‹ Éléments d'introduction générale à l'étude des sciences juridiquesChapitre 9 sur 93 · Inst., loc. cit · texte numérisé non relu

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LA DÉFINITION DU DROIT

môme Ulpien, dans le premier texte recueilli par ie Digeste*, ne reconnaît-il pas aux juristes une majesté sacerdotale, héritée des pontifes ? Le droit aurait été pour eux la science suprême, comme l'est, de nos jours, la sociologie pour les disciples d'Auguste Comte. Peut-être même fut-il à leurs yeux, surtout à l'époque des grands jurisconsultes, la science unique : nous voyons Cicéron le confondre avec la philosophie2, c'est-à-dire avec la morale.

Quoi qu'il en soit, ici encore, la plupart des commentateurs répugnent à cette interprétation3. Ils se lancent alors dans des conjectures qui ont le défaut d'être arbitraires. « Le texte se réfère, dans un style tout à la fois vague et ambitieux, à la distinction, jadis si importante, du droit religieux et du droit profane », dit Accarias4. Mais alors, encore une fois, qu'est-ce que le droit ?

Même conclusion interrogative, renvoyant toujours, quoi qu'on veuille, à la définition du droit, lorsqu'on examine la seconde partie de la définition delà jurisprudence : « justi atque injusli scientia ». Discriminer le juste et l'injuste, c'est faire tretour à la notion de justice, c'est-à-dire, nous l'avons vu, à celle du droit. Et si l'on essaie de suggérer, comme certains auteurs, qu'il faut éviter de confondre Justus et injustus avec sequus et iniquus, justus s'employant pour qualifier toute chose qui, équitable ou

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