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FRUITS. — PAVOTS

blés que l’on connaisse. La variété Simarona est moins aromatique que la variété Lee. Le Vanillon est encore moins odorant. La vanilline offre une odeur parfumée très-forte et une saveur chaude et piquante.

La Vanille a des propriétés excitantes. Elle favorise la digestion. On ladit aussi aphrodisiaque. On l’a crue pendant longtemps antispasmodique et emménagogue.

On s’en sert surtout comme aromate; on en met dans le chocolat. On l’administre en poudre, en tablettes, en teinture, en esprit, en potion. On la fait entrer dans plusieurs préparations pharmaceutiques.

§ II. — lies Pavots».

1° Plantes. — Le genre Pavot ( Papaver ) offre un calice à 2 sépales herbacés; une corolle à 4 pétales, régulière; des étamines très-nombreuses; plusieurs stigmates sessiles, formant un corps discoïde et rayonné; une capsule ovoïde, uniloculaire, contenant des graines très-nombreuses attachées à des trophospermes pariétaux, lamelliformes.

L’espèce de Paro/qui intéresse principalement les médecins est

1 e Pavot somnifère (1), qui est originaire delà Perse et de l’Orient, et qu’on cultive aujourd’hui en Europe. Celte espèce présente deux races : t 0 le Pavot blanc (2), 2° le Pavot noir (3).

Descriptions. — Pavot blanc. — Plante annuelle, haute de t à

2 mètres. Racine fusiforme, blanche. Tige ronde, lisse, glabre, glauque, ramifiée supérieurement. Feuilles semi-amplexicaules, oblongues, ondulées, à lobes irréguliers obtusément dentés. Fleurs solitaires à l’extrémité de la tige et des rameaux, d’abord penchées, redressées dans l’épanouissement, blanches. Sépales très-caducs. Pétales grands, étalés, orbiculaires, munis d’un onglet très-court.

Pavot noir. — Plus petit que le précédent (t mètre ou lm,20). Feuilles plus vertes. Fleurs d’unrouge violacépâle. Il diffèreaussi par ses capsules et par ses graines, ainsi qu'on va le voir.

2° Capsules (4). — Les têtes du Pavot blanc (tî g. 76) présentent de 8 à i t centimètres de hauteur, et de 5 à 7 de diamètre

(1) Papaver somniferum Lin».

(2) Papaver album Lob. (P. somniferum a Linn., P. officinal Gmel., P. somniferum p album DC.).

(3) Papaver nigrum Lob. [P. somniferum s Linn., P. Somniferum a. album DC., P. somniferum Nees), vulgairement Pavot pourpre.

(t) Ofticin., copita Papaveris immatura.

transversal. Elles sont ovoïdes, d’abord d’un vert glauque et un peu succulentes, puis sèches, blanchâtres et très-légères. Elles sont munies, la base, d’un étranglement et d’un bourrelet ( réceptacle de la fleur), et couronnées au sommet par un petit disque sessile, à centre un peu élevé, offrant de 10 à 18 rayons étalés, à bords crénelés, munis chacun d’une petite côte médiane.

Le tissu de ces capsides paraît un peu spongieux, ce qui explique leur légèreté. Leur surface interne est blanchâtre. On y remarque des trophospermes pariétaux en forme de lames longitudinales, régulièrement espacés, minces, un peu jaunâtres, répondant chacun à un des stigmates quicomposent le disque rayonné.

A ces trophospermes sont attachées des graines très-nombreuses. Linné en a compté 32 000 dans une grosse capsule.

Ces graines sont très-petites, réniformes, marquées d’un réseau proéminent, un peu translucides, et d’un blanc à peine jaunâtre. Leur hile est brunâtre.

Ces fruits sont indéhiscents et, par conséquent, sans valves; en quoi ils s’éloignent des vraies capsules. Mais on va voir que les têtes àu Pavot noir n’offrent plus celte différence.

Fig. 77. — Pavot blanc, var. déprimée. Fig. 78. — Pavot noir. — a, graine de

grandeur naturelle; b, la même grossie.

