FRUITS. — PRUNES
acerbe, aigrelette ou douce. Les Pummes sont un fruit très-agréable et très-sain.
Cuites, elles deviennent légèrement acidulés. On les mêle avec une petite quantité de sucre et on les donne aux malades et aux convalescents.
Les Pommes sont rafraîchissantes et adoucissantes.
On les administre principalement en tisane. On prépare aussi avec ce fruit une gelée, un sucre candi et des pastilles.
G0 Drupes.
Les drupes sont des fruits pulpeux, non recouverts par le calice ; à écorce très-mince et à noyau, contenant une graine solitaire.
Les drupes sur lesquelles j’appellerai l'attention sont : 1° les Prunes, 2° les Jujubes, 3° les Sébestes.
§ I. — Mes Prunes.
1° Plante. — Le Prunier domestique (1) appartient à la famille des Amygdalées. Il paraît originaire de la Syrie ; on le cultive, depuis longtemps, dans toute l’Europe.
Description. — Arbre ou arbrisseau médiocrement élevé, non épineux. Rameaux étalés, à épiderme brun, légèrement grisâtre ; les plus jeunes glabres. Feuilles alternes, pétiolées, ovales-oblongues, acuminées, dentées en scie ou crénelées, glabres en dessus, pubescentes en dessous, d’un vert triste. Bourgeons florifères, ordinairement biflores. Inflorescence en petits bouquets pauciflores. Fleurs naissant en même temps que les feuilles, pédicellées, blanches. Calice turbiné, à 5 lobes étalés, obtus, denticulés, un peu glanduleux. Corolle à pétales étalés, arrondis, très-obtus, entiers, un peu concaves, brusquement onguiculés. Étamines 20 à 25, inégales. Ovaire libre, comme pyramidal, glabre, portant un style subulé, terminé par un petit stigmate aplati qui se continue par un sillon sur un des côtés du style.
2° Drupe. — Cette drupe, désignée sous le nom de Prune, présente un péd icelle court et penché. Elle est arrondie ou oblongue, lisse, glabre, recouverte d’une légère poussière cireuse (fleur ou glauque) et plus ou moins succulente.
La culturea produit un grand nombre de variétés d e Prunes qui
(1) Prunus dômes t ica Linn.
MOQ.-TAND. — 1SOT. MÉD.
diffèrent par le volume, par la forme et parla couleur. Il y en a de la grosseur d’une cerise et d’autres du volume d’un abricot. Les unes sont tout à fait sphériques, les autres très-ventrues ou plus ou moins allongées. Leur épicarpe est noirâtre violacé, rougeâtre, jaunâtre ou verdâtre. Leur noyau est oblong, comprimé, lisse ou à peine rugueux.
On sèche les Prunes en les passant au four et au soleil. Elles offrent alors le grand avantage de pouvoir se conserver. On désigne les Prunes sèches sous le nom de. pruneaux. Les meilleures sont celles de Tours, d’Agen et de Brignoles. On estime surtout, pour les usages thérapeutiques, la variété connue sous le nom de petit Damas noir , et les petites Prunes de Saint- Julien.
3° Propiuétés et usages. — Les Prunes ont un arôme trèsdélicat. Leur saveur est douce et sucrée.
Ces fruits sont laxatifs, surtout à l’état de pruneaux cuits.
Les pruneaux préparés avec les petites Prunes de Damas noire t de Saint-Julien, sont moins sucrés etplus purgatifs que les autres. On les appelle pruneaux à médecine.
On les administre en nature, crus ou cuits, et en pulpe. On prépare aussi une eau de pruneaux.
§ II. — Des jujubes.
1° Plante. — Le Jujubier officinal (1) est un arbre de la famille des Rhamnées. On le croit originaire de l’Orient, particulièrement delaSyrie; onlecultive dans les parties méridionales de l’Europe.
Description. — Tronc de moyenne grandeur. Feuilles alternes, presque sessiles, ovales, obtuses, acuminées, obscurément dentées, glabres, luisantes, marquées de 3 nervures longitudinales; les inférieures presque rondes. Stipules subulées, très-aiguës, persistantes, se transformant en aiguillons. Inflorescence en glomérules à l’aisselle des feuilles. Fleurs petites, jaunâtres. Calice étalé, à 3 lobes, ovales, aigus, entiers. Corolle à 5 pétales, trèspetits, étalés, en forme de cuiller, pourvus d'un onglet allongéet droit. Étamines au nombre de 3, insérées au pourtour d’un disque aplati, glanduleux, jaune, qui tapisse le fond du calice et forme un bourrelet autour du pistil. Ovaire ovoïde, déprimé ; stylesau nombre de2, courtsetcharnus, terminés par 2 stigmates capités qui se prolongent sur leur face interne.
(1) Zizyphus vulgaris Lam. ( Rhamnus Zizyphus Linn., Zizyphus sativa Duh., Z. Jujuba Mill.).
FRUITS. — SÉRESTES.
