‹ Éléments de botanique médicaleChapitre 106 sur 247 · FRUITS. — COLOQUINTE · texte numérisé non relu

FRUITS. — COLOQUINTE

pétiolées, presque réniformes, aiguës, à 3 lobes (dont le moyen très-grand), dentées, pubesccntes. Vrilles nombreuses, extraaxillaires, courtes. Fleurs solitaires, d'un jaune orangé, monoïques. Mâles : Calice campanulé, hérissé de poils rudes et blancs; limbe à lanières étroites et subulées. Corolle adhérente par son tiers inférieur avec le tube calicinal, campanulée, à 5 lobes ovales, aigus, terminés par une pelite pointe. Élaminesau nombre de 5, dont 4 soudées intimement deux par deux. Anthères linéaires, repliées plusieurs fois sur elles-mêmes, rapprochées et formant une sorte de cône. Fem. : Partie inférieure du calice ovoïde, comme en massue. Corolle semblable à celle de la fleur m;ïle. Étamines avortées. Ovaire soudé avec le tube calicinal; style gros, charnu, glabre, trifide.

2° Péponide. — he fruit de la Coloquinte est de la grosseur d’une orange, globuleux et recouvert d’une écorce assez mince, dure, coriace, glabre et jaune. Il renferme une pulpe blanche et spongieuse. Ses graines sont nombreuses, ovales, comprimées et blanches ou roussâtres.

La Coloquinte du commerce et des pharmacies (I) n’est autre chose que cette péponide dépouillée de son enveloppe. Ellesepré- " sente, après cette décortication, comme un corps globuleux, sec, léger, spongieux et blanchâtre. La Coloquinte , ainsi préparée, nous arrive d’Espagne et des îles de l’Archipel.

Ce fruit contient : de la colocynthine , une huile grasse, une résine amère, de l'extractif, de la gomme, de l’acide pectique, des sels (Meisner)....

La colocynthine (Vauquelin) est friable, translucide et d’un jaune rougeâtre. Elle brûle à la manière des résines et se dissout dans cinq parties d’eau froide ; elle est soluble dans l’alcool et dans l’éther.

3° Propriétés et usages. — La saveur du tissu spongieux de cette péponide est d’pne amertume insupportable mélée d’âcreté. La colocynthine est aussi extrêmement amère.

La Coloquinte est un purgatif drastique des plus violents ; elle est aussi emménagogue.

On l’administre en nature et en poudre, à faible dose. On en prépare un extrait aqueux, un vin, une teinture, une pommade. Elle entre dans beaucoup de médicaments drastiques. Elle fait partie des pilules ou trochisques d’alhandal, de la confection Hamech et de V extrait panchymagogue .

(1) Officin., Colocynthis, fructus Colocynlhidos, Cucurbila cathartica, Pomme de Coloquinte. !

§ ai. — Ilu Concosnbi'c sauvage. '

1° Plante. — L ’Ecballie élatérie (I) est aussi une plante de la famille des Cueurbi lacées. On la trouve communément en Provence et en Languedoc, dans les lieux stériles et pierreux.

Description. — Racine longue, épaisse, blanchâtre. Tiges couchées à terre, rampantes, épaisses, très-rudes et très-rameuses. Feuilles pétiolées, en cœur, offrant deux oreillettes à la base, quelquefois un peu lobées, crénelées, épaisses, très-rudes, d’un vert cendré. Fleurs assez petites, d’un jaune pâle, monoïques; lesmàles en grappe, les femelles solilaires. Calice très-court, campanulé, à 5 lobes aigus. Corolle insérée sur le calice, à 5 lobes étalés, veinés de verdâtre. Étamines triadelpbes, à anthèreslinéaires. Ovaire triloculaire, surmonté d’un style tri fuie.

2° Péponide. — Le Concombre sauvage est penché, ovoïdeoblong, hérissé de tubercules coniques, épaissis à la base, et de poils rudes, d’abord vert, puis jaunâtre. Son péricarpe est trèscoriace. Ses graines sont nombreuses, ovales, à peine comprimées, lisses, brunes et munies d’un arille.

Pendant leur jeunesse, ces fruits contiennent une pulpe assez ferme, semblableàcelle des autres Cucurbitacées. À mesure que lesgraines grossissent, l’enveloppe qui les recouvre ne se dilatant pas en proportion, elles font effort contre cette dernière qui résiste. En même temps, la malièrepulpeusesedésorganiseetdevientplus ou moins aqueuse. Lorsque la péponide se sépare de son pédoncule, la cicatrice formée au point d’attache, cédant sous l’effort des matières contenues, celles-ci s’échappent avec force et comme par une explosion.

Le suc de ce fruit était désigné anciennement sous le nom d ’élatérium. Ce suc contient de Yélatérine, de l’extractif non purgatif, de l’albumine végétale et quelques sels (Morrus et Pâris).

L'élatérine est un produit neutre, cristallisant en prismes rhomboïdaux, blancs et brillants, fusibles à quelques degrés au-dessus de 100. L’eau ne le dissout pas. Il est très-soluble dans l’alcool, mais pas dans l’éther.

3° Propriétés et usages. — L’élatérium est excessivement amer et un peu âcre. L’élatérine présente aussi de l’amertume ; elle est de plus styptique.

(1) Ecballium Elalerium C. Rich. ( Momordica Elaterium Lina., M. aspera Lani., Elaterium, cordifolium Mœnch, Ecballium agreste Reichenb.\ vulgairement Élatérium, Élatérie, Concombre sauvage, Concombre d' une. ■

Page 1