FRUITS. — DRUPES PEU EMPLOYÉES
pour détruire les poux. — Administrées en extrait aqueux et en pommade. Médicaments dangereux et très-peu usités.
4° Myrobalans, ou Myrobolans, drupes sèches, originaires des Indes. On en distingue cinq espèces : les Myrobolans chébules (1), prod uits par le Badamier cliébule (2) (Combrétacée) ; 2° les Myrobolans citrins (3), produits par le Badamier citrin (4), lequel est peutêtre une variété du précédent; 3° les Myrobalans indiens (5), fruits jeunes du Badamier chébule; 4° les Myrobalans bellerics (6), produits par le Badamier belleric (7) ; 5° les Myrobolans emblics (8), produits par le Phyllanthe emblic (9) (Euphorbiacée). — Tous ces fruits jouissaient anciennement d’une grande réputation comme aromatiques, astringents et légèrement purgatifs, l/usage en est à peu près abandonné.
5° Pistaches (t 0), produites par une Térébintbacée, le Pistachier commun (li), arbre indigène de la Syrie, cultivé dans le midi de la France. — Anciennement conseillées dans la phthisie, les catarrhes, le scorbut. — Principalement employées aujourd’hui par les confiseurs.
6° Drupes de Saoria (12), produites par le Maese peinte (13), Myrsinacée d’Abyssinie. — Purgatives et vermifuges. — Employées avec succès contre le ténia. — Administrées dans une purée de lentilles ou de fèves (Schimper, Slrohl).
1° Drupes de Zareh (14), produites par une autre Myrsinée, la Myrsine à feuilles pointues (15), qui croît également en Abyssinie. — Fortement antbelminthiques (Schimper, Slrohl).
(1) Officin., Myrobolani chebulœ.
(2) Terminalia Chebula Retz [Myrobalanus Chebula Gærtn ). Myrobalanus cilrina.
(3) Oflicin ., Myrobolani citrinœ.
(4) Terminalia citrina (Gærtn.).
(5) Officin., Myrobalani Indiœ, M. nigrœ , M. Damasonœ , Myrobolans noirs ou indiques .
(6) Oflicin., Myrobolani Bellbicœ, Myrobolans bellirics , M. belliriques .
(7) Terminalia B ellir ica Roxb. ( Myrobalanus Belliriea Gærtn.).
(8) Officin., Myrobolani emblici , Emblics , EmOliques.
(9) Phyllanthus Emblica Linn. [Emblica officinalis Gærtn.).
(10) Officin., nuces Pistaciœ.
(11) Pistacia ver a Linn.
(12) Vulgairement Semences de Saoria ou Sauarja .
(13) Mœsapicta Hochât.
(14) Ou Tatzé.
(15) Myrsine A [ricana Linn.
7° Caryopses.
Les caryopses sont des fruits secs, indéhiscents, non recouverts par le calice, à péricarpe confondu avec les téguments de la graine.
Ces fruits se font remarquer, ordinairement, par la grande quantité de fécule qu’ils renferment et par les immenses services qu’ils rendent à l’économie domestique, aux arts et à la médecine.
Les caryopses apparliennent à la famille des Graminées.
1° Plantes. — Les Graminées sont, sans contredit, les plantes les plus utiles à l’homme. On les cultive dans presque tous les pays, parce que, à l’exception d’un très-petit nombre, elles sont alimentaires ; mais on choisit toujours celles qui croissent le plus rapidement, qui sont les plus aisées à récolter et qui donnent le plus de malière nutritive.
Les Graminées qui servent à faire du pain sont dites céréales.
Les principales espèces se rapportent aux genres : 1° Blé, 2° Seigle, 3° Orge, 4° Avoine, 5° Riz , 6° Maïs.
Chacun de ces genres présente des espèces et des variétés plus ou moins tranchées et plus ou moins précieuses, suivant les pays.
Caractères. — Voici les caractères distinctifs de ces six genres :
/ ne recouvrant j . r 3-multiflores. 1 .Blé.
{ pas les fleurs; I so 1 aircS‘ ) 2 - flores . 2. Seigle.
multi- ou biflo- 1 épillets. . .j (
res; glumes. \ [ lernés 3. Orge.
I recouvrant presque les fleurs ou les
\ dépassant 4. Avoine.
uniflores. . . ( hermaphrodites. . 5. Riz.
- V ( monoïques 6. Maïs .
Le Blé ( Triticum ) est pourvu de deux glumes parallèles au rachis, ainsi que les glumelles latérales, 3-9-nervées, concaves ou carénées, entières ou 1 2-dentées au sommet.
On ignore la patrie de l’espèce commune, le Blé cultivé (1). L’origine de cette plante si précieuse se perd dans la nuit des temps. On possède un grand nombre de races caractérisées par des épis longs ou courts, grêles ou épais, velus ou glabres, munis ou dépourvus de barbes, fauves, rougeâtres, gris ou blanchâtres.
