‹ Éléments d'introduction générale à l'étude des sciences juridiquesChapitre 8 sur 93 · Id., Introduction générale, 4» éd., p. ix · texte numérisé non relu

Id., Introduction générale, 4» éd., p. ix

6. On la retrouve encore actuellement. V. par exemple Pillet, Principes de drott international privé, 1903, p. 2, note : «le droit, c'est la réalisation sociale de l'idée de justice, et l'idée de justice relève de la conscience plus que de la raison. » — En sens inverse

BROCARDS ROMAINS ET PROCEDES DIVERS H

que la définition de la justice ainsi fournie par U1pien et Justinien nous renvoie franchement à celle du droit : c'est la seule chose que nous ayons à en retenir.

La deuxième définition envisagée, celle de la jurisprudence, si Ton interroge l'étymologie (jurisprudentia), semblerait devoir également, a priori, découler de celle du droit : car le mot 3VRisprudentia désignait, à Rome, la science du droit, et ceux qui la possédaient s'appelaient jvmsprudentes, les «Prudents » dans le droit. Toutefois les Institutes, après Ulpien, ont cru devoir s'exprimer plus longuement; la jurisprudence, c'est : rerum divinarum atque hurnanarum notitia , justi atque injusti scientia1 , a la connaissance des choses divines et humaines, la science de ce qui est juste et injuste ». Qu'en résulte-t-il ?

ïl en résulté, en premier lieu, que le droit, ce serait l'ensemble des choses divines et humaines, ~~ puisque la jurisprudence en est la science. — A ce compte, la science du droit ne serait autre que la connaissance de l'ordre universel : de çmnî re scibili et quibusdtim aliis , écrira, plus tard, Pic de laMirandoie. On conviendra, aujourd'hui, que c'est beaucoup !

Une telle conception du droit fut-elle bien celle des Romains ? Pourquoi en douter, puisqu'ils l'ont écrit, en toute conscience, et à plusieurs reprises? Le

J. Bonnecase, Inc. cit. supra, Rev. gén., 1915, pp. 334-335, note 3 : « la justice par rapport au droit est ce que la réalisation est par rapport à l'idée ; la justice est la mise en application du droit, la réalisation de la notion de droit. Se demander si une chose est juste ou injuste, c'est examiner si elle est ou non conforme au droit. »

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