FRUITS. — CASSE
Description. — Tige haute d’un mètre à un mètre et demi, droite, cylindrique, striée, pubescentc vers le sommet, dure. Feuilles alternes, ovales-lanréolées, pointues, dentées en scie, un peu Apres au toucher, vertes. Fleurs au sommet de pédoncules simples terminaux et latéraux, assez grosses, purpurines. Bractées lAches, ligulaires, les extérieures un peu plus longues. Fleurons au nombre de 25, tous hermaphrodites.
2° Achaine. — Fruits longs de 5 millimètres, étroits, coniques inférieurement, élargis supérieurement en un petit disque, offrant les vestiges d’une aigrette, sillonnés et couverts de poils rares et courts, bruns, blanchâtres en dessus.
3° Propriétés et usages. — Odeur nulle. Saveur amère.
Employés comme vermifuges. Conseillés aussi dans les rhumatismes, dans la goutte et contre la toux.
On les administre pilés, en décoction ou dans l’huile, ou simplement en poudre dans de l’eau chaude.
D’après Lamarck, toutes les parties de la plante sont amères et jouissent des mêmes propriétés.
9° Gousses.
Les pousses ou légumes sont des fruits non symétriques, secs et indéhiscents presque toujours à deux valves, quelquefois ne s’ouvrant pas, comme la Casse, mais offrant toujours l’indication d’une suture entre les valves ; leurs graines se trouvent d’un seul côté au bord de la suture.
Cette sorte de fruit appartient essentiellement à la famille des Légumineuses.
Nous étudierons trois sortes de gousses : 1° la Casse, 2° les Sénés, 3° le Tamarin.
§ 1. — De la Casse.
1° Plante. — Le genre Casse (Cassia) jouit d’une grande réputation en thérapeutique. Ce genre présente un calice coloré et caduc, à 5 lobes saillants ; une corolle à 5 pétales presque réguliers; des étamines au nombre de 10, libres, déclinées, inégales, dont 3 inférieures grandes, 4 latérales moyennes et 3 supérieures stériles plus courtes. Ce sont des plantes herbacées ou ligneuses, à feuilles pinnées et à inflorescence en grappe ou en épi.
thelminthica Roxb., Baccharoïdes anlhelminthica Moench, Ascaricida Indica Cass.), vulgairement Calngeri (Rheede), Kalie zeerie (Ainslie).
Les espèces utiles à l’art de guérir peuvent être réparties en deux sections : t° celles dont le fruit est cylindrique, indéhiscent et à loges remplies de pulpe ( Cathartocarpe ); 2° celles dont le fruit est très-comprimé, déhiscent et dépourvu de pulpe {Sénés).
C’est à la première section qu’appartient le Ccinéftcier (1), végétal précieux, originaire de l’Inde et de l’Egypte, d’où il a été
Fig. 69. — Casse. — a, Casse plus petite que nature ; 6, extrémité ouverte pour montrer les cloisons et la pulpe ; c, graine.
importé dans les Antilles et dans l’Amérique méridionale; on l’élève dans le voisinage des habitations.
Description. — Le Canéficier a le port d’un Noyer ; son tronc peut acquérir 50 à 60 centimètres de diamètre. Ecorce d’un gris cendré, verte dans les jeunes rameaux. Feuilles alternes, pétio-
(I) Cas.iia fistula Linn. ( Cathartocarpus fistula Pers., Bactyrilobium fistule Willd.).
FRUITS. — SÉNÉS.
lées, composées de o ou 6 paires de folioles ovales, aiguës, glabres. Inflorescence en longues grappes lâches et pendantes. Fleurs pëdonculées, jaunes. Calice glabre. Pétales veinés. Anthères ovales. Ovaire pédiculé, grêle, cylindrique, courbé en arc.
2° Gousse (fig. 09). — Les fruits (1) du Canéfitier portent le nom de Casse ; ils sont pendants, longs d’environ 30 centimètres et même plus longs, étroits, cylindriques, lisses, noirs, marqués d’une sorte de bande longitudinale sur chaque suture, assez lourds. On trouve intérieurement un grand nombre de loges séparées par des cloisons transversales, minces. Dans chaque loge, est une graine entourée d’une pulpe d’un brun rougeâtre, dont la consistance approche de celle du miel. Graines arrondies en cœur, plates, dures, lisses, d’un jaune roussâtre.
On a trouvé dans la pulpe dont il s’agit de la gélatine, de la gomme, du gluten et du sucre (Vauquelin).
On brise les gousses du Canéficier, on les racle et l’on en retire la pulpe. Ainsi isolée, cette matière est dite Casse en noyaux. On la fait passer à travers un tamis de crin. Débarrassée des graines et des cloisons, on l’appelle Casse mondée. Cuite alors, avec une certaine quantité de sucre, elle porte le nom de Casse cuite.
3° Propriétés et usages. — La pulpe de la Casse est douce, sucrée et légèrement acidulé.
Propriétés laxatives; c’est un purgatif assez doux.
On l’administre en décoction plus ou moins épaisse. Elle entre dans Yélectuaire catliolicum et dans le laxatif.
§ II. — Iles Sénés.
t° Plantes. — Les Sénés appartiennent au genre Casse dont les caractères viennent d’être exposés. On a vu, en même temps, en quoi ils différaient des Casses proprement dites.
