient de celui qui était l’auteur de ces espaces infinis et de tout ce qu’ils renferment.
« Ne faut-il pas qu’il soit bien puissant, leur dit-il, pour avoir répandu dans l’immensité cette multitude d’étoiles, pour avoir réglé leurs mouvements par des lois invariables que rien ne trouble jamais ?
» Mais no faut-il pas qu’il soit bien bon aussi pour que, petits comme vous êtes vis-à-vis de cette immensité et perdus dans un coin de l’espace, il vous protège de son amour^ et vous entoure des bienfaits de sa providence?
» Adorez-donc Dieu, puisqu’il est grand : mais aimez-le, puisqu’il est bon.
0 C’est lui qui est l’ordonnateur des lois morales que
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la conscience vous révèle : c’est donc à lui que vous obéissez en écoutant la voix du devoir.
» Si jamais il vous arrivait d’étre aveuglé par la passion au point de ne plus reconnaître ce que les prescriptions du devoir ont de respectable et de sacré pour tout homme qui a le sentiment de sa dignité personnelle, représentez-vous par delà le devoir l’existence de l’Etre suprême dont la volonté rend le devoir obligatoire pour tous.
» Et s’il vous arrivait d’oublier que Dieu existe, venez, comme ce soir, regarder au-dessus de vos têtes le ciel étoilé ! »
Résumé, La meilleure manière d’élever sa pensée à la croyance en Dieu, c'est de considérer l’immensité et la grandeur de l’œuvre divine. Aucune âme humaine ne peut être insensible au spectacle que présente, par exemple, le ciel étoilé. On y découvre à la fois la puissance et la bonté de Dieu. Dieu n’est d’ailleurs pas seulement l’auteur et l’ordonnateur du monde matériel, il est le législateur du monde moral. Les prescriptions du devoir déjà obligatoires et saintes par elles-mêmes, pour tout homme qui se respecte, acquièrent un degré d’obligation plus redoutable encore, quand on considère qu’elles émanent de Dieu, principe et fin de toutes choses. La première manière d’adorer Dieu est donc de pratiquer résolument les devoirs qu’il nous impose. L’homme vertueux est pieux par cela seul qu’il est vertueux. Mais l’accomplissement du devoir ne dispense pas la créature d’aimer le créateur lui-même, pas plus que l’obéissance aux ordres patea'nels n’exempte un bon fils d’aimer son père.
Exercices. Appeler Faltention de l’élève sur la distance infinie qui sépare les œuvres de l’homme de celles de Dieu . — Les œuvres de l’homme durentelles longtemps? — Une horloge
n’a-t-elle pas besoin d'être remontée au bout de quelques jours ? — Quelles sont les meilleures preuves de l’existence de Dieu ?
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LA NATURE TTTT^^ATNE ET LA MORALE
L’immortalité de l’âme.
Quand votre père est mort, Georges, vous l’avez pleuré, et bien certainement vous n’êtes pas encore % consolé de l’avoir perdu ; mais vous espérez du moins le revoir un jour. La religion enseigne que son âme n’a point péri- et qu’elle vous attend dans une autre vie. Voulez-vous que nous cherchions ensemble les raisons naturelles qui confirment les promesses de la religion?
N’est-il pas vrai d’abord que nous avons tous au fond du cœur la pensée et le désir de la vie future? Sans doute à votre âge on ne pense pas encore à l’immortalité pour soi-même, parce qu’on a la vie devant soi. Mais vous y pensez déjà pour ceux que vous chérissiez, et qui ne sont plus. Et plus tard, quand vous aurez un peu vieilli, vous y penserez pour vous-même! Ce désir pourrait-il être trompeur? N’est-ce pas la nature, n’est-ce pas Dieu lui-même qui l’a mis au fond de vos âmes ?
Et pourquoi votre désir ne serait-il pas satisfait? L’âme étant autre chose que le corps n’est pas nécessairement enveloppée dans la ruine du corps ! Elle peut lui survivre, comme l’habitant survit à sa maison qui croule. Et il est juste, il est nécessaire qu’elle lui survive.
En effet, l’homme qui accomplit son devoir a droit à une récompense, et à une récompense qui soit l’équivalent de son mérite. Or il ne la trouve pas toujours icibas. Ni le témoignage de la conscience, ni l’estime publique, ni les avantages qui résultent de la pratique de certaines vertus ne suffisent à récompenser l’honnête homme de ses travaux et de ses souffrances.
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Ainsi votre père est mort jeune, laissant après lui la réputation d’un homme de bien ; s’il avait vécu plus longtemps, vous l’auriez sans doute récompensé en partie par votre amour de tout ce qu’il a fait pour vous. Mais la mort ne vous a pas laissé le temps d’acquitter votre dette, et le souvenir fidèle que vous lui conservez ne suffit assurément pas pour le payer de ses peines. Dites, ne seriez-vous pas heureux que quelqu’un acquittât votre dette, que Dieu se chargeât à votre place de récompenser les vertus de votre père? Ne croyez-vous pas qu’il en est ainsi?..,
Georges répondit les larmes aux yeux : « Je le désire, je l’espère et je le crois. »