FRUITS. — BAIES PEU EMPLOYÉES
vient dans le midi de la France, dans le golfe de Gênes et en Corse; mais il n’y donne jamais de fruits mûrs.
Description. — Grand et bel arbre. Stipe haut de 15 â. 20 mètres, simple, cylindrique ou un peu renflé vers le milieu, marqué d’anneaux rapprochés ou d’écailles produites par les feuilles tombées. Feuilles rassemblées en bouquet au sommet de l’axe, engainantes à leur base, très-grandes, pinnées. Inflorescence en longs régimes rameux placés aux aisselles des feuilles, sortant d’une grande spathe coriace, monophylle, fendue d’un côté. Cos régimes portent des fleurs mâles ou des fleurs femelles. Mâles : calice à 6 sépales, 3 internes et 3 externes. Étamines au nombre de 6. Femelles : à 3 stigmates distincts.
2° Baies. — Les baies du Dattier sont désignées sous le nom de Dattes (1). Ce sont des fruits ovoïdes-allongés, charnus. Leur é piderme est mince, rouge-jaunâtre. Pulpe solide, un peu visqueuse. Graine offrant un tégument mince, membraneux, lâche, d'un blanc soyeux. Amande extrêmement dure, cylindroïde, un pou pointue à chaque extrémité, profondément sillonnée d’un côté, convexe de l’autre, et portant au milieu de ce dernier une petite empreinte circulaire, espèce d’opercule qui tombe au moment de la germination pour laisser sortir la radicule.
On fait sécher les Dattes au soleil.
Les Dattes contiennent du sucre liquide et du sucre crislallisable, du mucilage, de l’arabine, de l’albumine (Bonastre).....
3° Propriétés et usages. — Les Dattes ont une saveur douce, sucrée, parfumée et très-agréable; elles présentent un goût un peu vineux lorsqu’elles sont fraîches. Le tégument propre de la graine est toujours fort astringent.
Une grande partie des habitants de l’Afrique se nourrissent de Dattes fraîches ou sèches. On en apporte beaucoup en Europe, surtout en France, depuis la conquête de l’Algérie.
Les Dattes sèches sont adoucissantes et pectorales.
On en fait diverses tisanes très-utiles dans les irritations des organes respiratoires ; on en prépare aussi une pâle. C’est la base de Vélecluaire diaphœnix.
§ VII. — De quelques Baies peu employées.
1° Baies d’Arbousier, fournies par Y Arbousier commun (2), arbrisseau de la famille des Éricinées, du midi de la France, de
(1) Officin., Dactyîi .
(2) Arbutus Unedo Linn.
l’Italie et de l’Espagne. — Fades et indigestes. — Employées contre la peste. — Administrées en eau distillée (I).
2° Baies de Belladone, fournies par la Belladone commune (2). — Solanée indigène. — Narcotiques. — Administrées en rob (3).
3° Baies d’Eugénie dysentérique (4). — Myrtacée du Brésil. — Sucrées, un peu acides et astringentes.
4° Baies de Laurier (5), fournies par le Laurier franc (6), arbre de la famille des Laurinées, du midi de la France. — Aromatiques, amères et âcres. — Anciennement usitées comme toniques et carminatives. — On en retire une huile et l’on en prépare un onguent (7).
5° Baies de Myrtille, fournies par Y Airelle myrtille (8), petit arbrisseau de la famille des Vacciniées, indigène. — Rafraîchissantes, un peu astringentes et anlidysentériques. — Administrées en rob, en teinture, en sirop (Reiss).
G0 Baies de Sureau, fournies par le Sureau noir (9), arbrisseau de la famille des Caprifoliacées, indigène. — Sudorifiques et légèrement purgatives. — Administrées en rob (10).
2° Balaustes.
Les balaustes ou balautes sont des fruits aqueux, recouverts par le calice et couronnés par ses lobes, à écorce coriace et à compartiments membraneux peu réguliers. Elles contiennent des graines très-nombreuses, osseuses et entourées d’un parenchyme trèsaqueux.
1° Plante. — Les balaustes employées en médecine sont produites par le Grenadier commun (11), dont j’ai déjà donné la description en traitant des Racines (12).
2° Balauste. — La balauste, désignée vulgairement sous le nom de Grenade, est de la grosseur d’une belle pomme, sphérique, cou-
(1) Voy. page 195,
(2) Atropa Belladona Liim.
(3) Voy. page 174. .
(4) Eugenia dysenterica Mart., vulgairement Cagaiteira .
(5) Officio., laccœ Lauri.
(6) Laurus nobilis Liim., vulgairement Laurier commun, Laurier à jambon, Laurier d’Apollon.
(7) Voy. le chap. des Essences.
(8) Vaccinium Myrtillus Liim. (VI lis Idœa Myrtillus Moeuch).
(9) Sambucus nigra Lion. (S. vulgaris Lam.).
(10) Voy. page 212.
