GRAINES. — MOUTARDES
les champs un peu humides. On les cultive, sur une grande échelle, dans plusieurs contrées.
Descriptions. — La Moutarde noire (1) présente une racine annuelle et une tige dressée, haute d’environ un mètre, cylindrique, à peine velue, un peu glauque. Feuilles pétiolées, vertes ; les inférieures lvrées-pinnatifides, à lobe terminal très-grand plus ou moins sinué, hérissées de quelques poils écartés, un peu épaisses; les supérieures lancéolées, aiguës, glabres. Inflorescence en longs épis terminaux. Fleurs pédonculées, petites, j .unes. Calice à sépales étalés. Coi’olle à pétales dressés. Siliques serrées contre la tige, grêles, tétragonales, un peu toruleuses et glabrés.
La Moutarde blanche (2) diffère surtout de la noire par ses feuilles toutes lyrées-pinnatipartites, et par ses siliques étalées, couvertes de petits poils.
2° Graines. — Les graines de la Moutarde noire (3) sont unisériées, très-petites, globuleuses, avec un ombilic terminal. Surface chagrinée, d’un rouge brun, quelquefois recouverte d’un enduit blanchâtre. Amande d’un jaune vif.
Ces graines nous sont apportées principalement de la Picardie, de l’Alsace et de la Flandre. Celles de l’Alsace sont un peu plus grosses que les deux autres; celles de la Picardie sont les plus petites.
On en retire une farine d’un gris noirâtre mêlé de jaune verdâtre ou jaunâtre sale, lorsqu’on la prépare sans enlever le tégument propre, et d’un jaune plus ou moins pur, lorsqu’elle est faite seulement avec l’amande. La farine de la graine de Picardie est la moins forte et la moins estimée.
Les graines de Moutarde noire contiennent : myrosine , myronate de potasse, huile fixe douce, matière grasse, albumine, sucre, gomme, acide libre, substances colorantes verte et jaune, sels (Fauré et Hesse).
La myrosine offre une très-grande analogie avec l’albumine. Son caractère principal consiste à déterminer, avec le myronate de potasse, sous l’influence de l’eau, la production de l’huile volatile de Moutarde.
Les graines de la Moutarde blanche sont plus grosses que les précédentes et d’un blanc jaunâtre.
Elles dounent à l’analyse la sinapisme , principe immédiat qui
(1) Brassica nigra Koch [Sinapis nigra Linü.).
(2) Sinapis alba I.inn .
(3) Vulgairemeut Moutarde usuelle, Sénevé noir.
contient du soufre et qui se présente sous forme d’aiguilles cristallines blanches. Elle est soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther.
3° Propriétés et usages. — Les graines de Moutarde noire sonL très-âcres et très-irritantes. La sinapisine n’a pas d’odeur. Sa saveur est amère.
Leur farine, unie à une petite quantité de farine de graine de lin et délayée dans du vinaigre, compose les cataplasmes irritants désignés sous le nom de sinapismes. On l’emploie aussi pour rendre plus actifs les pédiluves et certaines fomentations.
La Moutarde noire sert à la préparation d’une tisane contre l’ascite. C’est la farine de cette graine qui forme la base de ce condiment appelé Moutarde.
La Moutarde blanche est un remède populaire. On en fait avaler une ou plusieurs cuillerées à bouche par jour pour combattre la constipation et dans diverses affections du tube digestif.
§ V. — Des Semences de Courge.
1° Plante. — La Courge potiron (1) est une plante herbacée de la famille des Cucurbitacées, remarquable par ses fruits volumineux. Elle paraît originaire de l’Inde. On la cultive dans tous les jardins potagers.
Description. — Tige étalée à la surface du sol, atteignant quelquefois jusqu’à 10 mètres de longueur, épaisse, cylindrique, couverte de poils roides, charnue et fistuleuse. Feuilles longuement péliolées, grandes, réniformes-arrondies, à 5 lobes peu marqués et obtus, couvertes de poils rudes. Leur pétiole est épais et fistuleux. Vrilles rameuses. Fleurs axillaires, solitaires, grandes, pédicellées, d’un beau jaune, monoïques. Mâles : Calice campaniforme. Corolle soudée par sa base avec le calice, 5-fide, à lobes étalés réfléchis. Étamines soudées à la fois par les filets et par les anthères et formant une colonne; anthères linéaires, plusieurs fois repliées sur elles-mêmes. Pistil rudimentaire. Fem. : Calice et corolle comme dans la fleur mâle, mais le calice soudé avec l’ovaire. Style court, portant 3 stigmates obeordés, épais et glanduleux. Fruit énorme, globuleux, un peu déprimé, marqué de côtes obtuses peu saillantes, lisse, d’un rouge clair tirant souvent sur le cendré. Chair jaune, jaune rouge, ou orange, ou pâle, ou ver-
(i) Cucurbita maxima Duch. [Pepo macrocarpus Rich.), vulgairement Potiron, Potiron jaune commun, gros Potiron vert, petit Potiron vert, Courge, Courgeron.