‹ Éléments de botanique médicaleChapitre 124 sur 247 · BOT. MÉD · texte numérisé non relu

BOT. MÉD

MOQ. -TAN I) .

du voyageur Thévenot. En 1660, l’ambassadeur oftoman Soliman Aga, arrivé depuis peu à Paris, invita quelques personnes à prendre du Café. Il n’en fallait pas davantage pour donner de la vogue à la liqueur orientale. On en parla dans plusieurs salons de Paris ; chacun voulut en goûter. Peu à peu les classes supérieures s’y habituèrent. L’usage se répandit ensuite, quoique pluslentement, chez le peuple. Les Parisiens imitèrent les Orientaux, et créèrent dans notre capitale des établissements analogues à ceux de Constantinople et d’Ispahan. On leur donna le nom de cafés. Le premier établissement de ce genre fut fondé tà Paris, en 1 669, par l’Arménien Paskal ; il ne réussit pas, son fondateur alla faire fortune à Londres, Mais en 1673 s’ouvrirent deux autres cafés publics : ce furent ceux du Florentin Procope et de Grégoire d’Alep.

La consommation du Café , en Europe, dépasse aujourd’hui 300 millions de kilogrammes (Payen).

Description (fig. 86). — Le Caféier ou Cafier est un arbrisseau toujours vert, haut de 4 à 5 mèlres, à forme pyramidale. Tiges cylindriques. Branches opposées, un peu noueuses, flexibles, grisâtres. Feuillesopposées, presque sessiles, ovales-allongées, pointues, entières, un peu sinueuses sur les bords, glabres, d’un vert foncé, à nervures prononcées, pourvues de 2 stipules lancéolées et caduques. Inflorescence en petites panicules à l’aisselle des feuilles supérieures. Fleurs presque sessiles, d’un blanc légèrement rose, d’une odeur suave. Calice turbiné, à 5 petites dents égales. Corolle un peu hypocratériforme, à tube beaucoup plus long que le calice, cylindrique, et à limbe composé de 5 lobes lancéolés, pointus. Étamines au nombre de 3, insérées à la gorge de la corolle, saillantes, à filet très-court et à anthères allongées, étroites et vacillantes. Ovaire biloculaire, portant un style qui n’arrive pas à l’insertion des étamines et qui est simple, terminé par un stigmate bifide. Baie de la grosseur d’une merise, ovoïde, à sommet ombiliqué, d’abord verte, puis rouge, et enfin noirâtre, à pulpe jaunâtre légèrement sucrée. Les premiers voyageurs l’appelaient Mûre ou Meure des Indes. Chaque fruit contient deux coques ( nue aies ) ellipsoïdes, presque rondes, planes d’un côté et accolées par leur face aplatie. Ces coques offrent deux tuniques [endocarpe) minces et carlilagineûses.

Trois floraisons, en général, ont lieu tous les ans à trois semaines ou un mois d’intervalle.

2U Graines (fig. 87). — Chaque coque ne renferme qu’une graine offrant à peu près sa forme, c’est-à-dire plane du côté interne et bombée du côté extérieur. La face plane est creusée, au milieu,

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