FÉCULES. — MANIOC
3° Fécui.e (fîg. 96). — Anciennement, on préparait la fécule de Manioc de la manière suivante : On séparait la racine de son écorce; on la réduisait en pulpe à l’aide d’une râpe, et on la plaçait dans un sac de palmier long et étroit, tissu de manière qu’il se rétrécissait quand on éloignait les deux extrémités. On suspendait ce sac par un bout à une barre placée horizontalement sur deux fourches de bois, et l’on attachait à l’autre bout un vase, très-pesant, lequel, par l'effet de son poids, tirait le sac, en rapprochait les parois, pressait la pulpe et en exprimait e suc, qui était reçu dans sa cavité. Quand la matière était suffisamment privée de tout son suc, on la retirait et on la faisait sécher. La poudre ainsi obtenue constituait la farine de Manioc.
Aujourd’hui on se sert, pour extraire cette fécule, de presses de différentes formes et de diverses grosseurs. L’opération est plus régulière, plus certaine et plus expéditive.
Fig. 96. — Fécule de Manioc.
La fécule de Manioc est un mélange de fécule proprement dite, de fibres végétales et d’une faible quantité de matière extractive.
On prépare avec la fécule de Manioc d’autres produits alimentaires : 1° le Couaque, 2° la Cassave, 3° la Moussache, 4° le Tapioca.
Le Couaque est retiré de la racine râpée et exprimée. On la sèche sur des claies exposées à la vapeur; on la crible ; on la met dans des chaudières de fer, et on lui fait subir un commencement de torréfaction.
La Cassave est aussi obtenue de la racine râpée et exprimée. On l’étend sur une plaque de fer chauffée, et l’on en forme un gâteau mince.
La Moussache (ou Cepipa) est la fécule pure, entraînée par le suc de la racine exprimée. On lave cette fécule et on la sèche à l’air. La Moussache se compose de granules très-petits, d’une égalité de volume remarquable, qui présentent un point noir, quand on les examine au microscope. Leur diamètre est de I /35e de millimètre.
Le Tapioca se fait avec de la moussache humide qu’on place sur des plaques chaudes où elle se cuit en partie. Un certain nombre de granules se crèvent, et la fécule s’agglomère en grumeaux irréguliers, durs et un peu élastiques.
4° Autre espèce. — On cultive dans l’Amérique australe une autre espèce du même genre, le Manioc aipi (1), dont la racine ne renferme pas de suc dangereux.
§ IV. — »u Sagou.
1° Plantes. — Le sagou est une fécule fournie par plusieurs espèces de Palmiers, principalement par les Sagouiers.
Les Sagouiers (Sagus) ont un régime couvert de* bradées imbriquées, portant au sommet les fleurs mâles, et à la base les fleurs femelles. Chaque fleur mâle offre un calice extérieur tubuleux, à 3 petites dents, et un calice intérieur à 3 segments. Les étamines, au nombre de G, ont des filets courts et élargis, et des anthères dressées et ovoïdes. Les fleurs femelles ont un ovaire libre, ovoïde, à 3 loges, atténué supérieurement en un style court portant 3 stigmales aigus. Le fruit est arrondi, couvert entièrement d’écailles imbriquées.
Les Sagouiers sont des arbres peu élevés. On en connaît trois espèces principales, qui sont : t° le Roufia (2), qui croît dans les Indes orientales et en Afrique, dans le royaume de Bénin et d’Ovare ; 2° le Sagouier pédonculé (3), qui habite Madagascar, d’où il a été transporté d’abord aux îles de France et de Mascareigne, puis à Cayenne ; 3° le Sagouier de Rumph (4), originaire des Moluques .
Caractères. — Le Roufia est un arbre de moyenne grandeur, à tige droite et cylindrique, couverte des débris desséchés
(1) Manihot Aypi Pohl ( Jatropha Manihot Linn. partim, J. dulcis Banks, J. mitis Rottb.), vulgairement Aipi, Juca dotce, Manioc doux. — Sa racine est appelée Macajera.
(2) Sagus vinifera Pers. (S. Raphia Poir., Raphia vinifera Pal. Beauv.), vulgairement Raphia.
(3) Sagus pedunculala {S. Rvffia var. Willd , Raphia pedunculala Pal. Beauv.).
(4) Sagus Rumphii Willd.