(11) Punica Granatum Linn.
(12) Voy. page 69.
FRUITS
IIESPÉRIDIES.
ronnée par les lobes calicinaux. Son écorce (I) est mince, lisse, d’un brun rougeâtre et coriace; elle se fend souvent à la maturité. Ce fruit est divisé par un diaphragme transversal en deux cavités inégales: la supérieure partagée en 7 ou 0 loges; l’inférieure, plus petite, en 3 ou 4. Les cloisons sont membraneuses et d’un blanc un peu jaunâtre. Les graines sont nombreuses, entourées d'une pulpe aqueuse, d’un rouge brillant.
3° Propriétés et usages. — L’écorce de la Grenade est fortement astringente, lien est de même de ses cloisons membraneuses.
La pulpe aqueuse des graines est acidulé et rafraîchissante.
Oncomposeaveecefruit un sirop légérementacideetastringent.
3° Hespéridies.
Les hespéridies sont des fruits aqueux non recouverts par le calice, à écorce coriace et à loges régulières, séparées par des cloisons membraneuses, pouvant être isolées sans déchirement. Elles contiennent des graines attachées du côté intérieur et cartilagineuses.
i° Puantes. — Les hespéridies appartiennent aux Aurantiacées. Les espèces dont les fruits sont principalement employés en médecine sont : 1° Y Oranger (2), 2° le Citronnier (3).
J’ai déjà parlé de Y Oranger nu chapitre des Feuilles (4).
Le Citronnier passe pour originaire de l’Asie Mineure. On le cultive dans les parties chaudes de l’Europe.
Description. — Arbre assez élevé. Tronc à écorce d’un vert pâle, à tissu très-dur, blanchâtre. Rameaux souvent épineux. Feuilles oblongues, aiguës ou obtuses, dentelées, d’une belle couleur verte, coriaces, d’une odeur forte. Leur pétiole est court et non ailé. Inflorescence en bouquets terminaux. Fleurs blanches, d’une odeur douce très-agréable. Calice petit, très-épais, verdâtre, à 5 dents obtuses. Pétales au nombre de o, ouverts, oblongs et charnus. Étamines 5, à filaments droits, subulés, souvent soudés inférieurement, portant des anthères oblongues. Ovaire arrondi, surmonté d’un style cylindiique, terminé par un stigmate globuleux.
2° Hespéridies. — Les fruits du Citronnier ( Citrons ) sont
(1) Officin., flJalicorium.
(2) Cilrus Auranthnn Linn.
(3) Ctcrus med ca Linn., vulgairement Citronnier commun.
(4) Voy. page 184.
ovoïdes ou globuleux, à écorce raboteuse, d'un jaune de soufre et à pulpe acide.
■ Les fruits de YOranger ( Oranges ) sont globuleux, à écorce également rude, d’un jaune d’or foncé et à pulpe douce.
Les uns et les autres contiennent, dans leur écorce, une huile essentielle dont je traiterai plus loin (t). Ils offrent de plus, dans la partie blanche de cette écorce, un principe cristallin, amer, appelé hespéridine, qui se rapproche des résines, qui est soluble dans l’alcool, mais insoluble dans l’éther. Leur pulpe est plus ou moins aqueuse et plus ou moins abondante.
Cette pulpe contient du sucre, de la gomme et une faible proportion d’acide.
3° Propriétés et usages. — Le suc des hespéridies est plus ou moins parfumé. Leur saveur est plus ou moins acide et sucrée.
Ce suc est rafraîchissant. V hespéridine est tonique.
Les Citrons sont employés pour nettoyer la bouche, dans les fièvres graves. Les tranches A’ Oranges sont souvent ordonnées, dans la plupart des phlegmasies, pour calmer la soif et tromper l’appétit des malades. Les hespéridies servent surtout à la composition de la limonade et de Y orangeade. Ces fruits non mûrs, tombés de l’arbre peu après la floraison (orangettes, petit grain), ceux surtout d’une espèce voisine, le Bigaradier, entrent dans le sirop antiscorbutique. On les utilise aussi comme pois à cautères.
4° Péponides.
Les péponides sont des fruits pulpeux, recouverts par le calice et non couronnés par ses lobes, à écorce mince, à centre presque vide. Elles contiennent des graines attachées à la circonférence et cartilagineuses.
Nous avons deux péponides à étudier : 1° la Coloquinte, 2° le Concombre sauvage.
§ I. — De la Coloquinte.
1° Plante. — La Cucumère coloquinte (2) est une plante de la famille des Cucurbitacées, originaire de l’Orient et des îles de l’Archipel.
Description. — Tigeherbacée, couchée ou s’élevant sur les végétaux voisins au moyen de ses vrilles, cylindrique, charnue, cassante, couverte de poils très-rudes. Feuilles alternes, longuement
(1) Voy. le chapitre des Essences.
(2) Cucumis Colocynlhis Linn., vulgairement Cucumère.