2° Drupe (I). — Ce fruit est de la grosseur d’une olive et même un peu plus gros, ovoïde. Epicarpe très-mince, mais très-coriace, lisse, luisant, d’un rouge plus ou moins foncé. Pulpe d’abord un peu ferme et verdâtre; puis molle, jaunâtre et rnucilagineuse. Quand la drupe est bien mûre, elle se ride longitudinalement. Au milieu du fruit, se trouve un noyau allongé, osseux, avec une pointe dure; il est divisé en deux loges dont une ordinairement atrophiée. La loge normale contient une amande huileuse.
On fait sécher au soleil les Jujubes mûres, et on les vend pour les usages de la pharmacie.
3° Propriétés et usages. — Lorsque les Jujubes ne sont pas tout à fait mûres et que leur chair est encore verte, elles sont légèrement aigrelettes et d’un goût très-agréable. Quand elles se rident et que leur pulpe a jauni, elles deviennent très-douces et mucoso-sucrées.
Les Jujubes sont adoucissantes, béchiques et pectorales.
On les administre en tisane et en sirop. On en prépare, avec la gomme arabique, la pâte de Jujube.
§ III. - ncs sébestes.
1° Plante. — Le Sébestier domestique (2) est un arbre de la famille des Borraginées, originaire de l’Inde, importé depuis longtemps en Égypte.
Description. — Tronc de médiocre grandeur, épais. Branches et rameaux lisses, de couleur cendrée. Feuilles alternes, pétiolées, grandes, ovales ou arrondies, rétrécies à la base, entières ou légèrement dentées, d’un vert foncé en dessus, pubescentes et un peu pâles en dessous. Inflorescence en paniculc terminale, assez ample, rameuse et serrée. Fleurs blanches, d’une odeur agréable. Calice tubuleux. Corolle en entonnoir, à 5 lobes étalés et obtus. Étamines 5, insérées sur le tube de la corolle, offrant des anthères oblongues. Ovaire supérieur, arrondi, acuminé, portant un style divisé en deux branches terminées par 4 stigmates obtus.
2° Drupe. — Les fruits du Sébestier ont reçu le nom de Sébestes. Ils sont ovoïdes. Ils contiennent une pulpe très-visqueuse qui s’applique contre le noyau en se desséchant ou qui se déforme sans se mouler sur ce dernier. Cette pulpe contient un noyau volumineux, un peu aplati, offrant un angle proéminent, à surface iné-
(1) Officin . , Jujubœ, Zizyphœ, Jujubes.
(2) Cordia Myxa Linn.
gale marquée de fossettes et à consistance ligneuse; il présente 4 loges, dont une, deux ou trois oblitérées. La loge normale est tapissée d'une membrane blanchâtre. La graine offre un épisperme très-mince.
D’après M. Guibourt, il existe deux variétés de Sébestes : 1° les unes ovoïdes, pointues aux deux extrémités, grisâtres et formées d’un brou très-mince; 2° les autres arrondies, noirâtres et formées d’un brou épais.
3° Propriétés et usages. — La pulpe des Sébestes est mucilagineuse et un peu sucrée.
Elle passe pour adoucissante et légèrement laxative. On la conseillait dans les affections bronchiques et pulmonaires et aussi contre la diarrhée.
On administrait les Sébestes en tisanes, mélangées souvent avec les Jujubes ou les Dattes. Dans l’Orient, on s’en sert comme topique pour résoudre les tumeurs. On a presque abandonné ces fruits. Si j’en ai parlé, c’est parce qu’ils figurent encore dans la matière médicale des Égyptiens,
§ IV. — l)c quelques Drupes peu employées.
1 0 Drupes d 'Anacarde (1), produites par une Térébinlhacée, le Sémécarpe anacarde (2), arbre élevé de l’Inde orientale. — Employées pour ronger les cors, contre les dartres et les vieux ulcères (3).
2° Carpobalsames (4), produits parles Baumiers de la Mecque (5) et de Giléad (0), Térébinthacées. Ces fruits ressemblent au Cubèbe ou Poivre à queue ; ils sont marqués de quatre angles peu apparents et d’un gris rougeâtre. — Aromatiques. Saveur âcre et amère. — Ils entraient dans la thériaque (7).
3° Coques du Levant (8), produites par une Ménispermacée, le Ménisperme subéreux (9), arbre des Indes orientâtes. Elles contiennent un principe particulier appelé picrotoxine (Boulay). — Conseillées contre les vers et contre l’épilepsie; indiquées aussi
(1) Officin., Anacardium, Anacarde, Baladar.
(2) Semecarpus Anacardium Linu. f. a. angustifolium DC. [Anacardium longi folium Lam.).
(3) Voy. le chap. des Huiles.
(4) Officin., Carpobalsamum.
(5) Balsamodendron Opobalsamum Kunth.
(6) Balsamodendron Gileadense Kunth.
(7) Voy. le chap. des Térébenthines.
(8) Officin.. Cocculi Indi.
(9) Cocculus suberosus DC. ( Menispermurn Cocculus Linn., Anarmita Cocculus Ara.).