Trois espèces de Casses sénés méritent une attention particulière :
1° La Casse à feuilles obovées (2), qui se trouve dans la Thébaïde et dans d’autres parties de l’Égypte. C’est un petit arbuste à folioles obovales, obtuses et à pétiole non glanduleux.
2° La Casse à feuilles aiguës (3) (fig. 70), qui croît en Égypte et
(1) Officia., Cassia fistula, Cassia nigra, Cassia solutiva, Siliqua Ægyptiaca, Casse, Casse des boutiques, Casse solulive, Casse en bâtons.
(2) Cassia obovata Coll. (C. Senata p. Linn., C. Senna Lam.).
(3) Cassia Senna (C. Senna a Linu., C. lanceolata Nect., non Forsk., C. acutifolia Del.).
en Nubie. Petit arbuste un peu plus grand que le premier, confondu par quelques auteurs avec le suivant, à folioles ovaleslancéolées, aiguës et à pétiole non glanduleux.
3° La Casse à feuilles lancéolées (t) qui habite l’Arabie. Arbuste
de la taille du précédent, à folioles étroites-lancéolées, aiguës et à pétiole glanduleux.
2° Gousses. — Les gousses des Sénés sont désignées sous le nom de follicules (2). Ces gousses sont fortement comprimées, obtuses et foliacées; elles présentent plusieurs loges contenant chacune une graine presque cordiforme.
(1) Cassia lanceolata Forsk., non Nect.
(2) Officin., folliculi Sennœ, follicules de Séné
FRUITS. — SÉNÉS.
Les follicules de la Casse à feuilles obovées (I) (fig. 71) sont étroites, très-arquées, offrant une crête médiane interrompue sur chaque face, couvertes d’uu duvet très-court et d’un brun pâle légèrement violacé.
Fig. 11. — Séné de la Casse à feuilles obovées. — a, follicule ; b, foliole.
Les follicules du Séné à feuilles aiguës (2) (fig. 72) sont larges, presque droites (c’est-à-dire non arquées), presque elliptiques, courtes, n’offrant pas d’arèle médiane, glabres, un peu noirâtres au centre et vertes sur les bords.
Fig. 12. — Séué de la Casse à feuilles Fig. 13. — Séné de la Casse à feuilles aiguës. — a, follicule; b, foliole. lancéolées. — a, follicule; b, foliole.
La variété dite de Tripoli est plus courte et quelquefois presque obovée.
Les follicules du Séné à feuilles lancéolées (fig. 73) sont médiocrement larges, presque droites, un peu allongées, n’offrant pas
(1) Vulgairement Senna Italien , Sonna nostras, Séné d’Italie, S. de Tripoli , S. de Barbarie, S. de la Thébaïde. — (2) Vulgairement Senna Alexandrina, Senna Orientalis , Séné d’Alexandrie, S. de lapalte.
MOQ.-TAND. — BOT. MÉD.
de crête médiane, pubescentes, noirâtres au centre et verdâtres sur les bords.
Le Séné contient : de la calhartine, de la chlorophylle, une huile grasse, une huile volatile, de l’albumine, un principe colorant jaune, des malate et tartrate de chaux, de l’acétate de potasse, des sels minéraux (Lassaigne et Feneulle).
La cathartine est incristal lisable, soluble dans l’eau et dans l’alcool, insoluble dans l’éther. On croit que c’est le principe actif du Séné.
3° Propriétés et usages. — Les follicules de Séné jouissent de propriétés purgatives. On les associe souvent à la manne.
On les administre en poudre, en infusion dans du café, en décoction, en lavements, en sirop, en extrait, en pilules {pilules d’Hufeland). Elles font partie du sirop de Pomme composé et du petit-lait de Weiss.
Les folioles de la plante (1) présentent les mêmes vertus.
On mêle souvent à ces folioles les feuilles d’une Asclépiadée, YArguel (2), qui sont amères, purgatives et irritantes. On les falsifie avec les feuilles du Redoul (3), de la famille des Coriariées.
g III. — Du Tamarin.
1° Plante. — Le Tamarinier indien (4) est un arbre originaire de l’Égvpte, de l’Asie occidentale et des Indes. On l’a transporté en Amérique.
Description (flg. 74). — Tige élevée, à écorce brune. Feuilles alternes, pinnées sans impaire, composées de 10 à 18 paires de folioles opposées, presque sessiles, petites, elliptiques, inéquilatérales à leur base, obtuses, très-entières, glabres. Inflorescence vers le sommet des rameaux, en grappes un peu pendantes, pauciflores. Fleurs assez grandes, d’un jaune verdâtre veiné de rouge. Calice turbiné à la base, offrant 4 lobes un peu inégaux, l’intérieur le plus large. Corolle à 5 pétales insérés sur la gorge du calice, dont 3 un peu plus longs que ce dernier, redressés, à onglet court, oblongs, ondulés sur les bords, et 2 très-petits et très-étroits. Étamines au nombre de 7, insérées sur la gorge du calice, soudées ensemble à la base, dont 3 opposées aux sépales extérieurs, inclinées vers la partie inférieure, fertiles, longues, à
(I) Officin., folia Sennœ , Senna Orientalis, feuilles de Séné, feuilles d’Orient,
[1) Solenostemma Arghel Hayne [Cynanchum Arguel Del.).
(3) Coriaria myrtifolia Linn.
(4) Tamarindus lndica Linn.