Le Seigle ( Secale ) offre, dans ses épillets, le rudiment en forme
Épillets
(I) Tritia, m sativum Lam. (T. œslivum et hibernum Linn., T. vulgare Vill. ).
FRUITS
CARYOPSES.
de pédicelle d’une troisième ilcur. Ses deux glumes sont parallèles au rachis, ainsi que les glumelles latérales, étroitement lancéolées et acuminées.
I/espèce vulgaire est le Seigle cultivé (1).
L’Orge ( Ilordcum ) a des épillets uniflores, avec le rudiment en forme de pédicelle d’une seconde tleur. Ses deux glumes sont latérales, placées au-dessous de la fleur dans un même plan, lancéolées-linéaires ou linéaires, subulées et munies d’une arête.
L’Orge commune (2) paraît originaire de la Russie et peut-être aussi de la Sicile.
L’Orge dépouillée de son enveloppe est connue sous le nom d’orge perlé.
L’Avoine [Avenu) offre généralement la fleur supérieure rudimentaire. Sa glumelle inférieure a sur le dos une arête tordue inférieurement et pliée en genou.
L’Avoine cultivée (3) est l’espèce la plus commune.
L'Avoine dépouillée de ses enveloppes donne le gruau de Bretagne.
Le Riz ( Ôryza ) a des fleurs disposées en panicule. La glume extérieure est brusquement terminée à son sommet par une longue arêle.
. Le Riz cultivé (4) croîl de préférence dans les lieux bas ei inondés.
Le Maïs ( Zea ) a des fleurs mâles disposées en panicules terminales et des fleurs femelles réunies en épis axillaires. Les deux glumes sont un peu charnues, très-larges, obtuses, concaves et sans arêtes.
Le Maïs cultivé (3) paraît originaire de l’Amérique.
2° Caryopses. — Les fruits des Graminées sont petits, oblongs ou raccourcis, libres ou soudés avec les glumelles; ils offrent quelquefois un sillon longitudinal. Ils ont un albumen très-épais et farineuxsur la partie inférieure duquell’embryoncstnppliqué latéralement. Cet embryon présente du côté interne une sorte d’écusson ( vitellus , Gærtn. ; hypoblaste, Rich ). Sa radicule est en forme de gros tubercule dans lequel sont enfermés de 3 à 5 mamelons. Le cotylédon ressemble à un petit cône qui contient la gemmule.
(1) Secale cereale Linn.
(2) Hordeum vulgnre Linn.
(3) Avena saliva Linn.
(4) Oryza saliva Linn.
(5) Zea Mays Linn , vulgairement Blé de Turquie, Blé de Guinée, Blé d'Inde, Blé d’Espagne, gros Millet .
On désigne sous le nom de farine la poudre que l’on obtient en écrasant les caryopses des Graminées. Plusieurs autres fruits (ou graines) peuvent donner aussi cette précieuse matière. Je parlerai des farines du Lin et de la Moutarde dans le chapitre suivant. Le mot farine, employé seul, désigne habituellement celle du Blé ou Froment.
La farine de Blé est blanche ou d’un blanc un peu jaunâtre, douce au toucher et attirant promptement l’humidité de l’air. Mise sur des charbons ardents, elle répand l’odeur du pain grillé.
La farine de Blé contient de l’amidon (I), du gluten, un extrait muqueux sucré et un peu de résine (Proust). La proportion d’amidon et de gluten est variable ; ce qui dépend du plus ou m jins de pureté de la poudre obtenue. On y trouve jusqu’à 74 et 75 pour 100 d’amidon, et depuis 12 jusqu’à 28 de gluten.
3° PiioptuciÉs et usages. — 11 est inutile de rappeler ici que les farines du Blé et des autres Céréales forment dans les différentes parties du globe la base de la nourriture de l’homme et môme de celle des animaux domestiques.
On prépare avec l’Orge une tisane adoucissante. L'Avoine a été vantée comme diurétique. Le Riz passe pour légèrement astringent. Le pain de gluten rend de grands services aux malades affectés de glycosurie...
On administre les caryopses ou les farines des Graminées en tisanes, en lavements, en cataplasmes.
8° Achaines.
Les achaines ou akènes sont des fruits secs, indéhiscents, recouverts par le calice qui adhère au péricarpe. Ce dernier se confond avec les téguments de la graine. Les achaines sont ordinairement couronnés par l’extrémité persistante des sépales.
Ces fruits appartiennent à la famille des Composées.
Ils sont peu employés en médecine. Je traiterai seulement du Calageri. Je renverrai l’étude des achaines qui fournissent de l’huile au chapitre consacré à ce produit.
Du Calageri.
1° Plante. — La Vernonie anthelminthique (2) est une plante herbacée. Elle se trouve dans les Indes.
(1) Voy. le chap. des Fécules.
(2) Vernonia anthelminthica Willd. ( Conyza anlhelminthica Linn., Serratula an