FÉCULES. — POMME DE TERRE
meux, pauciflores, opposés aux feuilles, au sommet des rameaux ou terminaux, longuement pédonculés. Fleurs assez grandes, violacées, roses ou blanches. Calice subcampanulé, poilu, à 5 lobes linéaires-lancéolés, aigus. Corolle rotacée, à tube court et 5 lobes plans, triangulaires, dont le sommet est recourbé en dessus. Etamines, au nombre de 5, insérées au sommet du tube, à filaments très-courts, portant des anthères réunies en cône tronqué, s'ouvrant par 2 pores terminaux. Ovaire libre, un peu conoïde, glabre, marqué de deux sillons opposés. Style plus long que les étamines, cylindracé, glabre, terminé par un stigmate bilobé et glanduleux. Baie du volume d’une cerise, pendante, globuleuse, d’un vert jaunâtre ou violacé.
2° Tubercules. — Les tubercules de la Pomme de terre sont plus ou moins enfoncés dans le sol et plus ou moins nombreux. On les regarde comme des branches ou des rameaux hypertrophiés, charnus, gorgés de fécule. Ces tubercules varient en grosseur. 11
Fig. 95. — Fecule de poimue de terre.
y en a de la taille d’une prune et d’autres plus gros que les deux poings. Les uns sont arrondis, les autres allongés. Leur surface est plus ou moins lisse, roussâtre, jaunâtre ou violacée. On y remarque uncertain nombre de dépressions avec un œil au milieu.
Les nombreuses variétés de Pomme de terre ont été rangées en trois grandes classes : 1° les Patraques, dont les tubercules sont arrondis et offrent des yeux rapprochés; 2° les Parmentières, qui sont allongées, cylindrcïdes ou légèrement aplaties, el présentent desyeuxécartés;3° les Vitelottes, quisontallongées, cylindriques, et qui ont des yeux très-rapprochés, enfoncés el bien apparents.
3° Fécule (fig. 95). — On râpe ces tubercules au-dessus de
vases pleinsd’eau. On divise lapulpe ; on la jette sur un tamis à travers lequel passent la fécule et l’eau. On laisse reposer; on lave plusieurs t'ois le dépôt, et on le fait sécher.
La fécule de Pomme de terre se présente comme une poudre blanche et éclatante, moins fine quel’amidon. Ellea toujoursune apparence cristalline. Ses granules sont plus gros que ceux du Blé. Au microscope, on y remarque, pour ainsi dire, toutes les fermes, depuis la globuleuse, qui appartient aux plus petits, jusgone, qui caractérise les plus gros. Il y en a d’ovoïdes, d’étranglés, degibbeux. L’impression du hiley esttrès-manifeste. Autour de cette cicatrice, on observe quelquefois, surtout dans les grains âgés, des déchirures anguleuses. Les stries concentriques dessinées autour paraissent fort irrégulières.
m § III. — Du Mauloc.
1° Plante. — Le genre Manioc ( Maniliot ), fondé par Plumier, appartient à la famille des Euphorbiacées. Ce genre diffère du Médicinier ( Jatropha ) par l’absence de la corolle et par la liberté des étamines. C’est dans ce groupe que se trouve une des plantes alimentaires les plus précieuses de l’Amérique méridionale, le Manioc ordinaire (I).
Description. — Tige ligneuse, haute d’environ 2 mètres, cylindrique, à écorce lisse, verdâtre ou rougeâtre. Feuilles alternes, pétiolées, profondément palmées, à 3 ou 7 lobes lancéolés, pointus et mucronés. Inflorescence en petites grappes lâches. Fleurs rougeâtres ou d’un jaune pâle, monoïques. Calice nul. Corolle à peu près de la grandeur de celle de la Douce-amère : celle des mâles campanulée, à lobes ovales ; celle des femelles entièrement dialypétale. Étamines au nombre de 10. Fruit presque sphérique, obscurément trigone, relevé longitudinalement de six angles saillants, glabre, à 3 coques, renfermant chacune une graine de la forme de celle du Ricin, luisante, d’un gris blanchâtre, avec des taches foncées.
2° Racine (2). — La racine du Manioc est tubéreuse, grosse comme le bras et remplied’un suc laiteux, qui est un poison extrêmement violent. Ce suc paraît contenir de l’acide cyanhydrique ou un corps facile à se transformer en cet acide (Boutron).
(1) Manihot utilissima Pohl ( Jatropha Maniliot Linn., Janipha Manihot Kunth), vulgairement Manihoc. Manihot, Magnioc, Maniaque, Mandiiba, Maniba.
(2) Vulgairement, au Brésil, Mandiaca.