Une variété de Pavot blanc (fig. 77), cultivée aux environs de Paris, présente un diamètre transversal plus grand que le longilu-

FRUITS. — CÉVADILLE.

dinal (1). Elle est fortement déprimée. Sa base et son sommet paraissent souvent creux. Les rayons du disque terminal sont quelquefois relevés, de manière que ce disque semble former une cupule.

Les têtes du Pavot noir (fig. 78) sont ovoïdes comme les précédentes ; mais, au moment dcleur maturité, le disque stiguiatique s’élève un peu, s’écarte de la capsule, par suite de l’allongement des lamelles qui unissent les trophospermes aux stigmates. Il en résulte une rupture dans les intervalles des sligmates, et une série de petites fenêtres par où les graines peuvent s’échapper. Les portions de la capsule qui fermaient chaque orifice se réfléchissent en dehors comme de très-petites languettes. Ce sont des valves rudimentaires.

Les graines du Pavot noir ressemblent à celles du Pavot blanc, mais sont brunâtres.

On recueille les capsules des Pavots pendant qu’elles sont encore vertes, au moment où elles commencent â jaunir.

3° Propriétés et usages. — Les têtes de Pavot sont très-employées en médecine.

On les regarde comme calmantes.

On les administre en hydrolé, en sirop, en extrait, en fomentations, en lavements. Elles forment la hase du sirop de diacode.

§ III. — UC lu Cévadille.

1° Plante. — Pendant longtemps on a attribué la Cévadille au Varaire cévadille (2). 11 est bien reconnu aujourd’hui qu’elle provient du Varaire officinal (3), Colchicacée différente de la précédente. Cette plante croît au Mexique, et non en Chine, comme la première.

Description. — Plante bulbeuse. Tige haute de 15 à 18 décimètres. Feuilles radicales, longues, étroites, linéaires, pointues, entières, un peu roides. Inflorescence en grappe simple, étroite, pointue, spiciforme, assez dense. Fleurs polygames (Lindley) ou hermaphrodites (Gray), brièvement pédicellées. Calice à 6 divisions linéaires, obtuses, persistantes. Étamines alternativement plus courtes, à anthères réniformes. Ovaires 3, portant chacun un style très court, terminé par un stigmate peu marqué.

(1) Papaver album dépression Guib.

(2) Veratrum Sabaditla Retz.

(3) Veratrum officinale Schlecht ( Helonias officinalis Don, Asayrœa officinalis Liudley, Schœnocaulon officinale Grav).

2° Capsules. — La Cévadille (I) est un amas de fruits oblongs, atténués supérieurement, acuminés, secs, à péricarpe mince, léger, d’un gris rougeâtre. Ces capsules ont trois loges, et dans chacune deux graines; celles-ci sont allongées, pointues, recourbées par le haut en forme de sabre, ridées et noirâtres.

La Cévadille contient du gallate acide de vératrine, de l’acide cévadique,de la cire, une matière colorante jaune, de lagomme...

La vératrine est une matière blanche, cristallisant en prismes rhomboïdaux, mais difficilement ; elle n’est pas volatile ; elle fond à 115 degrés; elle est insoluble dans l’eau, mais soluble dans l’alcool.

3° Propriétés et usages. — La Cévadille fait éternuer ; elle est’ très-âcre et très-amère ; elle excite la salivation. La vératrine est d’une extrême âcreté. Portée sur les fosses nasales, elle y provoque les éternuments les plus violents.

Les propriétés de la Cévadille sont irritantes et purgatives. C’est un médicament dangereux dont quelques praticiens prudents proscrivent l’usage (A. Rich.). La Cévadille est bonne contre les vers intestinaux, particulièrement contre le ténia.

On l’administre en teinture, en extrait et en pilules. On donne la vératrine en poudre, en pilules, en alcool, en pommade, en Uniment, en teinture, en extrait, en lavements.

§ IV. — Des Cardamomes.

Les Cardamomes sont des capsules à graines aromatiques, produites par des Amomacées du genre Alpinie ( Alpinia ).

1° Plante. — La principale espèce, parmi ces végétaux, est Y Alpinie en grappe (2), qui habite dans les lieux ombragés des îles Moluques, de la Sonde et de Java.

Description. — Racine longue, traçante, un peu épaisse, noueuse, blanchâtre. Tiges hautes de 2 à 4 mètres, droites. Feuilles alternes, étroites, lancéolées, engainantes. Inflorescence en grappe longue et irrégulière, articulée, coudée, écailleuse, portée par une hampe rameuse qui naît de la racine. Fleurs sortant de petites spathes membraneuses, blanchâtres. Calice tubuleux à sa base. Etamine à filet dilaté, plan et pétaloïde. Ovaire à trois loges, portant un style grêle et un stigmate terminal, concave.

(t) Vulgairement Cébadilte, Poudre de capucin.

(2) Alpinia Cardamomum Roxb. { Amomum Cardamomum Lion., A. racemosum Lam., Eleitaria Cardamomum Whit. et Mat.).

FRUITS. — CARDAMOMES.

et

2° Capsule. — Le Cardamome ordinaire est un fruit de la grosseur d'un grain de raisin, comme formé de trois coques soudées ensemble et présentant à l’extérieur trois grosses côtes longitudinales ; ce fruit paraît sec, ferme, blanchâtre, quelquefois rougeâtre ou brunâtre d’un côté; il offre trois loges distinctes et s’ouvre en trois valves. Graines atlachées vers l’axe, cunéiformes, anguleuses et d’un gris brun.

Ces graines sont chargées d’huile essentielle mêlée à de l’huile grasse.

3° Propriétés et usages. —

Cette capsule est peu odorante, mais les graines ont une odeur pénétrante aromatique, qui tient un peu de celles du poivre et de la térébenthine. Saveur âcre.

Ces capsules et ces graines jouissent de propriétés stimulantes.

Elles sont fort peu usitées dans la médecine européenne (A. Rick.).

On s’en sert dans l’Orient comme parfum, comme aromate et comme remède.

On en prépare une teinture.

4° Autres espèces. — Les Car-

Fig. 79. — Cardamome de Ceylan. — a, capsule ; b, la même , coupée longitudinalement ; c, une graine isolée.

damomes jouissaient d’un grand crédit dans l’ancienne matière médicale. On en distinguait de grands, de moyens, de petits, d’allongés, de courts, d’anguleux,

Fig. 80. — Cardamome de Malabar, long. — a, capsule; b, la même , coupée longitudinalement; c, une graine isolée.

Fig. 8t. — Cardamome de Malabar, petit. — a, capsule; l>, la même, coupée longitudinalement ; c, une graine isolée.

de lisses, de poilus M. Guibourt en a décrit dix- neuf espèces.

Le commerce en présente six sortes principales : 1° le Cardamome

ordinaire, dont il vient d’être question ; 2° le Cardamome de Ceylan ou grand Cardamome (fig. 79) ; 3° le Cardamome de Malabar, long, ou moyen Cardamome (fig. 80) ; 4° le Cardamome de Malabar, petit (fig. 81); 5° la Maniguette; 6° le Cardamome sauvage ou bâtard. Ces fruits sont produits par d’autres Alpinies ou par des Amomes ( Amomum ), genre très-voisin.

§ v. — Des Capsules peu employées.

1° Capsules de Fusain (t), Cèlastrinée indigène. — Fruits 3, à 4 ou 5 angles obtus, et à 3, 4 ou 5 loges. — Acres, émétiques et purgatifs. — Administrées en décoction. Séchées au four et pulvérisées, on s’en est servi contre la vermine des enfants. Très-peu employées (2).

2° Capsules de Lilas commun (3), Jasminée originaire d’Orient, arbrisseau. — Fruits ovoïdes, comprimés,àdeuxlogesetdeuxvalves. — Conseillées contre les fièvres intermittentes (Cruveilhier).

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